Des militaires libanais et des soldats français de la Finul, le 8 juillet 2025 sur une base de l’armée libanaise dans la région de Tyr, au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
L'armée, qui avait annoncé jeudi matin la fin de la première phase de son plan pour récupérer le monopole des armes aux mains de l'Etat, devra présenter en février la suite de son plan, pour désarmer les milices, et surtout le Hezbollah, au nord du Litani.
L'annonce a été faite par le ministre libanais de l'Information, Paul Morcos, à l'issue d'un Conseil des ministres au cours duquel le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, a présenté l'état des lieux mensuel du plan « Bouclier de la Patrie », qui a permis de démanteler l'arsenal du parti chiite au sud du Litani. Peu avant le début de la réunion au palais de Baabda, l'armée avait annoncé que son plan était « entré dans une phase avancée » et que les « objectifs de la première phase » avaient été atteints, ce qui avait été salué par les autorités libanaises, sans toutefois mener à un apaisement au niveau israélien, Benjamin Netanyahu estimant que les efforts de désarmement étaient « loin d'être suffisants. »
À l'issue du Conseil des ministres, M. Morcos a déclaré que « le Conseil des ministres a pris connaissance de la présentation effectuée par le commandement de l’armée concernant le désarmement, et a salué les efforts de l’institution militaire ». La troupe doit continuer à mettre en oeuvre ce plan « dans toutes ses phases, dans les délais les plus rapides possibles » et devra dans ce cadre élaborer son programme de désarmement au nord du Litani, qui sera soumis au gouvernement en février. Israël et les États-Unis reprochent aux autorités libanaises de ne pas démanteler assez rapidement l'arsenal du Hezbollah. L'armée israélienne a d'ailleurs mis un coup de pression sur le Liban-Sud et la Békaa ces derniers jours avec de nombreuses frappes ciblées, des bombardements lancés avec ou sans ordre d'évacuation préalable, et le dynamitage de plusieurs bâtiments le long de la bande frontalière.

Le ministre Morcos a encore salué le gouvernement pour ses « accomplissements » ces derniers mois, alors que le président Aoun célébrera demain, 9 janvier, la première année de son mandat à la tête de l'Etat.
Dans la matinée, l'armée avait publié un long communiqué, qui ne mentionnait pas nommément le Hezbollah, et dans lequel elle soulignait qu'elle allait procéder à une « évaluation générale et exhaustive de la première phase du plan +Bouclier de la Patrie+ », sur la base de laquelle elle déterminera « l'orientation des phases suivantes ».
« Phase avancée » du plan de désarmement
L'armée avait réitéré son « engagement total à assumer et exercer la responsabilité exclusive du maintien de la sécurité et de la stabilité au Liban et en particulier dans la zone au sud du fleuve Litani ». C'est depuis le cessez-le-feu de novembre 2024 que l'armée libanaise a commencé à se déployer dans cette zone, qui était jusqu'alors majoritairement sous contrôle du Hezbollah. Cet engagement vise notamment à « empêcher définitivement l’utilisation de cette zone comme point de départ pour toute action militaire, dans le cadre de la décision de l’État d’étendre son autorité par ses propres forces sur l’ensemble du territoire national », avait ajouté la troupe.
Dans ce cadre, elle affirmait que le plan pour récupérer le monopole d’État sur les armes était « entré dans une phase avancée, après la réalisation effective et concrète des objectifs de la première phase sur le terrain », avec le démantèlement au cours des derniers mois des infrastructures militaires du parti chiite au sud du Litani et la récupération des armes des factions de l'Organisation de libération de la Palestine dans les camps de réfugiés palestiniens. Si jusque-là ces processus ont eu lieu sans accroc, le Hezbollah refuse en revanche de remettre ses armes au nord du fleuve. Quant au Hamas, il n'entend pas non plus abandonner son arsenal, prétextant la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban.
De manière « irréversible »
L'armée soulignait encore que ses opérations se poursuivront au sud du Litani « jusqu’à l’achèvement du traitement des munitions non explosées, des tunnels, ainsi que des demandes », via le comité de surveillance de l'application des modalités de la trêve, des mesures contre des sites suspects. Au cours du mois écoulé, l'armée libanaise s'est déployée à plusieurs reprises dans différents villages afin de fouiller des habitations, à l'intérieur desquelles aucune arme n'a été trouvée. L'objectif de ces mesures est de « consolider le contrôle, et d'empêcher les groupes armés de reconstituer leurs capacités de manière irréversible. » Concernant d'ailleurs la coopération avec ce comité de surveillance appelé le « Mécanisme », l'armée avait estimé qu'elle « contribue au renforcement de la stabilité » dans la région.
La troupe avait en outre soulevé plusieurs points qui empêchent les procédures pour récupérer le monopole des armes, notamment « la poursuite des attaques israéliennes, l’occupation de plusieurs points à l'intérieur du territoire libanais, ainsi que l’établissement de zones tampons limitant l’accès à certaines régions, ». « À cela s’ajoute le retard dans la livraison des capacités militaires promises à la troupe, un facteur qui influe directement sur le rythme de l’exécution des missions », avait-elle poursuivi. Une conférence internationale pour l'aide à l'armée doit avoir lieu, rappelle-t-on, dans le courant du mois de février. L'armée avait enfin salué la « coopération constructive des citoyens du Sud, dont l’engagement et le souci de la sécurité et de la stabilité ont constitué un facteur déterminant dans la réussite de la première phase », ainsi que les « efforts exceptionnels » déployés par les militaires.




Il semble que le balai libanais n,a pas bien balayer le Sud du Litani. Les interventions voisines y continuent.
14 h 39, le 08 janvier 2026