Les Premiers ministres égyptien et libanais lors d'une conférence de presse conjointe au grand sérail, vendredi 19 décembre 2025. Photo tirée de la page X de la présidence du Conseil des ministres libanais.
Le Caire poursuit ses efforts de médiation pour empêcher une nouvelle offensive israélienne au Liban, a réitéré le Premier ministre égyptien, Moustapha Madbouly, vendredi, lors d'une visite officielle à Beyrouth, dans le cadre de la volonté de l'Égypte de tenir le pays du Cèdre à l'écart d'une poussée de fièvre, plus d'un an après la signature d'un cessez-le-feu malmené, le pays étant « un pilier essentiel de la stabilité au Moyen-Orient ».
M. Madbouly a réitéré ce soutien à Beyrouth, ainsi que sa désapprobation des violations de la trêve par Israël, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais, Nawaf Salam, au Grand Sérail.
« Nous soutenons les efforts du gouvernement libanais pour étendre le contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire national et saluons les efforts des présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam pour consolider la stabilité », a-t-il déclaré, en allusion aux décisions prises par l'exécutif pour récupérer le monopole des armes aux mains de l'État et déployer l'armée libanaise dans le Sud. « Un État fort est une garantie et assoit la légitimité », a-t-il insisté, avant d'affirmer que l’Egypte continue d'œuvrer pour que le Liban reste à l’abri de toute escalade israélienne.
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« Nous réaffirmons la position constante de l’Égypte de soutien au Liban et renouvelons notre rejet des violations israéliennes continues et de l’occupation de certains points dans le Sud », a-t-il ajouté, alors que l'armée israélienne frappe presque quotidiennement le Liban-Sud et occupe au moins six positions en territoire libanais, le long de la frontière. Et d'insister sur les revendications égyptiennes d'un « retrait immédiat et inconditionnel israélien de toutes les terres libanaises, le respect de l’accord de cessation des hostilités et la mise en œuvre complète et non sélective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».
Cette nouvelle marque de soutien égyptienne a été exprimée par Moustapha Madbouly alors que se tenait à Naqoura (Liban-Sud) une réunion du « Mécanisme », le comité de surveillance du cessez-le-feu.
L'Égypte est le seul pays arabe de premier plan qui communique à la fois avec Israël et l’ensemble des protagonistes libanais, y compris le Hezbollah, en maintenant des canaux ouverts avec l'Iran, à la différence de l’Arabie saoudite qui garde une prudente distance vis-à-vis du parti chiite pro-iranien. Le Caire souhaite également profiter du rôle central qu'il a joué dans l'accord de Gaza avalisé lors du sommet historique de Charm el-Cheikh pour redevenir un acteur-clé dans une région en pleine recomposition et consolider sa place sur l’échiquier diplomatique.
Arrivé au Grand sérail à 9h30, M. Madbouly a été accueilli par Nawaf Salam. Au terme d’une cérémonie officielle durant laquelle la fanfare des Forces de sécurité intérieure (FSI) a joué les hymnes nationaux libanais et égyptien, les deux Premiers ministres ont passé en revue la garde d’honneur et salué les membres des délégations officielles libanaise et égyptienne. Ils se sont ensuite réunis pour examiner les relations bilatérales et les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays.
Salam salue les « efforts » de l'Égypte
Le Premier ministre libanais a, à son tour, salué les efforts de l’Égypte pour mettre fin à l’occupation israélienne dans le Sud. «Nous réaffirmons notre profonde reconnaissance pour le rôle de soutien de l’Égypte au Liban dans ses efforts pour mettre fin à l’occupation israélienne de certaines parties du sud du pays, pour stopper les attaques israéliennes persistantes et pour obtenir la libération de nos prisonniers », a affirmé Nawaf Salam dans un communiqué sur le compte X de la présidence du Conseil. «Nous saluons aussi le soutien constant de l’Égypte au Liban dans son processus de réforme, ainsi que son attachement permanent à son unité et à sa souveraineté, en toutes circonstances», a-t-il ajouté.
