Manifestation pro-palestinienne organisée par « Defend Our Juries », mettant en avant la liberté d’expression, sur la place Tavistock à Londres, le 22 novembre 2025. Photo Reuters / Jack Taylor
Les polices de Londres et Manchester vont sévir contre les personnes qui lanceraient des appels à « l'intifada » lors de manifestations propalestiniennes, après l'attentat antisémite de la plage de Bondi en Australie, ont-elles annoncé mercredi dans un communiqué.
Les personnes qui scanderont « Mondialisons l'intifada » - en référence aux soulèvements palestiniens contre l'armée israélienne en 1987-1993 puis au début des années 2000 -, ou brandiront des pancartes avec ce slogan seront arrêtées, ont averti Mark Rowley, chef de la police de Londres, et son homologue mancunien Stephen Watson.
« Des actes de violence ont eu lieu, le contexte a changé, les mots ont un sens et des conséquences », ont-ils déclaré, assurant vouloir « agir fermement ».
Début octobre, une synagogue de Manchester (nord de l'Angleterre) a été visée par une attaque, dans laquelle deux fidèles juifs sont morts, le jour de la fête de Yom Kippour.
La police britannique a renforcé les patrouilles et mesures sécurité autour des synagogues, des écoles ou des lieux communautaires juifs depuis l'attentat sur la plage de Bondi à Sydney qui a fait 15 morts dimanche pendant la fête juive de Hanouka. La décision de la police britannique intervient après des déclarations du grand rabbin, Ephraim Mirvis, qui a jugé ce type de slogans « illégaux » et a appelé à clarifier les règles.
Le chef de la police de Londres avait récemment fait part de sa « frustration » à propos de la législation sur les discours de haine, regrettant de ne pas pouvoir interpeller des manifestants chantant « De la rivière à la mer, la Palestine sera libre » (« From the river to the sea, Palestine will be free »), une formule interprétée par certains comme une volonté d'éradiquer l'État d'Israël.
Ces slogans, selon le parquet anglais, ne remplissent pas les critères de poursuite. Mais dans un « contexte de menace croissante », nous allons « recalibrer notre approche pour adopter une position plus ferme », ont promis Mark Rowley et Stephen Watson.
Mercredi, la communauté juive de Sydney a rendu hommage au rabbin Eli Schlanger, né au Royaume-Uni, première victime de l'attentat à être enterrée.
Naveed Akram, l'un des deux auteurs présumés de l'attentat de Sydney, a été inculpé pour terrorisme et 15 meurtres, trois jours après le pire massacre en Australie depuis des décennies.

