Le président libanais, Joseph Aoun (g.), au palais Alam à Mascate aux côtés du sultan Haïtham ben Tarik, le 10 décembre 2025. Photo X / @LBPresidency
Le président libanais Joseph Aoun a clôturé mercredi sa visite officielle au sultanat d’Oman, où il s'est entretenu à huis clos avec le sultan Haïtham ben Tarek dans la salle du Conseil du palais al-Alam, à l’est de Mascate. La réactivation des vols entre les capitales libanaise et omanaise par les compagnies aériennes du sultanat a figuré au menu de l'une des discussions interministérielles programmées pendant ce premier voyage officiel du chef de l'État libanais dans cet émirat du Golfe.
Dans le communiqué conjoint publié au terme de la visite, Joseph Aoun et Haïtham ben Tarek ont également donné leur feu vert à la préparation d'une « première réunion de la commission mixte omano-libanaise (qui implique aussi les secteurs privés des deux pays, Ndlr), présidée par les ministres des Affaires étrangères à Mascate, et à travailler à la signature de nouveaux accords et mémorandums d’entente » pour renforcer leur coopération.
Les deux parties ont aussi « demandé l’arrêt immédiat des attaques israéliennes contre le Liban, le retrait complet de tous les territoires libanais et arabes occupés, et le soutien aux efforts internationaux pour prévenir toute escalade, stabiliser la région, faciliter le retour des déplacés et promouvoir la reconstruction ». Ils ont enfin « réaffirmé la position arabe constante en faveur de la fin de l’occupation israélienne et de la création d’un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ».
Le président Aoun a par ailleurs salué « le rôle diplomatique remarquable du sultanat d'Oman, soulignant que le Liban attache une grande importance à son rôle, fondé sur une politique équilibrée qui maintient une distance égale avec toutes les parties ». Le président a indiqué que le Liban est « désireux de rétablir ses relations avec les pays arabes, notamment en renforçant la communication avec les pays du Conseil de coopération du Golfe ».
Le chef de l'État a expliqué, par ailleurs, que « le sultanat d'Oman et le Liban aspirent à un partenariat stratégique fondé sur des intérêts communs, notamment le renforcement de leur coopération dans les secteurs du commerce et de la distribution, de la construction, de l'industrie manufacturière, des transports, de la restauration, de l'intelligence artificielle, de l'éducation, de l'agriculture, des services et de la santé, ainsi que la dynamisation du transit entre les deux pays ». « Les chiffres récemment publiés en témoignent : le volume des échanges commerciaux entre le sultanat d'Oman et le Liban a progressé de 29,4 % au cours du premier semestre 2025, et le nombre d'entreprises libanaises enregistrées au sultanat d'Oman a dépassé les 1035 entreprises en septembre 2025 », a révélé le président.
« Je suis heureux de visiter aujourd’hui le majestueux palais al-Alam, ce lieu qui porte dans ses murs une histoire riche et se dresse au cœur de l’ancienne Mascate, témoin des grandes étapes politiques et des rencontres de haut niveau ayant réuni les dirigeants de la région et du monde », a déclaré le chef de l'État libanais en marge de sa réunion avec le sultan Haïtham ben Tarek.
Réunions interministérielles
Considéré comme un État neutre, le sultanat d'Oman a longtemps joué un rôle clé dans la région, accueillant notamment des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis. À plusieurs reprises, des messages entre les pays arabes et la République islamique ont également transité par Mascate. La visite de Joseph Aoun intervient à l'heure où des canaux de communication ont été ouverts par plusieurs pays avec Téhéran pour résoudre le dossier des armes du Hezbollah au Liban. Dans son premier discours à Mascate, M. Aoun avait salué mardi l'« approche sage » du sultanat dans la politique régionale.
