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Lifestyle - Récompense

« La Nuit au cœur », le roman puissant d’Appanah qui a conquis les lycéens

Le triomphe confirmé d’un roman qui explore la nuit des violences et la lumière des survivantes.

« La Nuit au cœur », le roman puissant d’Appanah qui a conquis les lycéens

Nathacha Appanah, doublement récompensée cette année pour « La Nuit au cœur ». © Francesca Mantovani/Gallimard


Le verdict est tombé à Rennes : Nathacha Appanah remporte le Prix Goncourt des lycéens 2025 pour La Nuit au cœur (Gallimard). Quelques semaines après avoir obtenu le Prix Femina, la romancière franco-mauricienne signe ainsi un doublé exceptionnel. Jointe par téléphone au moment de l’annonce, elle a confié son émotion :

« Merci pour le grand cadeau que vous m’avez fait, à moi, à Chahinez, à Emma, à la littérature. »

Le roman retrace en effet la trajectoire de trois femmes prises dans la spirale des violences masculines : Chahinez Daoud, brûlée vive en 2021 par son conjoint à Mérignac ; Emma, cousine de l’autrice, tuée par son mari en 2000 à l’île Maurice ; et Appanah elle-même, qui a dû fuir pieds nus, à 25 ans, un compagnon violent et paranoïaque. Trois vies fracassées, réunies dans un même récit qui interroge l’emprise, le silence et la survie.

Devant le jury réuni à Rennes, une lycéenne porte-parole a expliqué les raisons de ce choix fort : « Nous avons été bouleversés par ces trois histoires de femmes et profondément touchés par sa plume alliant complexité, justesse et poésie. »

Avec La Nuit au cœur, Appanah poursuit son œuvre de l’intime blessé, là où les existences se débattent pour rester debout. Son écriture, faite d’éclats et de fragilités, décortique les rouages de l’emprise – jalousie, isolement, manipulation, terreur – sans jamais céder à la facilité du pathos. Tout se joue à hauteur de battement intérieur : les silences d’un corps, les sursauts d’une conscience, la lente reconquête d’une liberté.

Le roman, construit en fragments, avance comme une respiration heurtée, en accord avec ces trois vies disloquées. Là réside sa force : dans cette manière de mettre en scène la vulnérabilité sans la diminuer, de montrer la violence sans la spectaculariser, de révéler la lumière dans ce qu’il reste d’humain lorsqu’il ne reste presque rien.

Pourquoi les lycéens l’ont choisi

Attribué par près de 2 000 élèves issus de 57 établissements en France et à l’étranger, le Goncourt des lycéens, créé en 1988, est devenu un pilier de la vie littéraire française. Les adolescents ont passé plusieurs mois à lire, débattre et confronter leurs sensibilités aux textes finalistes – une sélection quasi identique à celle du Goncourt, dont Laurent Mauvignier, qui a décroché la prestigieuse récompense adulte pour La Maison vide.

Dans ce contexte de discussions intenses, La Nuit au cœur s’est imposé comme un récit nécessaire. Il touche à ce que les jeunes lecteurs connaissent, observent, redoutent ou questionnent dans leur environnement : les violences conjugales, la complexité des liens familiaux, le poids des non-dits. Et il le fait avec la précision d’un scalpel et la douceur d’une main tendue.

Les rencontres organisées dans plusieurs villes ont également joué un rôle essentiel : Appanah y a parlé de littérature comme d’une force de réparation, affirmant notamment que « raconter, c’est déjà survivre » – une phrase qui a marqué plusieurs jurés lycéens selon l’organisation.

La récompense devait lui être remise hier soir à l’Élysée, en présence du président de la République français et du jury final composé de treize lycéens délégués. Le prix, organisé par la FNAC et le ministère de l’Éducation nationale, représente chaque année des centaines de milliers d’exemplaires vendus, donnant à l’œuvre élue une résonance nationale immédiate. L’an dernier, il avait été attribué à Sandrine Collette pour Madelaine avant l’aube.

Le verdict est tombé à Rennes : Nathacha Appanah remporte le Prix Goncourt des lycéens 2025 pour La Nuit au cœur (Gallimard). Quelques semaines après avoir obtenu le Prix Femina, la romancière franco-mauricienne signe ainsi un doublé exceptionnel. Jointe par téléphone au moment de l’annonce, elle a confié son émotion :« Merci pour le grand cadeau que vous m’avez fait, à moi, à Chahinez, à Emma, à la littérature. »Le roman retrace en effet la trajectoire de trois femmes prises dans la spirale des violences masculines : Chahinez Daoud, brûlée vive en 2021 par son conjoint à Mérignac ; Emma, cousine de l’autrice, tuée par son mari en 2000 à l’île Maurice ; et Appanah elle-même, qui a dû fuir pieds nus, à 25 ans, un compagnon violent et paranoïaque. Trois vies fracassées, réunies dans un même récit...
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