Des destructions sont observées sur le parking de l'hôpital Jabal Amel à Tyr, causés par des frappes israéliennes, le 1er juin 2026. Photo Kawnat Haju/AFP
Le ministre libanais de la Santé Rakan Nassereddine a fait mardi de la reconstruction du secteur hospitalier au Liban-Sud une « priorité absolue ». Le ministre effectuait une tournée des hôpitaux du caza de Tyr et de Bint Jbeil, dont certains ont subi de lourds dégâts après les frappes israéliennes.
Depuis la reprise de la guerre entre le Hezbollah et Israël, les attaques israéliennes ont endommagé 17 hôpitaux et provoqué la fermeture de trois établissements. Selon les derniers chiffres publiés lundi par le ministère de la Santé, elles ont tué 135 travailleurs de la santé et blessé 406 autres au Liban.
C'est pour faire le bilan de ces dégâts et recenser les « besoins » du secteur que Rakan Nassereddine a organisé une tournée dans plusieurs établissements, en présence des députés Ali Khreis, Inaya Ezzeddine et Hassan Ezzeddine, du mouvement Amal.
Depuis l’hôpital Hiram de Abbassiyé, à la périphérie de Tyr, le ministre a rendu hommage aux « martyrs des attaques systématiques d'Israël ». Le président du conseil d’administration de l'établissement, Salman Eidibi, a souhaité qu'une « attention particulière soit accordée aux hôpitaux, afin de leur permettre de continuer à servir leurs collectivités et de se préparer à toute urgence future. » Le 11 juin, un raid aérien près de l’hôpital Hiram avait blessé dix employés et causé des dégâts matériels.
Dix jours plus tôt, des frappes près de l’hôpital Jabal Amel à Tyr avaient fait au moins quatre morts selon le ministère de la Santé et blessé 127 personnes, dont 39 membres du personnel médical, infirmier et administratif. C'est depuis cet établissement que le ministre s'est engagé à reconstruire les hôpitaux « de Tyr, Nabatiyé, Meis el-Jabal, Marjeyoun et de l’ensemble du Sud. » Le député Ali Khreis a affirmé pour sa part que « tous les hôpitaux du Sud sont des symboles de résilience et de résistance face à l’ennemi israélien ». Le ministre de la Santé s’est ensuite rendu à l’hôpital libano-italien d'où il a réitéré que « tout projet de reconstruction des hôpitaux publics et privés est une priorité, tout comme les infrastructures, les équipes médicales ainsi que les équipements endommagés, qui doivent être indemnisés ». « Nous mettrons toutes nos capacités, même modestes, à leur service », a-t-il ajouté.
Enfin, à l’hôpital gouvernemental de Tebnine, dans le caza de Bint Jbeil, Rakan Nassereddine a été accueilli par le député du mouvement Amal Ayoub Hmayed, le directeur de l’hôpital Mohammad Hamadé, ainsi que par le président de la municipalité Nabil Fawaz. Il a visité les services et les abords de l’hôpital endommagés par les frappes israélienne. Celles-ci avaient fait en juin 11 blessés, dont un médecin et cinq membres du personnel médical, et causé d’importants dommages au bâtiment. Début juin, l’armée israélienne avait accusé le Hezbollah d’utiliser cet établissement et et d’y « transférer ses combattants blessés » — des affirmations rapidement démenties par le ministère de la Santé et la direction de l’hôpital.
Le Liban-Sud connaît un calme relatif depuis le 20 juin, après que les États-Unis ont fait pression sur Israël pour qu’il suspende son offensive afin d’éviter de compromettre les négociations avec l’Iran. Six jours plus tard, le Liban et Israël sont parvenus à un accord-cadre au terme de négociations directes à Washington. L’accord, qui prévoit en premier lieu un retrait israélien de deux « zones pilotes » dans le sud occupé et leur remise à l’armée libanaise, a été vivement critiqué par le Hezbollah et le mouvement Amal.

