L'affiche du film « Mille secrets, mille dangers ».
C’est le jour J pour Alain, 28 ans, qui s’apprête à convoler avec Virginie. Cérémonie religieuse à L’Oratoire de Montréal et banquet généreux réunissant la famille et les amis au grand complet… Tout a été programmé pour faire de cette journée de noces un moment parfait répondant aux critères d’exigence des tantes libanaises du marié. Normal donc qu’avec tout ce stress, Alain ressente une crispation au ventre. En réalité, une colère sourde gronde en lui…
Et résonnent, dans son esprit, ces paroles que lui martelait son père : « La vie, ya Alain, est un piège qui sommeille dans la prison du temps. Oui, la vie, ya ebni, souviens-toi, ne dure pas : quelques joies, de grandes peines, mille secrets, mille dangers. »
C’est dans cette anxiété indéchiffrable, auréolée d’un tourbillon d’émotions aux couleurs tragicomiques, que le film Mille secrets, mille dangers (Lovely Day) plonge les spectateurs durant près de deux heures de projection… Jusqu’à la scène de réconciliation finale.

Vous l’aurez deviné, cette adaptation cinématographique signée Philippe Falardeau du roman éponyme de l’écrivain québécois aux origines libano-égyptiennes, Alain Farah, n’est pas l’un de ces films de mariage dont l’intrigue, légère, repose sur une succession d’événements invraisemblables précédant la cérémonie. La journée de noces est plutôt ici prétexte à un récit « autofictionnel », à la construction entièrement en flash-back, traversée par de profondes interrogations sur les schémas filiaux, familiaux et identitaires qui nous façonnent.
Mariage, divorce et célibat
Les séquences drôles ne sont, pour autant, pas absentes de cette étourdissante journée de mariage, qui déroule quelques personnages hauts en couleur. À l’instar de Dodi (Hassan Mahbouba), cousin, meilleur ami et garçon d’honneur aux cocasses déboires ; de la cousine célibataire, planificatrice du mariage, qui finira au bord de la crise de nerfs (Natalie Tannous) ; ou encore de l’hilarant dentiste libano-égyptien (Paul Ahmarani), ami des parents d’Alain (Neil Élias).
Les retrouvailles de ces derniers, « divorcés » de longue date, ainsi que leurs vibrants discours, voleront la vedette aux héros du jour. D’autant qu’ils sont incarnés par les excellents Georges Khabbaz et Hiyam Abou Chedid. Leurs performances – lui en discret Élias, elle en flamboyante Yolande — dominent avec une aisance remarquable la joyeuse distribution.
Filiation, fatalisme et superstition
Contacté par L’Orient-Le Jour, à l’occasion de la sortie, cette semaine, à Beyrouth, du film tiré de son livre Mille secrets, mille dangers (paru au Quartanier en 2021 et lauréat du prix du Gouverneur général en 2022), dont il a cosigné le scénario avec le réalisateur, Alain Farah n’a pas caché son bonheur de voir son univers de romancier prendre vie au cinéma avec des acteurs aussi talentueux. Mettant l’accent sur « la palette de jeu aussi large que nuancée » du duo parental, l’auteur, né à Montréal en 1979, souligne que leur présence au générique du film « a contribué à rendre cette expérience extrêmement jouissive ».

Et d’ajouter : « Georges Khabbaz réussit à exprimer dans les silences tous les conflits et les thématiques sous-jacentes que je lui fais endosser tels que le fatalisme et la superstition. Tandis que Hiyam Abou Chedid donne corps à un personnage maternel à la fois plus grand que nature, mais éloigné de la caricature. »
Explorer dans un même opus les thèmes de la filiation, des liens familiaux et amicaux, des identités hybrides, du fatalisme oriental, de la colère et de la réconciliation n’est pas une mince ambition. Mille secrets, mille dangers donne d’ailleurs quelques signes d’essoufflement vers la fin. Ce film parvient toutefois à offrir un portrait vivant d’une société métissée, à travers l’image apaisée qu’il donne de l'interaction culturelle québécoise et égypto-libanaise. « Je désirais témoigner de tout ce qui nous lie et de tout ce qui nous rassemble, plutôt que de ce qui nous sépare », confie en conclusion Alain Farah. Une histoire qui parlera particulièrement aux libano-canadiens.




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Il y a une grosse difference entre les égyptiens et les libanais de Montreal; en fait on. N ‘ a ,culturellement parlant, rien en commun; alors que le libanais est fier de sa langue et de sa culture , l egyptien lui a perdu sa langue et tente de s integrer maladroitement a la culture quebecoise. Les libanais ne sentent pas le besoin de s integrer et de s ‘effacer a l image des Egyptiens.
05 h 27, le 11 décembre 2025