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Aoun balaie les déclarations de Barrack : Ne perdez pas de temps avec cela

Le président libanais dément l’existence de tout engagement écrit envers le Hezbollah concernant la stratégie de défense du pays.

Aoun balaie les déclarations de Barrack : Ne perdez pas de temps avec cela

Le président Joseph Aoun le 9 janvier 2025. Photo d'archives/présidence

Le président libanais Joseph Aoun a rejeté vendredi les récents propos de l’émissaire américain Tom Barrack, affirmant qu’ils sont « rejetés par l’ensemble des Libanais ». « Ne perdez pas de temps avec cela ; ces déclarations sont rejetées par tous les Libanais », a-t-il déclaré à Baabda au cours d'une rencontre avec une délégation de journalistes membres de l’association Journalistes pour la liberté.

Le 7 décembre, l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack, également ambassadeur en Turquie, avait indiqué que les États-Unis souhaitent « trouver des solutions » aux crises au Liban et en Syrie, appelant à « réunir et aligner » ces deux pays, au cours d’une table ronde au Forum de Doha sur le thème « Une année de transition à Damas ». Déjà en juillet, M. Barrack avait affirmé que « si le Liban ne bouge pas, il retournera à Bilad el-Cham », un terme renvoyant à une unité géographique comprenant la Syrie actuelle et plusieurs territoires alentour.

Ces propos ont suscité jeudi une réponse ferme du président du Parlement Nabih Berry : « Que personne ne menace les Libanais. Il est totalement inacceptable de s’adresser ainsi aux Libanais, surtout de la part de diplomates », a-t-il déclaré au cours d’une rencontre avec une délégation de l’Ordre de la presse, présidée par Aouni el-Kaaki. Selon lui, les propos de M. Barrack « constituent une grave erreur et sont absolument inacceptables ».

Joseph Aoun a par ailleurs souligné que la restauration par l’État du monopole des armes est en cours depuis un an, et que ce qui a été accompli n’est pas aussi simple que certains le pensent. « L’exécution relève techniquement de l’armée. Nous avons commencé il y a un an. Ce qui a été accompli n’est pas simple, mais cela a été réalisé. L’armée a perdu des martyrs parmi ses meilleurs éléments et spécialistes. Traiter des armes dont on ignore l’origine, le mode de stockage ou le niveau de dangerosité nécessite des études, des spécialistes et une planification. L’armée ne se concentre pas uniquement sur le Sud : elle est déployée sur tout le territoire et accomplit pleinement ses missions. L’important est que la décision a été prise et qu’elle est appliquée. Nous continuerons », a-t-il affirmé.

Le Liban fait l’objet de fortes pressions internationales pour désarmer le Hezbollah, non seulement au sud du fleuve Litani, mais dans l’ensemble du pays. Cette opération est entravée par le refus du parti chiite pro-iranien de remettre son arsenal aux autorités libanaises. Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a annoncé vendredi de nouvelles mises en garde internationales contre une « vaste opération » d’Israël au Liban.

Atmosphère positive

Le chef de l’État a en outre souligné que la décision de nommer un civil au sein du comité de supervision du cessez-le-feu (« mécanisme ») constituait un signal positif. « Nous évoquions cette option depuis un an déjà. Et la veille de la visite du pape à Beyrouth, les Américains m’ont informé qu’ils avaient réussi à obtenir des Israéliens leur accord sur la présence d’un civil à Naqoura au sein du mécanisme, a fait savoir Joseph Aoun. J’ai donc choisi l’ambassadeur Simon Karam, ancien ambassadeur aux États-Unis, qui avait participé aux négociations de Madrid. Je l’ai convoqué mardi, après le départ du pape, et après concertation avec le président du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre Nawaf Salam. L’atmosphère européenne et américaine était positive du simple fait de sa présence aux réunions du mécanisme ».

