Les dégâts causés par la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Photo Mohammad Yassine/ L'Orient-Le Jour
Le juge d'instruction en charge du dossier de la double explosion au port de Beyrouth, Tarek Bitar, se rendra-t-il bientôt en Bulgarie pour y interroger le propriétaire du Rhosus, navire ayant acheminé le nitrate d’ammonium à l'origine du drame du 4 août 2020 ? Selon des informations confirmées par une source judiciaire à L'Orient-Le Jour, il serait en bonne voie pour un voyage à Sofia, après que le procureur général Jamal Hajjar a levé jeudi l'interdiction de voyager qui avait été imposée au juge Bitar en janvier 2023 par l’ancien chef du parquet de cassation Ghassan Oueidate. Ce dernier avait ouvert une procédure contre le juge d'instruction pour « rébellion contre la justice » et « usurpation du pouvoir ».
Plus tôt jeudi, la justice bulgare a accepté la demande formulée par le juge Tarek Bitar d'interroger en Bulgarie le propriétaire du Rhosus, Igor Grechouchkine, citoyen russo-chypriote. Arrêté le 5 septembre à l'aéroport de Sofia sur la base d'une notice rouge d'Interpol, M. Grechouchkine pourra être auditionné pour la première fois dans le cadre de l'enquête, à la suite d'une demande formulée par le juge d'instruction en octobre, a appris L'Orient-Le Jour de sources judiciaires. L’audition, dont la date n'est pas encore connue, se fera par l’intermédiaire d’un magistrat bulgare, qui transmettra à M. Grechouchkine les questions du magistrat libanais. À l’issue de l’interrogatoire, M. Bitar ne pourra pas arrêter ce dernier ni prendre de mesures contre lui.
Cette autorisation octroyée par la justice bulgare intervient dans la foulée d'un refus statué sur une autre requête de Beyrouth : celle d'extrader le propriétaire du Rhosus vers le Liban. Mercredi, le tribunal de Sofia avait refusé cette demande d'extradition, après plusieurs semaines de procédures, faute de garanties suffisantes sur le fait que la peine de mort ne sera ni prononcée ni exécutée en cas de condamnation. Le parquet bulgare devrait toutefois interjeter appel, lui qui réclame à la cour de Sofia de livrer Igor Grechouchkine au Liban. Bien que la peine de mort soit prévue dans le Code pénal libanais par le biais de la pendaison et du peloton d’exécution, le Liban ne l'applique plus depuis 2004.
Cette avancée du processus judiciaire survient dans un contexte de rapprochement entre Beyrouth et Sofia. Début novembre, le président de la République Joseph Aoun s'était rendu en Bulgarie pour s'entretenir avec son homologue bulgare, Rumen Radev, où il avait salué « la coopération judiciaire et pénale » entre leurs deux pays.
Le drame du 4-Août, une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, a coûté la vie à plus de 235 personnes et blessé des milliers d'autres.



L'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur les baleines au large de l'Afrique du Sud
Un juge traduit en justice sur ordre des assassins pour leur éviter la prison n’honore aucun de ces vendus quelque soit leur grade, leur fonction ou leur nom de famille qui ont sali la justice. Il n’est plus interdit de voyage? Non mais qui a eu l’idée de couler ses ailes? On vient ensuite nous parler d’honneur, d’indépendance de la justice et du pays alors qu’ils s’apprêtent à lui trouver des poux, une fois qu’il sera proche de la conclusion de l’enquête. Nous les voyons d’ici. Assez nous prendre pour débiles, ce pays est irrécupérable.
12 h 53, le 12 décembre 2025