Cérémonie en mémoire des soldats libanais tués dans des affrontements avec des trafiquants de drogue, à Baalbeck, le 19 novembre 2025. Photo obtenue par Sarah Abdallah
Le président libanais, Joseph Aoun, a présenté mercredi ses condoléances au commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, après la mort de deux soldats la veille lors d'une opération contre des trafiquants de drogue à Baalbeck, promettant que l'armée ne se laissera pas décourager malgré les critiques allant crescendo à son encontre et celle du chef de la troupe.
Lors d'un appel au général Haykal, M. Aoun a affirmé que « rien n'empêchera l'armée d'accomplir son devoir national : ni les campagnes suspectes, ni les incitations, ni les doutes, d'où qu'ils viennent » au Liban ou à l'étranger, selon des déclarations publiées sur le compte X de la présidence. Une prise de position solidaire de son successeur à la tête de l'institution militaire, qui se retrouve au centre d'une tempête diplomatique, après qu'une série de rendez-vous qu'il avait pris mercredi aux Etats-Unis ont été annulés par l'administration américaine. Et ce alors que plusieurs sénateurs américains ont accusé l'armée libanaise de tergiverser dans sa mission de désarmement du Hezbollah, pour laquelle Washington fait pression.
Réduction de la criminalité et extension de l'autorité de l'État
Lors de son appel, Joseph Aoun a regretté qu'« une fois de plus, l'armée paie du sang de ses hommes le prix de la protection de la société libanaise contre le fléau de la drogue d'une part et l'application de la loi de l'autre. » « Les deux martyrs d'hier rejoignent une longue lignée de leurs camarades qui ont sacrifié ce qu'ils avaient de plus précieux par fidélité à leur serment », a salué le chef de l'Etat. Il a encore réaffirmé la détermination de l'institution militaire « à poursuivre l'application des lois, la poursuite des délinquants et la réduction de la criminalité sous toutes ses formes, tout en protégeant simultanément les frontières et en étendant l'autorité de l'État » sur tout le territoire, a-t-il ajouté.
Les deux soldats tués la veille dans des affrontements avec des fugitifs qui seraient liés au trafic de drogue ont été identifiés par l'armée comme étant l'adjudant-chef Bilal Baradei, 44 ans, père de trois enfants, et le caporal Ali Haïdar, 32 ans, père de deux enfants. Tous deux étaient originaires de Baalbeck. Un homme présenté par la troupe comme un « fugitif dangereux » a également été abattu lors des perquisitions menées dans le quartier de Charaouné.
Cérémonie funéraire à Baalbeck
Dans la journée de mercredi, le commandement de l'armée libanaise a organisé une cérémonie en l'honneur des deux soldats devant l'hôpital al-Mortada de Baalbeck, selon notre correspondante dans la région Sarah Abdallah. Des responsables militaires et les familles des défunts y ont assisté. Deux véhicules militaires ont ensuite transporté les dépouilles en vue de leur inhumation. L'adjudant-chef Baradei a été inhumé au cimetière de Baalbeck et le caporal Haïdar à Maaraboun, à l'est de la ville. Lors des funérailles de ce dernier, le représentant du ministre de la Défense et du commandant de l’armée, le général Mohammad Janbein, a prononcé un discours dans lequel il a affirmé que la région de Baalbeck « réaffirme aujourd’hui, comme par le passé, sa solidarité et sa loyauté envers l’armée et la patrie ».
Parallèlement, des funérailles ont eu lieu pour le prévenu, de la famille Jaafar, tué lors de la descente de l'armée. Lors de la cérémonie, des tirs en l'air, ainsi que de roquettes RPG, ont été observés dans le quartier de Charaouné.
En solidarité avec l'institution militaire et les deux militaires tués, une fermeture totale des commerces et établissements privés a été annoncée mercredi en signe de deuil. Les écoles privées de la ville ont également suspendu les cours.
Les affrontements entre trafiquants de drogue et l'armée libanaise se sont multipliés à Baalbeck ces derniers mois, l'armée ayant même eu recours à des frappes aériennes contre les trafiquants à au moins deux reprises. Et ce alors que le Liban fait l'objet de pressions de la part des États du Golfe pour endiguer la production et le trafic de stupéfiants, en particulier du captagon, une amphétamine synthétique illégale.



Que dieu ait l’âme de nos soldats morts en accomplissant leur devoir. Le président se comporte comme si la mort des soldats pour défendre la souveraineté et l’indépendance du pays contre les trafiquants armés et les mafieux était une chose absurde alors que c’est le b.a.-ba du rôle d’une armée qui se respecte. Il refuse que cette dernière affronte les usurpateurs de notre pays mais lui ordonne de riposter contre un pays qui est, et de loin supérieur militairement à tous les mafieux locaux réunis, ce qui ressemble à un suicide collectif. Comment expliquer son manque discernement à un moment si
12 h 16, le 20 novembre 2025