Un grand drapeau israélien flotte sur un bâtiment endommagé au Liban, vu du nord d'Israël, le 27 juin 2026. Photo REUTERS/Amir Cohen
C’est une fois de plus un calme précaire, ponctué d’opérations sporadiques de l’armée israélienne, qui a dominé au Liban-Sud mardi, quatre jours après la signature de l’accord-cadre entre Israël et le Liban, que le Hezbollah et son allié chiite Amal rejettent catégoriquement, et dont certaines dispositions font grincer les dents chez ceux qui ne soutiennent pas la position du tandem vis-à-vis de l’État hébreu ni ses actions depuis octobre 2023.
La journée a aussi été marquée par une tournée du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son ministre de la Défense Israel Katz dans les territoires occupés au Liban-Sud. Le chef du gouvernement israélien a assuré que l’armée ne quittera pas le Liban-Sud « tant que la menace ne sera pas éliminée ». « Nous ne quitterons pas le Liban-Sud tant que le Hezbollah armé sera présent et nous menacera », a-t-il précisé. Selon lui, l’armée israélienne « a éliminé 9 000 combattants du Hezbollah, dont des centaines ces dernières semaines ». « Le Hezbollah avait 150 000 missiles et roquettes, soit la plus forte concentration de missiles et de roquettes au monde. Aujourd’hui, il lui en reste environ 8 % », a ajouté le Premier ministre israélien.
Les zones contrôlées par l’armée israélienne représentent « un changement de paradigme », a-t-il ajouté. « Tout ce qui, en surface comme en sous-sol, leur a servi à nous attaquer – voies d’infiltration, tunnels terroristes, villages terroristes – tout sera détruit. L’ordre est clair : ne rien laisser derrière soi. »
« Le Liban reconnaît Israël, Israël reconnaît le Liban, et ils disent à l’Iran et au Hezbollah : Partez d’ici, vous n’avez rien à faire ici. Ce sont deux États souverains qui souhaitent faire la paix, rétablir la sécurité et la prospérité pour les habitants du Nord et pour tous les Libanais », a poursuivi M. Netanyahu.
La veille, Israel Katz avait déjà déclaré qu’Israël resterait au Liban-Sud jusqu’au désarmement du Hezbollah, et que les villages frontaliers que l’armée israélienne dynamite et incendie à tour de bras « doivent disparaître », sans provoquer d’émoi sur le plan international malgré la violence du propos.
Dynamitages à Markaba, un tué à Wadi el-Hojeir
Les dynamitages de l’armée israélienne dans les villages occupés se sont poursuivis mardi, notamment à Markaba (caza de Marjeyoun) et Hadatha (Bint Jbeil), selon notre correspondant Mountasser Abdallah, qui ajoute que les occupants ont aussi incendié des maisons dans la localité de Beit Yahoun (Bint Jbeil).
Un homme originaire du village de Touline (caza de Marjeyoun), Mohammad Hussein Awala, a été tué dans la vallée de Wadi el-Hojeir, après être entré dans cette zone à moto malgré la présence d’un monticule de terre érigé par l’armée, selon les affirmations du président du conseil municipal Saïd Moussa. On ignore si la victime a été frappée par un drone israélien ou touchée par un engin explosif non explosé.
Dans la soirée, l’artillerie israélienne a lancé trois missiles sur la forêt de la localité de Hebbariyé (Hasbaya), tandis que des dynamitages ont été rapportés dans la localité de Markaba. Plusieurs chars israéliens en mouvement ont été observés dans le lieu-dit de Chmeis, à la sortie du village de Kfarchouba (caza de Hasbaya), rapporte notre correspondant.
Dans la matinée, un drone israélien a largué une grenade sonore dans le village de Baraachit (Bint Jbeil). Les soldats israéliens ont ensuite tiré à l’aide de mitrailleuses semi-lourdes à Majdel Zoun (Tyr). Un hélicoptère de l’armée israélienne a par ailleurs largué une autre grenade sonore à la périphérie de Aïta al-Jabal, près de Haddatha (Bint Jbeil), en direction de conducteurs de camions-citernes qui puisaient de l’eau à une source.
Une bombe à fragmentation, vestige de la guerre, a explosé au même moment près d’une maison dans la localité de Touline (Marjeyoun), sans faire de blessés.
Ces attaques ont eu lieu malgré la signature le 26 juin d’un accord-cadre entre le Liban et Israël prévoyant un premier retrait israélien partiel de deux « zones pilotes » du Sud, qui devraient être remises à l’armée libanaise.


