Le souverain pontife a participé à une rencontre œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs, à Beyrouth . Photo Téa Ziadé/L'OLJ
Dehors, alors que le soleil reprend ses droits en ce lundi après une matinée pluvieuse, des familles libanaises affluent vers la place des Martyrs à Beyrouth dans l’espoir d’assister à l'arrivée du convoi papal. Le long des trottoirs, des drapeaux du Liban et du Vatican sont en vente, tandis que certains passants tentent de négocier avec les commerçants.
Mira Khoury, venue des États-Unis rendre visite à sa famille, explique avoir planifié son voyage pour coïncider avec la visite. « Cela nous rappelle que la paix doit d’abord exister entre les Libanais eux-mêmes. Chrétiens et musulmans vivent côte à côte à l’étranger : pourquoi pas au Liban ? » s’interroge-t-elle. « C’est une visite nationale, pas seulement religieuse », insiste Aya Bou Hamdan, issue de la communauté druze. « C’est un homme de paix et nous en avons grand besoin. »
Et puis, soudain, le convoi apparaît, accompagné de deux hélicoptères de l’armée. La foule s’exclame. Une fois passé, elle se disperse lentement. « Je n’arrive pas à croire que j’ai vu cet homme, un vrai ange », confie, tout ému, Dany Haroun.
Sous une tente spécialement installée pour l’occasion, le pape Léon XIV s’installe au milieu d’une scène circulaire, entouré de seize dignitaires religieux chrétiens et musulmans, dont le patriarche Béchara Raï. Un symbole de la famille soudée. Dans le cadre de la deuxième journée de sa visite au Liban, le souverain pontife participe à une rencontre œcuménique et interreligieuse. Plusieurs symboles sont convoqués : l’olivier, pour incarner la paix ; l’enfance, à travers la chorale, pour représenter l’espoir. « D’ordinaire, ce sont les autres qui vont rendre visite au pape, mais en ce moment, c’est lui qui nous rend visite. C’est dire combien il donne de l’importance à nos blessures et à notre société », confie l’abbé Joseph Bou Raad au micro de L’Orient-Le Jour, assis au premier rang. « Je suis très heureux que, par sa simple présence, il parvienne à réunir toutes les confessions. Il nous encourage à parler de paix et à rechercher ensemble la justice. »
Calme avant la tempête
Après le chant d’ouverture, le patriarche syriaque-catholique inaugure l'événement par un discours de bienvenue. Celui-ci sera suivi par la lecture de l’Évangile, de versets du Coran et par la projection d’un documentaire consacré à la coexistence au Liban. Dans une ambiance faite de simplicité, les représentants de diverses confessions se succèdent au micro. Ils répètent ces mots si familiers, peut-être trop entendus : « coexistence », « vivre ensemble », « diversité », « espoir »… Alors que le pays du Cèdre peine à se remettre de sa dernière guerre avec Israël et que les tambours de la prochaine battent déjà, la parenthèse papale – a fortiori dans un pays si fracturé politiquement et usé par des années de crise économique – met du baume au cœur. Mais d’aucuns craignent le calme relatif avant la violente tempête.
« Bienvenue sur cette terre où s’est enracinée la croix du Christ. Bienvenue au Liban, ce pays unique qui respire à la fois dans ses environnements chrétien et musulman », a lancé dans son allocution le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des grecs-orthodoxes, Jean X Yazigi. « C’est avec grande joie que nous accueillons le pape Léon XIV, en visite au Liban, pays de coexistence et de diversité confessionnelle, une richesse et un enrichissement pour l’humanité, où la citoyenneté constitue le fondement même de l’égalité des droits et des devoirs, sans aucune discrimination », a déclaré pour sa part le mufti de la République, Abdellatif Deriane.
« Nous espérons tous que votre visite contribuera à renforcer l’unité nationale vacillante de ce pays meurtri par l’agression israélienne continue », a affirmé le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali el-Khatib. Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas des amateurs d’armes et nous plaçons la cause du Liban entre vos mains, dans l’espoir que le monde aidera notre pays à s'en sortir. »
C’est sans doute dans les mains d’un autre Américain – le président des États-Unis Donald Trump – que se joue en partie l’avenir du pays du Cèdre. Le souverain pontife, lui, a joué son rôle et prononcé un discours consacré à la paix et à l'espérance. « Depuis de nombreuses années, et particulièrement ces derniers temps, les yeux du monde sont rivés sur le Moyen-Orient, berceau des religions abrahamiques, observant le laborieux cheminement et la quête incessante du précieux don qu’est la paix », a-t-il dit. « Face à des conflits aussi complexes et persistants, l’humanité regarde parfois le Moyen-Orient avec un sentiment d’appréhension et de découragement. Pourtant, au milieu de ces luttes, nous pouvons ressentir de l’espérance et un encouragement lorsque nous nous concentrons sur ce qui nous unit : notre humanité commune et notre croyance en un Dieu d’amour et de miséricorde. »
Au centre de la tente, il a planté un olivier.



On vient parler de paix, de diversité, de foi et de religion comme si cette milice avait la possibilité de comprendre leur sens. Elle est pour la destruction, la mort et façonne la religion selon ses intérêts. On comprend que le rôle d’un pape consiste à prêcher, même dans le vide, afin que ses paroles puissent percuter certains qui sont en perdition de leur âme et les aide à la retrouver. Serait il possible que les partisans de cette milice se sentent concernés après des décennies de lavage de cerveau qui consiste à leur faire croire le contraire de la foi de n’importe quelle religion?
12 h 37, le 03 décembre 2025