Officiellement, les élections législatives devraient avoir lieu à la date prévue, en mai prochain. Mais au niveau de la population, des partis et même des milieux diplomatiques, le doute subsiste. Et si on y regarde de plus près, il apparaît que la plupart des parties concernées, au Liban comme à l’étranger, préfèrent le report en raison de la confusion qui règne actuellement sur le paysage régional et international.
Pourtant, sur le terrain, les préparatifs vont bon train. Les recensements se multiplient et les listes électorales sont minutieusement étudiées, alors que chaque partie évalue l’éventail d’alliances possibles pour servir au mieux ses propres intérêts. Mais une source diplomatique arabe à Beyrouth révèle qu’au fond, nul ne veut vraiment des législatives à la date prévue. Les principales parties concernées sur le plan interne souhaiteraient que le Parlement qui naîtra à l’issue de ces élections soit le reflet des nouveaux rapports de force, tant au Liban que dans la région. Or ceux-ci sont encore imprécis. Mais comment tenir des élections alors que certains acteurs n’existeront peut-être plus en mai prochain, ou seront dramatiquement affaiblis ? Cette question ne se pose pas seulement pour ce qui est du Hezbollah. Elle touche aussi la plupart des formations libanaises qui bénéficient en général de soutiens externes.
L’idée générale, selon la source diplomatique précitée, est la suivante : pour l’instant, la situation est tellement confuse que personne ne peut prédire quel sera le paysage régional et international dans quelques mois ou plus précisément dans onze mois, lorsque les Israéliens devront aller aux urnes pour des élections législatives, ainsi que les Américains pour les élections de la mi-mandat...Comme la situation au Liban dépend des équilibres régionaux et internationaux, il serait donc préférable pour les parties internes et externes d’attendre un ou deux ans avant d’organiser les élections législatives.
La source rappelle le cas du courant du Futur, qui, depuis plus de 8 ans, lutte pour sa survie et continue d’être présent aux législatives en tant que réservoir de voix, sans pouvoir disposer de députés ou même d’un bloc parlementaire en son nom, faute de soutien saoudien. Cela pourrait aussi être le cas des Forces libanaises, qui ont certes une grande popularité au niveau de la rue chrétienne, tout en bénéficiant d’appuis régionaux et internationaux. Mais si ceux-là venaient à se réduire en raison de changements politiques régionaux et internationaux, que deviendrait leur force populaire et qui voudrait nouer des alliances avec eux ? Mais le changement le plus important est, sans conteste, celui qui pourrait toucher le Hezbollah. S'il reste présent sur le plan populaire, les pressions exercées sur lui et les tentatives d’isolement dont il fait l’objet pourraient, selon certains, changer la donne.
En réalité, le véritable problème réside dans la possibilité de l’éclatement d’une nouvelle guerre entre l’Iran et Israël qui aurait bien entendu le soutien des Américains et qui serait de nature à changer les équilibres régionaux actuels et peut-être même à renverser le régime en Iran. Selon les médias israéliens, ainsi que selon certains milieux diplomatiques étrangers, la possibilité d’une telle guerre est sérieusement envisagée. En tout cas, les Israéliens la souhaiteraient vivement et essaient de convaincre les Américains de la nécessité de « terminer le travail déjà commencé » en matière d’affaiblissement du régime iranien et de destruction de ses « tentacules » dans la région. Si cette guerre devait avoir lieu, elle devrait être précédée d’attaques contre le Hezbollah au Liban et les houthis au Yémen, et peut-être aussi contre des groupes pro-iraniens en Irak. Dans ce cas, que fera le Hezbollah ? En juin 2025, lors des 12 jours de guerre entre l’Iran et Israël, il n’avait pas participé, mais pourrait-il rester à l’écart cette fois-ci ? Pour toutes ces raisons et avant d’avoir des éléments concrets sur les probabilités d’un tel scénario, la tenue des élections législatives semble incertaine. Comment le Liban pourrait-il se doter d’un Parlement appelé à prendre des décisions cruciales mais qui ne serait pas en mesure d’accompagner le nouveau paysage régional ?
Pour toutes ces raisons, la source diplomatique arabe précitée estime qu’au fond, l’échéance électorale « tombe mal ». Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Liban, nul n’en veut vraiment, sauf, sans doute, le président Joseph Aoun, qui considère que tout report serait un coup porté à la crédibilité de son mandat. D’ailleurs, dans les coulisses politiques, on murmure déjà qu’il pourrait y avoir un report de deux ans, pour que le sort de la région se précise, surtout qu’actuellement, la priorité est aux développements militaires dans la région, voire dans le monde. Mais nul n’ose encore le dire ouvertement. Cela devrait en tout cas dépendre de l’évolution de la situation régionale.


Le report arrange tout le monde peut-être. Mais si les élections ont lieu, le duo chiite et leur gebran seront les plus grands perdants. La milice vaincue et apauvrie a déçu beaucoup de ses partisans et gebran est en chute libre. Le grand gagnant serait geagea et ses alliés naturellement. Contrairement à bassil qui a le mauvais rôle, son appui au vote des émigrés lui a encore assuré un support de taille.
08 h 09, le 29 décembre 2025