Des militaires libanais et des soldats français de la Finul, le 8 juillet 2025 sur une base de l’armée libanaise dans la région de Tyr, au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Une première depuis le cessez-le-feu ! L'armée israélienne est revenue samedi sur sa décision de frapper un bâtiment de la localité de Yanouh (Tyr) qu'elle avait appelé à évacuer, après que la maison a été fouillée par l'armée libanaise. La démarche est inédite, la troupe ayant refusé jusque-là d'inspecter les maisons dans le cadre de sa mission de désarmement du Hezbollah afin d'éviter les tensions.
Tout a commencé durant la matinée, lorsque l'armée libanaise a procédé, en coordination avec la Finul, à l’inspection d’une maison à Yanouh, dans le caza de Tyr, à la demande du comité de supervision du cessez-le-feu (« Mécanisme »), rapporte notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Alors que les soldats et les Casques bleus s’apprêtaient à quitter les lieux bredouilles, un drone israélien a survolé la zone et la Finul a reçu une demande de procéder à une nouvelle fouille. La décision a provoqué la colère du propriétaire de la maison qui, avec d’autres habitants de la localité, a tenté d’éloigner les Casques bleus par la force et de les empêcher d’entrer à nouveau. Une vidéo transmise à notre correspondant montre une tension palpable dans le secteur.
L’armée israélienne a alors lancé un appel à évacuer le bâtiment concerné. « L’armée israélienne attaquera prochainement des infrastructures militaires appartenant au Hezbollah, afin de contrer les tentatives illégales du parti de rétablir ses activités dans la région », a averti le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee sur X.
Une seconde fouille a aussitôt été lancée par l'armée libanaise suite à l'avertissement de l'État hébreu, en présence des habitants de la maison et du président de la municipalité du village, Ali Youssef Jaber. Ce dernier a affirmé que l’armée tente « d’éviter une catastrophe potentielle, car la maison est composée de trois étages et abrite trois familles ». La fouille s'est concentrée sur le rez-de-chaussée, où la troupe a effectué quelques excavations, selon notre correspondant.
L'armée israélienne rétropédale
Dans un nouveau communiqué publiée aux alentours de 18h30, l'armée israélienne a affirmé avoir « suspendu » sa frappe. « Plus tôt dans la journée, un avertissement avait été lancé en vue d'évacuer les habitants d'un bâtiment situé dans la région de Yanouh, dans le sud du Liban. Après cet avertissement, l'armée libanaise a demandé à nouveau à accéder au site spécifié qui avait été déclaré illégal et à traiter la violation de l'accord » de cessez-le-feu, a écrit le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee sur X. Il a ajouté que « l'armée israélienne a décidé d'autoriser cette demande et, en conséquence, le raid a été temporairement suspendu », notant que l'armée « surveille la cible en permanence et reste en contact avec le Mécanisme ».
Aux alentours de 19h, l’armée libanaise a affirmé avoir achevé la fouille du bâtiment. Des sources au sein du village ont fait savoir que le bâtiment ne contenait pas d'armes.
La Finul a affirmé de son côté que « les Casques bleus se sont rendus à Yanouh avec l’armée libanaise pour soutenir une inspection qu’elle effectuait, sans entrer dans aucun bâtiment ». Les Casques bleus ont « quitté les lieux à l’issue de l’opération », a déclaré la porte-parole de la force onusienne Kandice Ardiel. « Nous avons ensuite reçu par l’intermédiaire du Mécanisme des informations selon lesquelles les forces israéliennes avaient l’intention de lancer une frappe sur Yanouh. Nous leur avons rappelé qu’il s’agit d’une violation de la résolution 1701 », a-t-elle précisé.
Le mois dernier, l’État hébreu avait fait pression sur l’armée libanaise pour qu’elle accélère le désarmement du Hezbollah, notamment en procédant à des perquisitions dans certaines propriétés privées au Liban-Sud, avait indiqué l'agence Reuters, citant des responsables de la sécurité au Liban et en Israël. Cette demande avait été rejetée par le commandement militaire libanais, qui craignait qu’elle ne déclenche des troubles civils.
Les attaques israéliennes se poursuivent
Israël a parallèlement poursuivi samedi ses attaques au Liban-Sud, qui ont selon l’État hébreu pour objectif d'empêcher le Hezbollah de reconstituer ses forces. Un drone israélien a largué dans l'après-midi une seconde bombe sonore sur Ras Naqoura (Tyr), après celle lancée le matin sur cette même localité frontalière.
Depuis la décision du Conseil des ministres du 5 août de rétablir le monopole de l’État sur les armes, le Hezbollah refuse de remettre son arsenal sur l'ensemble du territoire libanais, tout en se disant prêt à coopérer dans la zone située au sud du fleuve Litani. Chargée en septembre de définir et d’appliquer un plan de désarmement, l’armée affirme avoir achevé l’essentiel de la première phase des opérations au sud du fleuve. Ses efforts devraient se poursuivre jusqu’à la fin de l’année au moins.




Héhéhé... bioutifoule coordination entre logique et fonctionnel pour épargné des vies humaines et biens innocents... "when will we ever learn" chantait Peter Paul and Mary, il y a des décennies, et on est toujours complètement les mêmes, comme si l'évolution, de notre espèce nous évite, consciemment.... dommage
15 h 19, le 14 décembre 2025