La délégation libanaise dépêchée à Damas pour évoquer le dossier des détenus syriens au Liban. Photo DR
« Les contacts avec le Liban (au sujet des Syriens qui y sont incarcérés) se poursuivent dans une atmosphère positive. » À travers ces propos tenus mercredi, le ministre syrien de la Justice, Mazhar al-Oueis, a tenté de se montrer optimiste en dépit de l’atmosphère négative distillée dans les médias à l’issue de la dernière réunion libano-syrienne à ce sujet, quelques heures plus tôt à Damas. « Les Syriens sont déçus de la dernière réunion, puisqu’ils s’attendaient à une autre approche », confirme une source gouvernementale libanaise à L’Orient-Le Jour.
Car à l’heure où Damas presse pour la libération rapide du plus grand nombre possible de ses ressortissants, Beyrouth affirme qu'une telle démarche devrait respecter le cadre légal défini par le ministre de la Justice Adel Nassar : tous ceux qui sont accusés de crimes de « terrorisme », de viol ou d'attaques contre l’armée ne seront pas transférés en Syrie. De quoi faire craindre une secousse diplomatique entre le Liban et la nouvelle Syrie, un an après la chute de Bachar el-Assad. Un scénario que le vice-Premier ministre, Tarek Mitri (qui pilote le dossier des relations bilatérales), s’active pour éviter.
Deux mois après sa dernière visite à Beyrouth, et juste après l’entretien entre le Premier ministre, Nawaf Salam et le président syrien Ahmad el-Chareh, dimanche à Doha, le ministre syrien de la Justice s’est entretenu à Damas avec Claude Ghanem et Raja Abi Nader, deux juges libanais, en présence de Samer Haddara, conseiller de Tarek Mitri. Objectif ? Proposer aux Syriens un projet d’accord pour que les personnes encore détenues au Liban, mais déjà jugées soient transférées en Syrie. Mais une source gouvernementale haut placée confie que le texte que la délégation libanaise devait présenter à ses interlocuteurs syriens a été modifié, minant les discussions, sans fournir davantage de détails. « Pourtant les deux parties sont convenues que l’accord attendu avec Damas devrait être similaire à celui conclu entre le Liban et le Pakistan il y a plusieurs années », ajoute-t-elle. Ce texte stipule notamment que les détenus des deux pays peuvent purger leurs peines dans leur pays d’origine.
Dans les détails, le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, souligne à L’OLJ que le Liban suggère de remette à la Syrie les détenus déjà jugés par les tribunaux libanais. « Pour les détenus qui attendent encore leurs verdicts, ils peuvent présenter des demandes de remise en liberté à la justice libanaise qui devrait se prononcer dessus », précise le numéro deux du gouvernement. Une approche qui ne semble pas plaire aux Syriens. « Nous nous attendions à un geste de bonne intention de la part des Libanais », déplore une source au sein du ministère syrien de la Justice, notant que 14 Libanais non encore jugés ont été récemment relâchés en Syrie, après avoir été arrêtés pour trafic de drogues. Autre exemple : « Lors de la visite de M. Oueis à Beyrouth en octobre dernier, les autorités libanaises auraient pu nous remettre certains détenus, notamment certains détenus à Roumié pour implication dans la révolution contre le régime Assad », explique la source.
L’ombre du Hezbollah derrière tout ça ?
Dans ce cadre, L’OLJ a appris que la partie syrienne a présenté mercredi des documents qui prouvent que certains Syriens détenus (mais pas encore jugés) au Liban ne sont pas coupables de crimes. « C’est uniquement pour leur background prorévolution qu’ils ont été placés derrière les barreaux », ajoute la source syrienne précitée.
Il n'empêche que, malgré ce désaccord, les deux parties affirment souhaiter améliorer les relations bilatérales. « C'est le Hezbollah et ce qui reste des alliés libanais de Bachar el-Assad qui œuvrent pour entraver tout rapprochement », affirme la figure proche du ministère syrien de la Justice, assurant que « le blocage actuel est provisoire et que tout rentrera dans l’ordre dans un avenir proche ». De quoi balayer les informations de presse selon lesquelles la frontière entre les deux pays pourrait être bloquée dans la foulée de la colère des familles des détenus syriens au Liban. Quant à la prochaine étape, elle dépend principalement du prochain séjour d’une délégation judiciaire syrienne à la capitale libanaise. L'occasion pour M. Mitri de rapprocher les points de vue. « J’y travaille jour et nuit, et je crois que nous pourrons surmonter les désaccords actuels », affirme l’intéressé sur un ton optimiste.




A quoi joue ce nouveau pouvoir. Il se montre intransigeant avec ceux qui veulent sa paix et on ne peut plus soumis et docile avec ceux qui veulent finir sa destruction. Ils nous la jouent justiciers limpides alors que les pilleurs du pays sont en liberté, comme les assassins de nos citoyens et s’acharnent sur les opposants du régime sanguinaire en respectant la volonté des vendus pour encore une fois ne pas les froisser. Mais où allons- nous comme très cher président? Toutes les décisions prises indiquent que ça dessert notre pays. Alors c’est pour quand celles de son sauvetage?
12 h 20, le 12 décembre 2025