M. Salam a par ailleurs évoqué avec son homologue égyptien « les priorités de la coopération dans plusieurs secteurs vitaux, de l’énergie aux transports, de l’industrie à l’économie numérique, des infrastructures à l’éducation et à l’irrigation » et a estimé que la relation entre les deux pays dépasse le simple échange d’intérêts. « C’est une complémentarité de visions, une interaction dans les parcours, et une histoire commune que nous souhaitons porter avec confiance vers l’avenir », a-t-il encore observé. Le Premier ministre a également salué l’intérêt manifesté par M. Madbouly pour une rencontre avec les instances économiques, «dans le but de renforcer les relations entre les secteurs égyptien et libanais» et d’explorer les opportunités d’investissement conjoint.
M. Madbouly est accompagné pour sa visite au Liban par le vice-Premier ministre pour le développement industriel et ministre de l’Industrie et des Transports Kamel Abdel Hadi Farag et les ministres de l’Électricité et des Énergies renouvelables Mahmoud Essmat, du Pétrole et des Ressources minérales Karim Badawi.
« Un message de soutien total de l’Égypte »
Le chef du cabinet égyptien s'est ensuite rendu au palais de Baabda, où il a transmis le soutien du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au président libanais Joseph Aoun et aux « efforts déployés » par ce dernier et le gouvernement libanais en vue de « garantir la stabilité et la sécurité du Liban, de mettre en œuvre la résolution 1701 et de permettre à l’armée et aux institutions libanaises d’exercer leur autorité sur l’ensemble du territoire et d’y rétablir la souveraineté ». Il a également indiqué que l’Égypte « condamnait fermement l’ensemble des agressions israéliennes brutales contre le sud du pays ».
M. Madbouly a par ailleurs précisé que l’objectif de sa visite était de « transmettre un message de soutien total de l’Égypte, avec tous les moyens dont elle dispose, au Liban, à sa présidence, à son gouvernement et à son peuple, en cette phase délicate qu’il traverse ». Il a ajouté que cette rencontre visait aussi à « relancer les travaux de la Haute Commission libano-égyptienne » et à « discuter avec le gouvernement libanais des perspectives de coopération dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, l’électricité, le gaz, ainsi que l’industrie et les transports ». Il a enfin affirmé la « disponibilité » de l’Égypte, en tant qu’État comme à travers son secteur privé, « à soutenir le Liban dans les projets de développement, y compris les efforts de reconstruction dans le sud du pays, affecté par l’offensive israélienne ».
De son côté, le président de la République a souligné que le Liban comptait sur « le rôle politique fondamental de l’Égypte dans le monde arabe, ainsi que sur son aide en cette période difficile ». Il a estimé que « la relance des travaux de la Haute Commission mixte entre les deux pays est nécessaire dans l’intérêt commun », exprimant par ailleurs l’espoir « de voir aboutir les efforts visant à consolider la stabilité au Liban et à instaurer la paix dans la région ». Rappelant que « l’Égypte n’est jamais intervenue dans les affaires libanaises autrement que dans l’intérêt du Liban », le chef de l’État a affirmé que « tout soutien apporté par Le Caire est accueilli avec reconnaissance ». Il a en outre relevé que, si le peuple égyptien considère le Liban comme son « autre pays », les Libanais considèrent eux aussi l’Égypte comme le leur.
Le Premier ministre égyptien s'est ensuite rendu à Aïn el-Tiné où il a été reçu par le président du Parlement Nabih Berry. Au terme de l'entretien, ce dernier a affirmé à la chaîne de télévision NBN, liée au mouvement Amal, que M. Madbouly « n’a pas transmis d’avertissements » au Liban, ajoutant que l'Égypte « joue un rôle positif afin d'épargner au pays toute escalade. »
Vendredi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, avait affirmé, dans un entretien publié par le quotidien al-Chark al-Awsat, qu'il a « mené des contacts intensifs avec Israël, l’Iran et les États-Unis afin d’épargner au Liban les affres de toute intervention ou de toute opération militaire susceptible de porter atteinte aux capacités et aux ressources du peuple libanais », a-t-il dit.



Nous avons la crème de la crème comme premier ministre depuis quelques mois, et ne voilà t-il pas qu’on l’a réduit au silence pour ne pas froisser les nouveaux amis de notre présidents qui ne ratent pas une pour nous humilier. C’est quoi le but de Aoun 2 ? Il veut répéter les mêmes erreurs que son homonyme en nous disant plus tard, on ne m’a pas laissé vous sauver ? Qu’à t-il entrepris comme démarches courageuses digne d’un ancien chef de l’armée et qu’on nous cache? Apparemment rien malheureusement.
18 h 18, le 19 décembre 2025