Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, lors du congrès général du parti à Meerab, le 7 décembre 2025. Photo fournie par les FL
Près d’un an après l’arrivée au pouvoir de Joseph Aoun et Nawaf Salam et (surtout) à quelques mois des législatives de mai 2026, le chef des Forces libanaises a opté pour la hausse du ton face au tandem de l'exécutif auquel il reproche un manque de fermeté dans le désarmement du Hezbollah. Dans un discours fleuve dimanche, le leader chrétien n’a dans ce cadre pas mâché ses mots en critiquant, dans une lettre ouverte au président de la République et au Premier ministre, « la soumission de la légalité à l'illégalité » et la « complaisance du pouvoir » avec la formation chiite alors que les autorités devraient s’atteler, selon lui, à « s’activer pour sauver le pays avant qu’il ne soit trop tard ». Une bataille que les FL, un des piliers du camp loyaliste, se disent tout de même vouloir mener « aux côtés de MM. Aoun et Salam », pour reprendre les termes de Samir Geagea. Ce dernier se montre, dans le même temps, prêt à aller jusqu’au bout dans le combat pour la modification de la loi électorale (pour permettre aux expatriés de voter pour les candidats de la métropole) face à Nabih Berry, le maître du perchoir qui fait la sourde oreille au camp anti-Hezbollah.
Le leader chrétien a prononcé ce discours à l’ouverture du premier congrès général du parti, intitulé « Des Forces libanaises vers l’avenir », à Meerab, en présence des figures parlementaires, ministérielles et politiques de la formation, ainsi que nombre de ses cadres.
À l’issue d’une rétrospective de l’itinéraire politique des FL, Samir Geagea a appelé son parti à être « prêt à l'offensive pour sauver le Liban ». C'est dans ce cadre qu'il a adressé un message fort et ferme à Joseph Aoun et Nawaf Salam, au sujet des armes du Hezbollah. « Vous êtes conscients de la joie que les Libanais ont vécue à votre arrivée au pouvoir. Mais celle-ci ne s’est malheureusement pas encore concrétisée par une stabilité et une confiance dans l’avenir », a-t-il déploré, reconnaissant toutefois que le gouvernement a « adopté quelques bonnes démarches ». Une référence claire aux décisions prises les 5 et 7 août dernier pour consacrer le monopole des armes. Mais aux yeux de Samir Geagea, il faut désormais passer à l’acte. « Votre responsabilité est d’œuvrer pour épargner au pays le scénario du pire, si ce n’est pas de le mener à bon port », a lancé le leader de Meerab aux deux pôles de l’exécutif, à qui il a affirmé s’adresser « non en tant qu’adversaire », mais en tant que « Libanais soucieux pour l’avenir de son pays ». Une façon pour M. Geagea de répondre à ceux qui estiment qu’il entretient à l’heure actuelle des rapports en dents de scie avec la présidence de la République.
Dissoudre les ailes militaire et sécuritaire du Hezbollah
Cela n’a pas empêché le chef des FL de décocher ses flèches en direction de Baabda. « Ce n’est pas le moment de discuter du sexe des anges (…) Le seul souci devrait être celui de savoir comment sauver le Liban et les Libanais pour les mener à bon port », a-t-il lancé. Et de souligner que le vrai problème du pays réside dans l’aile militaire et sécuritaire du Hezbollah. « Tout le monde en convient : le démantèlement de l’arsenal du parti est le premier pas sur la voie du redressement financier ». « Au vu de la volonté d’une majorité de Libanais d’en finir avec toute entité militaire en dehors de l’État, il n’y a aucune raison qui justifie le retard à dissoudre les ailes militaire et sécuritaire du parti, surtout après les décisions des 5 et 7 août dernier », a ajouté le chef des FL. Il a estimé que l’argument selon lequel il faudrait accomplir cette tâche en évitant le dérapage vers une guerre civile « ne tient pas, dans la mesure où il ne s’agit pas d’un désaccord entre deux partis politiques, mais de décisions prises par un État en bonne et due forme (et qui ne sont pas encore respectées, NDLR) ». Une pique en direction du président Aoun qui continue de privilégier une approche « calme » axée sur le dialogue avec la milice iranienne pour clore ce dossier, à l’heure où les grosses pointures du parti chiite, à commencer par son chef, Naïm Kassem, n’en finissent pas d’affirmer qu’ils n’abandonneront pas les armes.
