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Société - Justice

L’International College obligé par la justice de réintégrer un élève renvoyé

Exclu en novembre après avoir été filmé en train d’agresser violemment une personne dans une rue de Beyrouth, l’écolier a repris ses cours jeudi, au lendemain du prononcé du jugement.

L’International College obligé par la justice de réintégrer un élève renvoyé

Une vue de la salle des Pas perdus, au palais de justice de Beyrouth. Photo Claude ASSAF

La juge des référés de Beyrouth, Racha Hteit, a rendu mercredi un jugement enjoignant l’International College (IC), à réintégrer un élève, Malek Hamad (16 ans), que l’établissement scolaire avait renvoyé en novembre dernier après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de frapper violemment un jeune Syrien en pleine rue, dans le quartier de Zeitouné de la capitale libanaise, encouragé par un homme, également filmé en train de participer à l’agression.

Selon un communiqué publié le 10 novembre par la police, peu après la diffusion de la vidéo, le ressortissant syrien, âgé de 23 ans, avait auparavant lui-même agressé l’élève. De son côté, l’ancien chef du gouvernement Najib Mikati, avait condamné, dans un communiqué, l’agression, sachant que l’adulte impliqué dans la vidéo est le garde du corps du père de l’élève, Bilal Hamad, un conseiller de M. Mikati. Le garde du corps avait ensuite été arrêté à la demande de l’ex-Premier ministre, selon ce même texte.

En parallèle, l’International College avait dénoncé cet « acte de violence répréhensible », annonçant, dans un communiqué, l’adoption de « mesures fermes ». Quelques jours plus tard, ces mesures se sont traduites par un renvoi définitif de l’établissement. Contestant cette décision, le père de Malek Hamad, représenté par Me Marc Habka, a saisi la juge des référés, le 27 novembre.



Dans son jugement, Mme Hteit a donné gain de cause à l’élève, imposant à l’école « l’obligation de le réintégrer immédiatement afin qu’il poursuive normalement ses études (…) sans opposition ni entrave », sous peine d’une astreinte de 50 millions de livres (environ 550 dollars) pour chaque jour de retard. Selon nos informations, Malek Hamad est rentré à l’école dès jeudi.

La magistrate a basé sa décision, dont L’Orient-Le Jour a consulté une copie, notamment sur le caractère «fondamental et naturel» du droit à l’éducation, « garanti par le droit international, la Déclaration des droits de l’homme, et les lois libanaises. « Toute atteinte à ce droit peut constituer un sujet de recours auprès des tribunaux », a ajouté Mme Hteit, d’autant, a-t-elle poursuivi, que le renvoi peut avoir « des conséquences sur l’avenir de l’élève ».

Contacté par L’OLJ, Me Habka se félicite du jugement, qui, selon lui, consacre la scolarité comme un droit «essentiel», et affirme « le droit de chaque élève à se défendre ».

La juge des référés s’est aussi appuyée sur les rapports scolaires des deux dernières années, qui présentent Malek Hamad notamment comme un excellent élève, « aimable et respectueux ».

Le jugement indique que, d’une part, la mère de l’enfant avait demandé un rendez-vous pour clarifier les faits avant l’adoption de toute sanction et que, d’autre part, l’élève a été entendu par téléphone, en présence de sa mère. L’école avait choisi ce moyen en raison de menaces adressées à Malek Hamad par certains camarades, selon le jugement. Lors de cette audition, l’écolier a affirmé avoir ainsi réagi pour se défendre contre l’agression qu’il avait subie. Selon les conclusions judiciaires de l’IC, dont L’OLJ a consulté une copie, les questions ont été posées par la doyenne des étudiants, en présence du responsable des classes secondaires. La juge Hteit a toutefois considéré que cet entretien téléphonique de « quelques minutes seulement » n’a pas constitué « une opportunité de se défendre ».

Le jugement indique aussi que, le 14 novembre, la mère de Malek Hamad a adressé une lettre au président de l’établissement, Tobin Wait, lui expliquant « les étapes qui avaient précédé la diffusion de la vidéo », en soulignant que son fils « conscient de son comportement inapproprié », éprouvait « beaucoup de remords » et se montrait prêt à accepter « toute mesure corrective ». Le même jour, une réunion « de plus d’une heure » s’était tenue entre M. Wait et les parents de Malek Hamad, selon l’IC. La juge Hteit a néanmoins considéré que « la réunion a eu lieu après la décision d’exclusion, avec pour objectif de notifier la mesure » aux parents.

