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Politique - Phase 1 Du Désarmement

Phase 1 du désarmement : Aoun, Berry et Salam derrière l'armée, les efforts libanais « insuffisants » pour Netanyahu

Le Liban-Sud « aspire ardemment à la présence de son armée et à sa protection », selon le chef du Législatif.

Phase 1 du désarmement : Aoun, Berry et Salam derrière l'armée, les efforts libanais « insuffisants » pour Netanyahu

Des soldats libanais sur un blindé à Alma el-Chaab, au Liban-Sud, le 28 novembre 2025. Photo REUTERS/Aziz Taher/File Photo

Avec son annonce selon laquelle elle a achevé la « première phase » du plan pour récupérer le monopole des armes, ce qui passe par le désarmement du Hezbollah, l'armée libanaise s'est attiré une vague de soutien au Liban, sans que cela ne semble parvenir à calmer les menaces israéliennes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu estimant que les efforts de Beyrouth sont « insuffisants ».

Tel-Aviv réclame un désarmement le plus rapide possible du Hezbollah, qui a commencé dans la zone frontalière d'Israël au Liban-Sud, soit au sud du Litani. Et l'armée israélienne met la pression sur le pays du Cèdre pour que ce processus soit accéléré, alors que le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a présenté dans la journée l'avancement du plan devant le Conseil des ministres. Quelques heures avant cette réunion, la troupe avait annoncé avoir atteint les objectifs de la première phase de son plan, soit le désarmement au sud du Litani, et allait évaluer la situation pour orienter la suite du processus.

Peu après le début de ce Conseil des ministres, le président libanais, Joseph Aoun a publié un communiqué dans lequel il a affirmé son « plein soutien » à l'armée. Il a souligné que le déploiement des soldats libanais au sud du Litani, région dont le Hezbollah avait le contrôle jusqu'à la fin de la guerre de 2023-2024, « s’inscrit dans une décision nationale consensuelle, fondée sur la Constitution, les décisions de l’État et les engagements internationaux pertinents. » Ce déploiement « vise à consacrer l’exclusivité des armes entre les mains de l’État, à affirmer le principe selon lequel la décision de guerre et de paix relève exclusivement de nos institutions constitutionnelles, et à empêcher l’utilisation du territoire libanais comme point de départ de toute action hostile, afin de préserver l’intérêt supérieur du Liban et de protéger son peuple. De manière définitive et irréversible », ajoute le texte, lu par la porte-parole de Baabda, Najat Charafeddine.

À l'instar du communiqué de l'armée, Joseph Aoun rappelle que le « retrait israélien complet, le respect du cessez-le-feu et la libération des prisonniers constituent des éléments essentiels pour permettre à l’État d’exercer pleinement sa souveraineté, assurer le retour sûr des civils déplacés du Sud et lancer un processus organisé de reconstruction ». Il s'est adressé à « chaque citoyen du Liban-Sud, saluant sa résilience sur sa terre et son attachement à son État et à son armée. Une attente qui ne sera jamais déçue ni trahie. » Il a en outre appelé la communauté internationale à assurer le respect de l'accord de trêve, notamment en fournissant de l'aide à la troupe.

Reconstruction et retour des habitants du Sud

L'armée libanaise a également reçu le soutien du président du Parlement, Nabih Berry, qui dans un communiqué à estimé que les réalisations de la troupe auraient été presque complètes « n'eut été l'occupation par Israël » au Liban-Sud et les violations quotidiennes du cessez-le-feu. « Le Sud a affirmé et continue d’affirmer qu’il aspire ardemment à la présence de son armée et à sa protection », a ajouté le chef du Législatif, qui a dénoncé les « ambitions » israéliennes dans le Sud qui entravent la mise en oeuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. « Quittez notre terre, dégagez de notre ciel », a conclu M. Berry.

Dans un message sur X, le Premier ministre Nawaf Salam a également salué « le commandement, les officiers et soldats » libanais pour la fin de la première phase du désarmement, et rendu hommage aux militaires tués lors de cette mission. Il a souligné « l’impérieuse nécessité d’apporter un soutien logistique et financier à l’armée libanaise » pour la deuxième phase du plan « s'étendant entre les fleuves Litani et Awali, ainsi que les phases ultérieures. » Le Litani se jette dans la mer au nord de Tyr, l'Awali au nord de Saïda, à une trentaine de kilomètres plus au nord. M. Salam a ajouté qu'il fallait accorder la priorité au retour des habitants dans la zone frontalière, et que c'est sur cette base que le gouvernement « accélérera le processus de reconstruction dans le Sud au cours des prochaines semaines, après l’approbation par le Parlement du prêt de la Banque mondiale destiné à cet effet. »

« Loin d'être suffisant »

