Le chef du Parlement libanais, Nabih Berry. Photo ANI
Aïn el-Tiné a attiré l'attention à deux reprises jeudi. D'abord parce que le président du Parlement, Nabih Berry, a reçu pour la deuxième fois en deux jours l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa. Ce dernier s'était déjà rendu mercredi chez M. Berry avec une délégation de l’American Task Force for Lebanon (ATFL), présidée par Edward Gabriel. Selon al-Markaziya, la deuxième visite a suscité une vague de spéculations sur le message qui aurait été transmis au président du Parlement. D'autant que, selon l'agence, le nom de M. Issa n’apparaissait pas dans l’agenda officiel distribué chaque soir par le bureau de presse du Parlement. Des sources de Aïn el-Tiné ont indiqué pour leur part que la visite était « normale », expliquant que celle de la veille avait été menée dans le cadre de la tournée de la délégation de l'ATFL.
Ensuite en raison des réponses cinglantes lancées par M. Berry au diplomate américain Tom Barrack. « Que personne ne menace les Libanais. Il est totalement inacceptable de s'adresser aux Libanais de cette manière, surtout de la part de diplomates », a ainsi déclaré M. Berry, lors d'une rencontre avec une délégation de l'Ordre de la presse libanaise, présidée par Aouni Kaaki, estimant que les propos de M. Barrack « constituent une grave erreur et sont absolument inacceptables ».
« Je réaffirme que les Libanais n'ont d'autre choix que de s'unir pour faire face aux dangers, aux répercussions et aux menaces d'où qu'ils viennent. C'est par notre unité que nous pourrons libérer notre terre », a-t-il dit. L'émissaire US pour la Syrie et ambassadeur en Turquie avait déclaré que les États-Unis veulent « trouver des solutions » aux crises au Liban et en Syrie, appelant à « réunir et aligner » ces deux pays, lors d'une table ronde au Forum de Doha sur un an de transition à Damas. Déjà, en juillet, M. Barrack avait affirmé que « si le Liban ne bouge pas, il retournera à Bilad el-Cham ». Le terme employé renvoie à une unité géographique comprenant la Syrie actuelle et des territoires alentour.
« 90 % des dispositions de l’accord de cessez-le-feu »
Par ailleurs, s'exprimant au sujet du monopole des armes et de la situation au Liban-Sud, le président du Parlement a déclaré que l’armée libanaise « a mis en œuvre 90 % des dispositions de l’accord de cessez-le-feu dans la zone du sud du Litani et appliquera intégralement les dispositions restantes d’ici la fin de l’année ». « C’est ce que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), le 'mécanisme' et le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, ont confirmé ». « Depuis novembre 2024, le Liban a rempli toutes ses obligations. L’armée libanaise a déployé plus de 9 300 officiers et soldats, appuyés par la Finul, qui a confirmé dans ses derniers rapports ce que nous affirmons quant à l’engagement du Liban à respecter tous ses engagements, tandis qu’Israël a violé cet accord à près de 11 000 reprises », a souligné Nabih Berry. Et d'ajouter : « Malheureusement, personne ne demande, et personne n’a jamais demandé, où, quand ni comment Israël a mis en œuvre ou respecté ne serait-ce qu’une seule clause de l’accord de cessez-le-feu. Au contraire, Israël a étendu son occupation du territoire libanais ».
« Le 'mécanisme' n’est-il pas un cadre de négociation ? Nous négocions certains principes au sein de ce comité : le retrait israélien, le déploiement de l’armée libanaise et le monopole des armes dans la zone au sud du Litani sous l’autorité de l’armée libanaise. Ce comité est placé sous l’égide des États-Unis, de la France et de l’ONU, et j’ai déclaré à plusieurs reprises que je n’avais aucune objection à solliciter l’assistance de tout expert civil ou technique si nécessaire, pourvu que l’accord (de cessez-le-feu) soit mis en œuvre », a-t-il encore dit.
Début décembre, le Liban a nommé un civil, l'ambassadeur Simon Karam, au sein du comité dit le « mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu, répondant ainsi à une revendication de Washington et Tel-Aviv. Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël, l'armée israélienne continue de mener des frappes sur le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Ces attaques ont lieu alors que l’État hébreu affirme frapper au Liban les miliciens du Hezbollah et contrecarrer les tentatives présumées du parti pro-iranien de se reconstruire, alors que le Liban s'est engagé à le désarmer.
Législatives conformément à la loi en vigueur
Par ailleurs, M. Berry, a assuré jeudi que les élections législatives, prévues en mai 2026, auront lieu selon la loi électorale en vigueur. « La loi électorale actuelle est en vigueur et les élections se tiendront conformément à cette loi », a déclaré M. Berry, cité par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). « Nous sommes ouverts à toute formule permettant de dégager un consensus sur les points de désaccord entre les forces politiques, notamment concernant le vote des expatriés. Personne ne souhaite les exclure », a-t-il ajouté. « Avant d'aborder toute question d'amendement, je tiens à rappeler que depuis plus de huit ans, le bloc du Développement et de la Libération (du mouvement chiite Amal qu'il préside) et moi-même plaidons pour la mise en œuvre de l'Accord de Taëf, en particulier de la section relative à la loi électorale et à la création d'un Sénat », a-t-il souligné.
Le vote des émigrés fait l'objet d'un intense bras de fer entre les différents camps politiques. Le président de la Chambre refuse catégoriquement d’inscrire à l'ordre du jour de toute séance plénière un amendement de la loi électorale. Son camp (le tandem chiite Amal-Hezbollah) est en effet hostile à l’élargissement du vote des expatriés, alors qu’en face, les Forces libanaises, les Kataëb et leurs alliés anti-Hezbollah, mais aussi le Parti socialiste progressiste militent pour que la diaspora ait le droit de voter pour l’ensemble des députés de la Chambre.




Ya raison le prince de béry... on a assez de talents locaux pour ce faire ... et vlan aux non libannés
15 h 10, le 12 décembre 2025