Joseph Aoun a d'autre part expliqué que plusieurs programmes d’aide américaine sont destinés à l’armée libanaise, chacun avec un objectif bien précis. Il a fait remarquer que « c’est bien la première fois qu’une décision officielle (américaine) mentionne la nécessité d’aider l’armée libanaise ». Il a en revanche regretté ces « voix libanaises aux États-Unis » qui incitent « à ne pas aider l’armée et cherchent à perturber son action ». « La mission de l’armée libanaise ne se limite pas à collecter les armes du Hezbollah. L’armée lutte aussi contre la drogue, le terrorisme, contrôle les frontières et assure la sécurité intérieure », a martelé le président libanais qui a rappelé que pendant la visite du pape Léon XIV au Liban, 25 000 militaires assuraient la sécurité au sol. « Malgré les incitations de certains, il n’y a aucun ressentiment américain envers l’armée qui accomplit toutes les tâches qui lui incombent », a-t-il dit.

« Ni accord ni document signé »

Interrogé enfin au sujet d'un engagement écrit et signé qu’il aurait donné au Hezbollah peu avant son élection à la présidence, sur l'adoption d'une stratégie de défense sans mentionner le ramassage des armes, selon les dires de députés du parti chiite qui ont même menacé de divulguer le document, Joseph Aoun a invité ces derniers « à le faire immédiatement ».

« Qu’ils le publient maintenant… s’il existe. La parole doit être responsable. Il n’y a ni accord, ni document signé. Et même si pour argumenter cela était vrai, comment aurais-je pu m’engager de la sorte, alors qu’une heure plus tard je prononçais mon discours d’investiture dans lequel je promettais d'appliquer le principe du monopole des armes ? »

Relations avec la Syrie


Concernant les relations entre le Liban et la Syrie, le président libanais a affirmé qu’elles sont bonnes mais qu’elles « avancent lentement ». Une déclaration qui intervient après la visite d'une délégation judiciaire libanaise en Syrie, pour traiter le dossier des prisonniers syriens au Liban et au cours de laquelle la position de Beyrouth aurait déçu les Syriens, faisant craindre quelques tensions diplomatiques.

« Je visiterai la Syrie quand sera conclu un accord concernant la délimitation des frontières libano-syriennes ou tout autre accord entre les deux pays », a ajouté le président selon des propos rapportés par Syria TV.

Selon le communiqué de Baabda, M. Aoun a indiqué que la France a fourni des cartes sur les frontières avec la Syrie et que le Liban est prêt à finaliser ce dossier dès que Damas le sera. « Quant aux fermes de Chebaa, elles seront laissées pour la fin, et il est possible de créer un comité pour la délimitation maritime et un autre pour la délimitation terrestre », a-t-il précisé.

Selon les propos rapportés par Syria TV, concernant le dossier des Syriens détenus dans les prisons libanaises, M. Aoun a déclaré : « La partie judiciaire libanaise a présenté à la partie syrienne un projet d’accord concernant les détenus syriens, la partie syrienne a des observations, mais il n’est pas possible de remettre ceux accusés d’avoir combattu l’armée libanaise au gouvernement syrien.»

Le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, avait indiqué à L’OLJ que le Liban suggère de remette à la Syrie les détenus déjà jugés par les tribunaux libanais. « Pour les détenus qui attendent encore leurs verdicts, ils peuvent présenter des demandes de remise en liberté à la justice libanaise qui devrait se prononcer dessus », avait précisé le numéro deux du gouvernement. Une approche qui ne semble pas plaire aux Syriens. « Nous nous attendions à un geste de bonne intention de la part des Libanais », déplore une source au sein du ministère syrien de la Justice, notant que 14 Libanais non encore jugés ont été récemment relâchés en Syrie, après avoir été arrêtés pour trafic de drogues.

Le président libanais Joseph Aoun a rejeté vendredi les récents propos de l’émissaire américain Tom Barrack, affirmant qu’ils sont « rejetés par l’ensemble des Libanais ». « Ne perdez pas de temps avec cela ; ces déclarations sont rejetées par tous les Libanais », a-t-il déclaré à Baabda au cours d'une rencontre avec une délégation de journalistes membres de l’association Journalistes pour la liberté.Le 7 décembre, l’émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack, également ambassadeur en Turquie, avait indiqué que les États-Unis souhaitent « trouver des solutions » aux crises au Liban et en Syrie, appelant à « réunir et aligner » ces deux pays, au cours d’une table ronde au Forum de Doha sur le thème « Une année de transition à Damas ». Déjà en juillet, M. Barrack avait affirmé que «...