« Est-il permis de laisser le Liban en proie à l’inconnu pour les beaux yeux de responsables partisans qui exécutent des décisions iraniennes et non libanaises ? Ensuite, pourquoi la majorité des Libanais est-elle soumise aux actes de la minorité ? » s’est interrogé Samir Geagea en allusion au camp du Hezbollah. Pour le chef des FL, il ne suffit pas de renvoyer la balle dans le camp de l’armée (qui a été chargée de cette tâche dans le cadre d’un plan dont la première phase, au sud du Litani, devrait s’achever fin décembre). « Il faut mener une action politique claire face à ceux qui refusent d’appliquer les décisions des 5 et 7 août et qui n'en finissent pas d'affirmer avoir restauré leur structure militaire et sécuritaire », a lancé M. Geagea. Et de s’adresser à Joseph Aoun et Nawaf Salam, leur reprochant de « faire preuve de complaisance au lieu de se montrer fermes et de contraindre le Hezbollah à se conformer au discours d’investiture ».
Berry « a dépassé toutes les bornes »
Samir Geagea a profité de son discours pour adresser une autre lettre ouverte, cette fois-ci au président de la Chambre, articulée autour des modalités de vote des expatriés lors des élections de 2026. Un dossier qui semble relégué au second plan depuis le 6 novembre, quand le gouvernement a adopté un projet de loi revêtu du caractère de double urgence pour abolir l’article 112 de la loi électorale et permettre aux Libanais de l’étranger de voter pour les candidats en lice à la métropole, une option que refuse catégoriquement le tandem Amal-Hezbollah.
Résultat : Nabih Berry refuse d’inclure le projet de loi du gouvernement ainsi que la proposition de loi articulée autour de cette affaire à l’ordre du jour d’une séance plénière comme le souhaite une majorité parlementaire claire. Ce qui a poussé le chef des FL à se déchaîner contre lui. « Ce que vous faites en la matière dépasse toutes les bornes », a martelé le leader de Meerab à l’adresse du président de la Chambre. Rappelant que le projet et la proposition de loi attendent toujours d’être débattus à l’hémicycle, il a accusé le président de la Chambre d’œuvrer pour « torpiller les législatives ». « Vous avez envoyé le projet du gouvernement aux commissions concernées et vous ferez de même à l’avenir pour jouer avec le temps jusqu’à torpiller le scrutin », a déclaré le chef des FL à Nabih Berry à l’heure où les craintes d’un report des législatives se font de plus en plus audibles dans les milieux politiques. « Je vous demande d’arrêter de bloquer tout ce qui se rapporte à la loi électorale et de transférer le débat à la Chambre, seule compétente pour le trancher », a conclu Samir Geagea, annonçant ainsi sa prochaine bataille politique.




Cette convention a permis de faire le point sur ce qui est advenu a ce jour mais aussi sur ce qui est a faire pour l'avenir avec pour maître mot la transparence, la probité et le sacrifice au profit du peuple et de la nation. pour y arriver , aux prochaines élections il faut voter LF en force pour lui permettre d'augmenter sa force parlementaire et pouvoir imposer un gouvernement et un chef de parlement qui lui agiront suivant les règles, les lois et la constitution pour avancer vers un avenir qui est prometteur et peut être radieux! La balle est entre les mains du peuple! Votez vous décidez!
11 h 42, le 09 décembre 2025