Les discussions élargies interministérielles libano-omanaises ont vu la participation des ministres de l'Intérieur Ahmad Hajjar, de la Défense Michel Menassa, des Affaires étrangères Joe Raggi, de la Santé Rakkan Nassereddine, de l'Agriculture Nizar Hani, ainsi que de l’ambassadeur désigné au sultanat d’Oman Majdi Ramadan et du conseiller de M. Aoun, André Rahhal, selon plusieurs communiqués publiés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La réactivation de la ligne aérienne directe entre le Liban et le sultanat a été évoquée lors de la réunion entre Joe Raggi et son homologue Badr el-Boussaïdi. Les compagnies aériennes étrangères, dont celles du sultanat, avaient suspendu leurs vols fin septembre 2024, alors que l'armée israélienne lançait son offensive contre le Hezbollah au Liban.
Cette période a été marquée par l'assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et de son successeur désigné dans deux bombardements massifs successifs de la banlieue sud de Beyrouth, où se situe l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), qui n'a pas été touché ni avant ni après le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024. Selon le directeur de l'aviation civile, Amine Jaber, que L'OLJ a contacté, des discussions sont en cours pour une reprise des vols des compagnies omanaises – Oman Air et la low-cost Salam Air, liées par un partenariat – sans que l’on puisse s’avancer sur un calendrier.
Les deux ministres ont également abordé le projet de jumelage entre la ville libanaise de Tyr et celle de Sour (homonyme du nom arabe de Tyr), située dans le nord-est du sultanat. Ils ont discuté d’axes de coopération en matière logistique pour relier les ports maritimes des deux pays, de tourisme et dans le domaine des énergies renouvelables. La coopération dans les énergies renouvelables et le secteur de la santé a également été abordée, compte tenu de l'expertise du Liban dans ces domaines et du potentiel qu'elle représente.
M. Raggi a par ailleurs évoqué les attaques israéliennes quotidiennes contre le Liban, insistant sur la nécessité du retrait d'Israël du territoire libanais et de la libération des détenus libanais en Israël. Il a souligné l'importance pour l'État libanais de détenir le monopole des armes, d'étendre sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire et de mettre en œuvre les résolutions internationales, tout en remarquant que la solution devait être diplomatique, les armes n'ayant pas assuré la protection nécessaire au Liban.
De son côté, le ministre omanais a exprimé son soutien à toutes les mesures prises par le gouvernement libanais pour étendre sa souveraineté et recouvrer son autonomie.
Coopération sécuritaire
Les discussions entre Ahmad Hajjar et son homologue le ministre de l'Intérieur omanais, Hammoud ben Fayçal el-Boussaïdi, ont quant à elles essentiellement porté sur la coopération bilatérale en matière de sécurité, à un moment où les forces de sécurité libanaises multiplient les opérations anti-drogue, après avoir été mises sous la pression de l'Arabie saoudite qui avait interdit les importations de produits libanais. Les discussions ont également abordé l’évolution de la situation au Liban et les efforts entrepris par l’État pour consolider la sécurité et la stabilité.
Le ministre Hajjar a par ailleurs salué « le rôle actif du sultanat d’Oman dans le soutien à la stabilité et au dialogue dans la région », mettant en avant « les relations fraternelles solides qui unissent les deux pays et leurs peuples ».
Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, s'est entretenu pour sa part avec le vice-Premier ministre chargé des Affaires de la Défense, Sayyid Chehab ben Tariq Al Said, au palais al-Alam. Les deux responsables ont abordé la coopération militaire existante entre les ministères de la Défense des deux pays et les moyens de la renforcer.
Le ministre de la Santé, lui, a rencontré son homologue omanais, Hilal ben Ali Al Sabti, avec lequel il a évoqué les perspectives de coopération sanitaire et d'échange d'expertise entre les deux pays. Les discussions ont également porté sur le jumelage des hôpitaux publics, les échanges dans le secteur pharmaceutique, le partage d'expériences en matière de gestion des catastrophes et des crises, ainsi que sur la possibilité de tirer parti de l'expertise omanaise dans le domaine de la numérisation des données de santé.
Quant au ministre de l'Agriculture, il a discuté avec son homologue omanais, Saoud ben Hammoud Al Habsi, de la coopération bilatérale dans les domaines de l'agriculture, de la pêche, des ressources hydrauliques et de la sécurité alimentaire.



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07 h 00, le 11 décembre 2025