Le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de l'Information Paul Morcos lors du point presse qui a suivi la réunion du Conseil des ministres au Grand Sérail, le 26 décembre 2025. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail
Dans le sillage de l’adoption par le Conseil des ministres d’un premier projet de loi très attendu sur le « rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts », le Premier ministre Nawaf Salam continue de mettre la pression sur le Parlement libanais pour qu’il transforme l’essai.
« L’adoption par le Conseil des ministres du projet de loi sur le “trou financier” est une porte d’entrée vers le sauvetage (du système financier libanais, NDLR) et les réformes. Elle s’inscrit dans une totale transparence afin de restituer les droits des déposants qui ont attendu pendant plusieurs années », a déclaré le chef du gouvernement dans un entretien publié samedi par le quotidien koweïtien al-Anbaa.
« La balle est aujourd’hui dans le camp du Parlement, et nous respectons toutes les opinions », a-t-il ajouté, faisant écho à ses propres déclarations vendredi après la réunion du Conseil des ministres pendant laquelle le texte a été adopté après d’âpres discussions. « Il est important que le Parlement vote ce projet de loi le plus rapidement possible et je serais très heureux s’il y apporte des améliorations », avait-il alors lancé, alors que le texte doit d’abord être signé par le président Joseph Aoun avant d’être transmis à la présidence de la Chambre.
Avant même son adoption, le projet avait été critiqué par l’Association des banques du Liban, la commission parlementaire de l’Économie, une partie du secteur privé et certaines associations de déposants, qui ont manifesté devant le Grand Sérail et le palais de Baabda cette semaine, pendant les réunions du Conseil des ministres. D’autres associations, comme l’Union des déposants, ont cependant jugé que le fait d’avoir adopté un texte, même perfectible, était une bonne chose.
La loi sur le trou financier est l’un des textes les plus importants de la palette de réformes que le Fonds monétaire international demande au Liban d’adopter avant même de le laisser souscrire à un programme d’assistance financière. Celui-ci est conditionné à la mise en œuvre de transformations supplémentaires dans la façon dont sont gérés le pays et son système financier, en situation de faillite depuis 2019.
Le projet de loi adopté doit notamment organiser le remboursement d’une partie des 80 milliards de dollars de dépôts bloqués dans les banques libanaises. Si le Premier ministre a réussi son pari de faire adopter cette réforme-clé avant la fin de l’année, alors que ses prédécesseurs Hassan Diab et Nagib Mikati avaient tous deux capitulé face aux pressions politiques, le texte adopté ne coche pas un certain nombre de cases considérées comme essentielles par le FMI.
Il existe aussi le risque que le projet de loi soit dénaturé par les commissions parlementaires, comme l’avait été celui aménageant la levée du secret bancaire en avril, avant que les partenaires du Liban n’exercent une pression considérable sur la délégation libanaise venue à Washington pour participer aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.



Allez jouer à la balle ailleurs, vous pourriez peut être retrouver un peu de bon sens et de notions de justice. Quid des coupables de la crise financière, vous ne les inquiétez même pas. Ça vous rend complice de facto
16 h 19, le 05 janvier 2026