Sous les voûtes de l’église Mar Sassine, à Beit Mery, LeBam fait résonner la musique collective le temps d’un concert. Photo fournie par LeBam
Entre début décembre et début janvier, l’orchestre de LeBam (The Lebanese Band Association for the Promotion of Music) a traversé le temps des fêtes en donnant quatre concerts dans différents lieux du pays. Une présence régulière, presque obstinée, dans un calendrier souvent fragilisé, ponctuée par la venue inopinée de la Première dame lors de l’une des représentations.
Fondée en 2008 par Ghassan et Marina Moukheiber, aux côtés des regrettés Ghassan Tuéni et Walid Gholmié, l’association s’est construite autour d’un principe à la fois simple et ambitieux : former de jeunes musiciens aux instruments à vent et aux percussions par l’expérience collective de l’orchestre. Jusqu’en 2019, LeBam faisait résonner une dizaine de formations à travers le Liban. La crise économique, aggravée par l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, et par la vague d’émigration qui a suivi a brutalement interrompu cet élan. La reprise, amorcée en 2022, a pris la forme du LeBam National Wind Symphony (LNWS), qui rassemble aujourd’hui les jeunes musiciens. En 2025, l’association a élargi son horizon avec la création du Sunshine Band, destiné aux jeunes à besoins spécifiques, affirmant ainsi une conception élargie de la transmission musicale.
La clôture de cette saison s’est tenue à l’auditorium de l’ALBA, en partenariat avec l’AGBU AYA Antranik Cultural Committee, acteur engagé du dialogue entre les cultures arménienne et libanaise. Sous la direction du chef d’orchestre russe Serghei Bolun, l’ensemble a proposé, en première partie, un programme aux lignes contrastées, où le répertoire classique — de Georges Bizet — côtoyait des pièces liées aux fêtes de Noël et quelques échappées jazz. L’exécution, attentive et mesurée, laissait affleurer une cohésion collective en devenir, ainsi qu’une identité sonore qui se précise à mesure que les concerts s’enchaînent.
La seconde partie du concert ouvrait un autre espace, plus directement partagé, invitant le public à reprendre des chants traditionnels de Noël porté par l’accompagnement de l’orchestre. Les paroles, glissées dans le programme de salle, permettaient de suivre des standards déclinés en anglais, en arabe et en arménien (Les Anges dans nos campagnes, We Wish You a Merry Christmas, Silent Night, Jingle Bells, etc.), à l’exception de Petit Papa Noël de Tino Rossi, chanté uniquement en français. Cette formule participative, devenue une signature de LeBam, transforme le concert en un moment de rassemblement où les voix se mêlent, le temps d’une soirée, et où la musique retrouve sa fonction première : faire communauté.


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09 h 15, le 13 janvier 2026