Une manifestation de militants de la Jamaa islamiya en 2016 à Beyrouth. Photo d’archives AFP
Les États-Unis ont annoncé mardi une série de désignations majeures visant plusieurs branches des Frères musulmans au Moyen-Orient, les classant soit comme organisations terroristes étrangères (FTO), soit comme terroristes mondiaux spécialement désignés (SDGT). La décision concerne notamment la branche libanaise de la confrérie, le parti Jamaa islamiya, représenté au Parlement par le député Imad Hout. Les fréristes jordaniens et égyptiens ont également été désignés.
La classification comme « organisation terroriste étrangère » permet, outre les pressions politiques qu’elle implique, de prendre des mesures financières et administratives telles que le gel des avoirs, l’interdiction de transactions ou l’interdiction d’entrée sur le territoire américain.
« Ces désignations reflètent les premières mesures d’une action continue et soutenue pour contrecarrer la violence et la déstabilisation de branches des Frères musulmans partout où elles se trouvent », a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio dans un communiqué. « Les États-Unis utiliseront tous les moyens à leur disposition pour priver ces branches des Frères musulmans des ressources nécessaires pour se livrer au terrorisme ou le soutenir », a-t-il ajouté. Le président Donald Trump avait signé en novembre un décret pour déclencher ce processus de désignation. Il accusait alors la confrérie de « commettre ou d’encourager et de soutenir des campagnes de violence et de déstabilisation qui nuisent à leurs propres régions, à des citoyens américains ou à des intérêts américains ». Selon le département d’État, la Jamaa islamiya est désormais désignée à la fois comme FTO et SDGT. Son secrétaire général, le cheikh Mohammad Takkouch, fait également l’objet d’une désignation individuelle en tant que SDGT.
Washington justifie cette décision par une série d’actions imputées au mouvement depuis le début de la guerre régionale après le 7 octobre 2023. La Jamaa a réactivé sa branche armée, les Forces de l’aube, dans le cadre du « front de soutien » au Hamas ouvert par le Hezbollah depuis le Liban-Sud entre octobre 2023 et novembre 2024. Ce rapprochement avec le parti chiite et l’axe pro-iranien a empêché le mouvement islamiste de profiter des changements régionaux (notamment la chute de Bachar el-Assad en Syrie) et du vide laissé par le retrait de l’ancien Premier ministre Saad Hariri pour s’affirmer comme un acteur sunnite important au Liban. L’année dernière, et dans le cadre de ses efforts pour récupérer le monopole des armes, l’armée libanaise aurait démantelé un camp d’entraînement militaire clandestin impliquant des militants de la Jamaa.
Parallèlement, le département du Trésor américain a annoncé la désignation des Frères musulmans en Jordanie et en Égypte, les accusant d’avoir fourni un soutien matériel au Hamas. La confrérie des Frères musulmans, organisation transnationale implantée dans de nombreux pays, a longtemps été le principal mouvement d’opposition en Égypte (où elle a été fondée en 1928) malgré des décennies de répression. Aujourd’hui considérée dans le pays comme une organisation « terroriste », elle a été rayée du paysage politique après le bref mandat d’un an (2012-2013) de l’un des siens, l’ex-président Mohammad Morsi, mort en prison en 2019. La confrérie porte le projet d’un islam politique conservateur. Le mouvement a été interdit dans plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite.
Ces désignations s’inscrivent dans une approche plus large visant l’écosystème idéologique et logistique des Frères musulmans, que les autorités américaines présentent comme une « nébuleuse transnationale ayant engendré ou soutenu plusieurs groupes jihadistes au fil des dernières décennies ». Dans sa fiche d’information, le département d’État rappelle que plusieurs organisations issues ou inspirées des Frères musulmans ont déjà été classées comme terroristes par les États-Unis, notamment le Jihad islamique égyptien et le Hamas.



À Téhéran, des habitants apprennent à manier les armes
Nawaf Salam affirme que l’engagement américain pour la trêve au Liban est « plus important » qu’avant
@Hitti Arlette, combien de morts au septembre noir? combien les al assad ont massacré des Syriens et des Libanais. Depuis 2023 la population de Gaza n'a pas diminué source ministère de la santé. Où sont les génocides ?
16 h 44, le 14 janvier 2026