Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, et le mufti de Tripoli, le cheikh Mohammad Imam, à Dar el-Fatwa de la capitale du Liban-Nord, le 20 décembre 2025. Photo tirée du compte X du patriarcat maronite photo 21 décembre
« Tripoli est la ville de la paix. » Tel est le principal message que le patriarche maronite, Béchara Raï, a voulu transmettre en se rendant samedi dans la capitale du Liban-Nord, haut lieu du sunnisme au pays du Cèdre. Une démarche assez rare chez le chef de l’Église maronite, dont on se rappelle encore la visite dans la ville en août 2013, au lendemain du double attentat contre des mosquées. Fait notoire, Béchara Raï est le tout premier patriarche maronite à visiter Dar el-Fatwa à Tripoli, plus haute autorité religieuse sunnite de la ville. Mgr Raï a choisi de se rendre dans cette ville dans un contexte politique tendu marqué par la polarisation autour des armes du Hezbollah, à l’heure où les discours à caractère confessionnel se font de plus en plus fréquents. Béchara Raï a donc voulu consacrer l’image de Tripoli en tant que modèle du vivre-ensemble islamo-chrétien, quelques semaines après la visite du pape Léon XIV, elle-même placée sous ce thème.
« Les rencontres de Mgr Raï à Tripoli s’inscrivent dans le prolongement du séjour du souverain pontife, venu plaider pour la paix », commente pour L’OLJ l’évêque maronite de Tripoli, Mgr Youssef Soueif, qui avait adressé l'invitation à Béchara Raï. « Il a insisté sur l’importance de la paix et sur la nécessité de consacrer l’idée du Liban-message », ajoute-t-il. D’où la décision de visiter Dar el-Fatwa à Tripoli, après l’archevêché maronite. « C’est l’étape la plus importante de la journée de samedi », affirme Achraf Rifi, député de la ville. Il était présent, aux côtés de ses collègues, lors de la rencontre avec le mufti de la ville, le cheikh Mohammad Imam, suivie d’un déjeuner au siège de l’ordre des ingénieurs. L’occasion pour le cheikh Imam de se féliciter de l’approche de Mgr Raï, « axée sur l’ouverture et la solidarité pour sortir le pays de ses crises ». « Ceux qui brandissent des slogans confessionnels vont à l’encontre du cours de l’histoire », a poursuivi le cheikh Imam.
De son côté, le patriarche a insisté sur le besoin pour le Liban de vivre en paix. « Chacun de nous est responsable de la paix. D’ailleurs, à Tripoli, on ne peut que parler cette langue », a-t-il dit. « Après la visite du souverain pontife au Liban, on ne parle plus de guerre, mais de négociations et de paix. Nous prions pour que le Liban et la région puissent vivre en paix. Ce sont des paroles audacieuses mais vraies. Pas de paix dans la région avant la paix au Liban », a déclaré le patriarche maronite, quelques semaines après la décision de Beyrouth de nommer Simon Karam, ex-diplomate, représentant civil de l’État aux négociations en cours avec Israël. « Notre message envers la classe dirigeante était clair : les autorités religieuses s’entendent et sont conscientes des défis qui guettent le Liban. Elles œuvrent donc pour préserver le modèle libanais coûte que coûte », souligne le cheikh Bilal Baroudi, responsable des waqfs de la capitale du Liban-Nord.
« Message au Hezbollah » ?
Mais si les institutions religieuses estiment que la visite n'a pas de coloration politique, tout le monde ne partage pas ce point de vue. « La visite de Mgr Raï a brisé le blocus imposé à la ville par le régime de Bachar el-Assad, d’une part, et l’Iran et le Hezbollah, de l’autre », lance Achraf Raifi à L’OLJ, remerciant le chef de l’Église maronite pour avoir « remis la ville sur la carte du Liban et affirmé son orientation en faveur de l’État de droit et du vivre-ensemble. « Telle est la ligne politique des sunnites. Tout le contraire de ce que veut nous imposer le Hezbollah », dit-il.
Dans ce contexte, des rumeurs ont fait état de l'absence de représentants de la minorité alaouite (dont Bachar el-Assad est issu) de Tripoli pour accueillir le patriarche. Toutefois, une source tripolitaine dément ces informations, confirmant que des représentants de la communauté, dont le député Haïdar Nasser, étaient présents, « en dépit du parasitage des alliés de l’ancien régime (syrien) et des restes du parti Baas dans la ville ».



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Visite symbolique Avant 1975, La présence des chrétiens dans la ville était significative représentée par deux députés un Maronite et orthodoxe meme il Avait des écoles dirigées par des religieux En ce moment leur présence est très minoritaire Malheureusement la montée des courants salafiste et radicaux islamiste a rendu la vie difficile Même au niveau de la liberté à titre personnel pour laquelle les chretiens s’attachent profondément ce qui a favorisé l’exode
14 h 10, le 22 décembre 2025