Animées par des enseignantes et des expertes de l’AUB, les sessions interactives ont porté sur le leadership, la prise de décision et la conduite du changement. Photo AUB
Organisés par le Center for Women in Business (CWiB) de la Suliman S. Olayan School of Business (OSB) et la Division d’endocrinologie reproductive et d’infertilité du Centre médical de l’AUB (AUBMC), sous la direction de la professeure Ghina Ghazeeri, des ateliers pratiques ont réuni, pendant deux jours au mois de novembre, plus de vingt professionnelles de la santé, venues de toutes les régions du Liban. La cohorte comprenait des médecins, des infirmières, des pharmaciennes, ainsi que des représentantes de l’OMS et du ministère de la Santé. Ce second groupe du programme By Women, For Women: Introduction to Building Women’s Leadership in Health and Public Health (Par les femmes, pour les femmes : construire le leadership féminin en santé et santé publique) a répondu à un réel besoin exprimé par plusieurs femmes du domaine, et s’est déroulée trois mois après la première cohorte.
« D’après une recherche que nous avons menée, nous avons constaté que les femmes dans le secteur de la santé n’accèdent pas aux postes de leadership aussi souvent que les hommes », note la Dr Nada Khaddage-Soboh, directrice du Center for Women in Business, évoquant divers obstacles empêchant leur ascension. « Les femmes se préoccupent avant tout de leurs patients, au point de reléguer la question du leadership au second plan. Parallèlement, certaines peuvent être confrontées à des défis tels que la responsabilité familiale, explique Nada Khaddage-
Soboh. De plus, la prédominance de la mentalité masculine dans les organisations empêche les femmes d’accéder à des postes de leadership. »
La directrice du Center for Women in Business souligne également que pendant les ateliers, les participantes ont pris conscience qu’elles partageaient des problématiques communes, qu’elles n’étaient pas « seules face à ce qu’elles traversent ». « Les femmes de ce secteur, dans toutes les régions, affrontent plus ou moins les mêmes défis », assure-t-elle.
Tisser un réseau, au-delà des apprentissages
Au cours du programme, et à travers des cas pratiques et le partage d’expériences, les professionnelles de la santé ont pu acquérir des compétences en entrepreneuriat, en gestion du changement, en résolution des conflits, en gestion de crises et bien d’autres.
Parmi ses objectifs, le programme vise non seulement à doter ces professionnelles de compétences essentielles en leadership, mais aussi, d’une part, à les sensibiliser aux biais auxquels elles sont confrontées, tout en leur proposant des stratégies pour les surmonter, et, d’autre part, à les aider à développer des outils pour préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, gérer leur stress et maintenir leur résilience.
Bien au-delà de ces objectifs, les organisateurs du programme ont encouragé les participantes à construire un réseau de soutien, favorisant l’apprentissage entre pairs, le mentorat et la collaboration. « Aujourd’hui, elles forment une petite communauté qui partage idées et réussites, qui se soutient réellement. Et c’était l’un de nos objectifs : être là les unes pour les autres, nous élever mutuellement, et bénéficier du savoir et de l’expérience de chacune », affirme Nada Khaddage-Soboh.
Animées par des enseignantes et des expertes de l’AUB, les sessions interactives se sont ainsi axées sur des sujets tels que les compétences nécessaires pour diriger efficacement les équipes, trouver un équilibre entre excellence clinique et priorités institutionnelles, et instaurer la confiance dans la prise de décision, gérer les transformations, stimuler l’innovation et faire face à la résistance institutionnelle au changement. Au cours des ateliers qu’elle a animés, Nada Khaddage-Soboh a abordé les compétences analytiques et la négociation pour permettre aux femmes de défendre leurs droits et ceux des autres. « L’autonomisation des femmes dans le secteur des soins de santé ne se limite pas à l’avancement professionnel, mais consiste à transformer les systèmes de l’intérieur », souligne-t-elle.
D’autres ateliers ont porté sur l’adaptation au numérique, l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle en prévention de l’épuisement dans des environnements de travail exigeants, l’adoption d’initiatives créatives afin de générer un changement durable, ou aussi la direction d’équipes d’urgence pendant les crises nationales.
« Ce qui a été le plus marquant dans ces ateliers, c’est que les jeunes professionnelles de la santé ont senti qu’elles pouvaient compter sur le soutien de leurs aînées. Un soutien dont ces dernières n’avaient pas bénéficié à leur époque. Elles ont réalisé que certaines femmes avaient vécu les mêmes difficultés, mais qu’elles avaient malgré tout réussi à devenir parmi les meilleures du pays, ou à diriger des équipes majoritairement composées d’hommes », note Nada Khaddage-Soboh, ajoutant que « nous portons toutes une couronne invisible, et nous devons croire que si nous sommes arrivées là où nous sommes aujourd’hui, c’est grâce à nos efforts ».
Aux étudiantes dans le domaine de la santé qui sont sur le point d’être diplômées, la directrice du Center for Women in Business leur assure qu’un groupe de personnes est prêt à les soutenir, à les encourager. « Elles peuvent toujours se tourner vers ce réseau lorsqu’elles ont besoin de conseils ou d’accompagnement, que ce soit auprès de la communauté des professionnelles de la santé ou directement au Center for Women in Business. »