De l'autre côté de la Ligne bleue, l'annonce de l'armée n'a pas eu un effet d'apaisement. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ainsi estimé que les efforts entrepris par le Liban pour désarmer le Hezbollah « constituent un début encourageant, mais sont loin d'être suffisants ». Il a dénoncé la stratégie du parti chiite « pour se réarmer et reconstruire son infrastructure terroriste avec le soutien de l'Iran », alors même que le chef de la diplomatie iranienne est en visite jeudi à Beyrouth.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a publié un communiqué sur X, accompagné d'une vidéo, affirmant que « le Hezbollah dispose toujours d’une vaste infrastructure militaire au sud du fleuve Litani », et que « l’objectif du désarmement du Hezbollah dans le sud du Liban reste loin d’être atteint ». Il signale également « des cas de coopération entre certains éléments de l’armée libanaise et le Hezbollah », qualifiant cette situation de « regrettable ». Le ministère affirme aussi que « les frappes menées par l’armée israélienne contre le Hezbollah ne retardent pas l’objectif de désarmement du groupe, mais y contribuent ».

Le journal israélien Maariv a lui affirmé que le chef de l’armée, Rodolph Haykal, était perçu comme « un clown » en Israël et qu'il raconte au gouvernement libanais des « contes de fées » concernant le désarmement du Hezbollah.

Dans un message publié sur X, la coordinatrice de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plaschaert, a de son côté salué l'annonce, estimant qu'il s'agit d'un « progrès indéniable ». « Il reste encore beaucoup de travail à accomplir, mais cette étape importante franchie aujourd'hui témoigne de l'engagement pris et renforce le rôle du 'Mécanisme' », a-t-elle ajouté. Mme Hennis-Plaschaert s'était rendue, en début de semaine, à Tel-Aviv.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères s’est félicité de « l’annonce de l’achèvement de la première phase du plan de monopole des armes dans la zone située au sud du fleuve Litani », estimant qu’il s’agit d’« un engagement clair pour renforcer la souveraineté de l’État et consolider le rôle de ses institutions légitimes ». Dans un communiqué, la diplomatie égyptienne a souligné que cette mesure constitue « une démarche nationale responsable visant à protéger la stabilité et l’unité du Liban et à renforcer l’État de droit», ajoutant qu’elle « sert les intérêts du peuple libanais et contribue à la sécurité et à la stabilité dans la région». Le texte insiste par ailleurs sur « l’importance de la pleine mise en œuvre, par toutes les parties, de l’accord (de cessez-le-feu) du 27 novembre 2024 », ainsi que sur « l’application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies ». Le Caire « rejette catégoriquement toute tentative d’escalade militaire portant atteinte à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban » et insiste sur « la nécessité du retrait d’Israël de l’ensemble du territoire libanais et de l'arrêt des violations de la souveraineté libanaise ».

L'armée israélienne continue de frapper ce qu'elle décrit comme des tentatives du Hezbollah de se redresser, tandis que le parti chiite refuse de rendre totalement les armes tant que les attaques israéliennes se poursuivent.

Avec son annonce selon laquelle elle a achevé la « première phase » du plan pour récupérer le monopole des armes, ce qui passe par le désarmement du Hezbollah, l'armée libanaise s'est attiré une vague de soutien au Liban, sans que cela ne semble parvenir à calmer les menaces israéliennes, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu estimant que les efforts de Beyrouth sont « insuffisants ».Tel-Aviv réclame un désarmement le plus rapide possible du Hezbollah, qui a commencé dans la zone frontalière d'Israël au Liban-Sud, soit au sud du Litani. Et l'armée israélienne met la pression sur le pays du Cèdre pour que ce processus soit accéléré, alors que le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a présenté dans la journée l'avancement du plan devant le Conseil des...
commentaires (3)

Affligeant de voir nos ir-responsables adhérer à la politique du déni adoptée par le hezb, ce n’est pas parce que l’autruche enterre sa tête dans le sable que les autres n’y voient plus rien

kindarji joseph

20 h 17, le 08 janvier 2026

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Commentaires (3)

  • Affligeant de voir nos ir-responsables adhérer à la politique du déni adoptée par le hezb, ce n’est pas parce que l’autruche enterre sa tête dans le sable que les autres n’y voient plus rien

    kindarji joseph

    20 h 17, le 08 janvier 2026

  • "insuffisant" aux yeux des israéliens, mais aussi des libanais, puisque le véritable désarmement du Hezbollah n'a pas encore commencé, malgré un an de promesses.

    Yves Prevost

    18 h 28, le 08 janvier 2026

  • "insuffisant" aux yeux des israéliens, mais aussi des libanais, puisque le véritable désarmement du Hezbollah n'a pas encore commencé, malgré un an de promesses.

    Yves Prevost

    18 h 28, le 08 janvier 2026

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