Des fournitures humanitaires destinées à Gaza, portant les logos de Médecins Sans Frontières et de l'Organisation mondiale de la santé, stockées dans les entrepôts du Croissant-Rouge égyptien dans la ville frontalière d'El-Arish, en Égypte, le 8 avril 2025. Photo Benoit Tessier/Reuters
Le gouvernement israélien va suspendre la licence de plus d'une trentaine d'organisations humanitaires, dont Médecins Sans Frontières (MSF) opérant dans la bande de Gaza, pour non-respect de ses nouvelles règles applicables aux groupes d'aide humanitaire travaillant dans l’enclave palestinienne ravagée par la guerre.
Selon plusieurs médias régionaux, cette décision, annoncée par le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme, prévoit la révocation des licences de 37 organisations humanitaires, dont MSF, Action contre la faim, CARE, Caritas, Oxfam, ActionAid ou encore le Comité international de secours.
Selon le communiqué du ministère, cette suspension entrera en vigueur le jeudi 1er janvier 2026. Elle se base sur des violations présumées des nouvelles « normes de transparence » applicables aux ONG opérant dans les territoires palestiniens occupés, avançant que celles-ci auraient « refusé de transmettre la liste de leurs employés palestiniens, afin d'exclure tout lien avec le terrorisme ».
Un consortium d’ONG internationales et locales a d’ores et déjà publié un communiqué conjoint exhortant l'État hébreu de revenir sur cette décision. Selon le groupe, ces ONG «jouent un rôle essentiel dans les opérations humanitaires qui sauvent des vies» dans les territoires palestiniens occupés.
« Situation catastrophique »
Le ministère palestinien des Affaires étrangères a de son côté « fermement condamné » cette décision, rappelant qu'« Israël n'a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem », et que le travail des agences humanitaires était «bien accueilli et vital» pour les Palestiniens.
La situation humanitaire à Gaza reste « catastrophique », se sont alarmés dans la foulée les ministres des Affaires étrangères de dix pays, dont ceux de la France et du Royaume-Uni, s'inquiétant notamment de la « grave insécurité alimentaire » à laquelle est confrontée « une majorité » de la population.
Ce n'est pas la première fois qu'Israël cherche à exclure les ONG humanitaires de la bande de Gaza, alors que son blocus sur l'entrée de l'aide d'urgence dans l'enclave palestinienne est toujours en vigueur malgré l'accord de cessez-le-feu. Au cours des deux dernières années, Israël s'en est notamment pris aux programmes de l'Unrwa et à son personnel sur le terrain, à tel point que les opérations de l'agence internationale pour les réfugiés de Palestine sont désormais fortement limitées dans l'enclave.
Mercredi, l'Unrwa a affirmé, dans un communiqué, que « des provisions, des abris ainsi des colis alimentaires pour 1,1 million de personnes sont stockés à la frontière et prêts à entrer à Gaza » pour faire face aux fortes pluies et aux vents violents qui ont frappé le territoire ces derniers jours. Mais l'agence indique que les autorités israéliennes l'empêchent d'acheminer cette aide.
Depuis la fin du mois de janvier 2025, les autorités israéliennes n'ont pas accordé les permis nécessaires aux membres du personnel international de l'Unrwa pour entrer dans les territoires palestiniens occupés, alors que l'acheminement de l'aide est d'autant plus entravé par la création de zones militaires exclusives dans les 55 % du territoire de Gaza contrôlés par l'armée israélienne en vertu du plan Trump.



Expliquez-nous ce qu'a fait la Croix-Rouge depuis le 7 Octobre ? La loi du vainqueur tout simplement. Toutes ces organisations sont militantes et pas humanitaires uniquement
11 h 13, le 01 janvier 2026