« Violations graves »

L’établissement scolaire avait, en outre, soutenu devant la magistrate que l’acte imputé à Malek Hamad n’était pas isolé, soulignant que l’adolescent avait menacé et frappé un élève de l’American Community School (ACS), après que celui-ci eut qualifié l'agression du jeune Syrien d’« inhumaine ». Les actes de Malek Hamad représentent « les violations les plus graves des règles de conduite scolaire », a indiqué l’IC, précisant que les statuts procurent « un plein pouvoir pour imposer une exclusion temporaire ou définitive et renvoyer l’élève si son comportement enfreint les normes de conduite ou s’il constitue une menace pour la sécurité d’autrui ». En l’espèce, l’école a estimé que le comportement de Malek Hamad constitue un motif suffisant pour « un renvoi immédiat ». Or le jugement a considéré que le règlement de l’école autorise l’exclusion « uniquement à la fin de l’année scolaire » et ce, sous des « conditions strictes ».

Priés de commenter la décision judiciaire, les avocats de l’IC, Nadim Abboud et Tatiana Hamiyé, se sont contentés de déclarer à l’OLJ que l’International Collège respecte la loi et se soumet aux décisions de justice. Selon la procédure judiciaire, l’établissement dispose d’une semaine pour interjeter appel contre la décision de la juge Hteit devant la chambre de la Cour d’appel de Beyrouth statuant en matière de référés.

Contacté, un avocat d’une école privée critique le jugement, estimant qu’« il ouvre la voie à une interférence de la magistrature dans les affaires administratives des écoles privées, alors qu’aucune loi n’autorise cette ingérence ni ne prohibe l’exclusion d’un élève ».

La juge des référés de Beyrouth, Racha Hteit, a rendu mercredi un jugement enjoignant l’International College (IC), à réintégrer un élève, Malek Hamad (16 ans), que l’établissement scolaire avait renvoyé en novembre dernier après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de frapper violemment un jeune Syrien en pleine rue, dans le quartier de Zeitouné de la capitale libanaise, encouragé par un homme, également filmé en train de participer à l’agression.Selon un communiqué publié le 10 novembre par la police, peu après la diffusion de la vidéo, le ressortissant syrien, âgé de 23 ans, avait auparavant lui-même agressé l’élève. De son côté, l’ancien chef du gouvernement Najib Mikati, avait condamné, dans un communiqué, l’agression, sachant que l’adulte impliqué dans la vidéo est le garde...
commentaires (3)

C tres BO cette justice. mais a t elle poursuivi le jeune eleve pour agression -meme si (dit on) la victime l'avait agresse auparavant... le jeune lyceen avait il le droit de faire justice lui-meme ? Bofffffff !!!!!

L’acidulé

11 h 08, le 09 janvier 2026

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Commentaires (3)

  • C tres BO cette justice. mais a t elle poursuivi le jeune eleve pour agression -meme si (dit on) la victime l'avait agresse auparavant... le jeune lyceen avait il le droit de faire justice lui-meme ? Bofffffff !!!!!

    L’acidulé

    11 h 08, le 09 janvier 2026

  • En laissant de côté tous les détails de l'affaire, je note une chose étrange: "La magistrate a basé sa décision, notamment sur le caractère «fondamental et naturel» du droit à l’éducation". Selon ce principe, il serait impossible à un établissement de renvoyer un élève, pour quelque motif que ce soit!

    Yves Prevost

    08 h 57, le 09 janvier 2026

  • En tout cas, au moindre écart, ce jeune ne peut plus plaider l'injustice. Et l'autre, le jeune syrien?? Personne n'en parle? La violence ne justifie pas qu'il faille être violent aussi surtout si "papa" est le chauffeur / garde du corps de Mikati et qu'un adulte tabasse un jeune en croissance !!! Que les jeunes se battent eux mêmes, ca arrive mais qu'un ADULTE bien musclé se mette à tabasser un ado (et apparemment demande à son fils de le faire aussi ) ca s'appelle "justice"?? 2 contre 1 dont UN ADULTE !!! pauvre pays C'est le père qu'il aurait fallu juger et non les enfants.

    LE FRANCOPHONE

    20 h 02, le 08 janvier 2026

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