L'ex-banquière Rana Koleilat, connue pour son implication dans le scandale de la banque al-Madina, au début des années 2000. Photo tirée de X.
Plus de 20 ans après l'énorme scandale de fraude à la banque al-Madina, l'une des figures centrales de cette affaire, Rana Koleilat, est revenue sur le devant de la scène judiciaire au Liban, dans une affaire cette fois de fraude immobilière.
Selon des informations confirmées par une source judiciaire haut placée, l'ex-banquière, actuellement au Brésil, est suspectée d'être à la tête d'un « gang » qui s'empare de biens immobiliers appartenant à un riche promoteur libanais résidant aussi au Brésil, pour une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars. Rana Koleilat aurait amené par la ruse ce dernier, connu pour détenir un vaste patrimoine immobilier à Beyrouth, à signer des procurations de ventes, avant de les envoyer à des complices au Liban. Lesquels « ont falsifié des procurations de vente officielles et remplacé deux d'entre elles par deux documents authentiques auprès du registre foncier de Beyrouth », selon un communiqué des Forces de sécurité intérieure publié le 6 décembre. D'après une source judiciaire, la falsification aurait consisté à rayer des mentions officielles restreignant les transactions sur les biens-fonds. L'enquête menée par la police judiciaire de Beyrouth a révélé que ce gang aurait obtenu de manière frauduleuse des procurations pour mener à bien ces opérations.
Arrestations pour fraude, faux et blanchiment d'argent
Selon certaines informations, plusieurs personnes ont été arrêtées dans cette affaire, dont le neveu de Rana Koleilat, une femme qui travaillait avec eux et un officier à la retraite. Selon les FSI, les arrestations ont été effectuées entre le 23 novembre et le 2 décembre, et ont visé quatre individus nés respectivement en 1948, 1962, 1987 et 1998. Le texte précise que ceux-ci ont été arrêtés sous la supervision du parquet d'appel de Beyrouth, à la suite d'investigations menées par la police judiciaire sur base d'une plainte déposée le 9 septembre. Ces personnes ont été interpellées pour fraude, faux, usage de faux et blanchiment d'argent, ajoute le communiqué. Les poursuites auraient été engagées notamment sur base de l'article 655 du code pénal, qui prévoit une peine d'emprisonnement de six mois à trois ans pour toute personne qui, par des manœuvres frauduleuses, amène autrui à lui remettre des biens immobiliers et s’en empare.
Le nom de Rana Koleilat est surtout connu des Libanais pour le scandale de la banque al-Madina, qui avait éclaté en 2003. Dans cette affaire, elle a été accusée avec l'ancien patron de la banque d'avoir transféré illégalement et blanchi des fonds de l'établissement vers des comptes fictifs, qu'elle et ses complices détenaient. Ces transactions, qui leur ont rapporté des millions de dollars, ont fini par mettre la banque en faillite. Ce réseau de blanchiment d'argent aurait également bénéficié à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein ainsi qu'à des organisations liées au Hezbollah. Après que le scandale eut éclaté, le réseau avait reversé une partie des fonds détournés à la Banque du Liban jusqu'en 2003 et Mme Koleilat et neuf autres personnes ont été incarcérées. La banquière avait fait plus d'un an de prison avant d'être libérée sous caution, puis de fuir au Brésil. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par Interpol, elle y a été arrêtée une seconde fois, en 2006 à Sao Paulo, et était restée en détention pendant plusieurs mois.



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05 h 46, le 10 décembre 2025