L'ancien ministre Amine Salam. Photo Dalati-Nohra
La chambre d’accusation présidée par Kamal Nassar a décidé, mardi, de remettre en liberté l’ancien ministre de l’Économie, Amine Salam, détenu depuis juin dernier dans une affaire de corruption présumée. La libération est assortie d'une interdiction de voyager pendant six mois, et de l'exigence d'une caution de 9 milliards de livres libanaises (soit 100 000 dollars), selon l’avocat de M. Salam, Samer Hajj, qui mène la procédure de paiement de la caution. L’ancien ministre avait interjeté appel, mardi dernier, auprès de la juridiction présidée par M. Nassar, contre un refus de le libérer décrété par la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman.
Amine Salam est notamment soupçonné d’avoir conclu des contrats avec des entreprises étrangères pour des montants exorbitants en comparaison des services rendus au ministère de l’Économie et d’avoir utilisé à des fins personnelles des fonds de la Caisse de cotisations des sociétés d’assurances, placée sous sa tutelle. M. Salam avait rejeté ces accusations, affirmant, en mai dernier, à L’Orient-Le Jour, que ces fonds « ont été affectés au paiement des salaires des employés du ministère », dans un contexte de crise financière à partir d’octobre 2019.
L’affaire avait été déclenchée, en mars dernier, par la commission parlementaire de l’Économie présidée par Farid Boustany, qui avait demandé au chef du parquet de cassation, Jamal Hajjar, l’ouverture d’une information judiciaire. À la demande de l’actuel ministre de l’Économie, Amer Bsat, le Contentieux de l’État avait déposé, de son côté, une plainte auprès du juge Hajjar. Ce dernier a arrêté M. Salam le 11 juin, avant de transférer son dossier au parquet financier, qui a engagé des poursuites contre lui et transmis à son tour l’affaire devant l’ancien premier juge d’instruction de Beyrouth, Bilal Halaoui, lequel a émis un mandat d’arrêt à son encontre, le 19 juin.
Quant à Karim Salam, frère et collaborateur de l’ancien ministre, mis en cause également dans le dossier relatif à la Caisse de cotisations des sociétés d’assurance, il attend la décision de la juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, à qui il avait demandé une remise en liberté le 9 décembre. Pour connaître le sort de sa requête, il devra attendre le retour du dossier auprès de la juge Osman, celui-ci se trouvant actuellement devant la Chambre d’accusation de Beyrouth, le temps que son frère finalise la procédure de paiement de sa caution.



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100’000$ pour Salam, 14’000’000$ pour Salamé…
10 h 14, le 17 décembre 2025