Le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, lors d'une conférence de presse le 30 septembre. Photo d'archives Ani
Le ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, a déclaré samedi qu’« il y a une initiative des Saoudiens pour participer à la conférence d’investissement Beirut One », organisée les 18 et 19 novembre à Beyrouth pour attirer des capitaux du secteur privé, qualifiant cette perspective de « début d’un chemin et d’un développement très positif ». Le président du Conseil économique et social, Charles Arbid, a confirmé la participation « de principe » de l’Arabie saoudite, fruit selon une source de longues négociations avec des partenaires saoudiens.
Lors de son passage à l’émission « Naharkon Saïd » sur la chaîne LBCI, M. Bsat a estimé que cette conférence est « un signe de succès » et que la participation saoudienne est « très saine ». « Notre relation avec l’Arabie saoudite est organique et sentimentale. Les transformations, notamment un contrôle plus strict des ports, montrent que le bon chemin a commencé », a-t-il ajouté. Un haut responsable saoudien a précisé à l'agence Reuters que le royaume prévoit de renforcer les liens commerciaux après avoir constaté l’efficacité du Liban dans la lutte contre le trafic de drogue.
« La conférence vise à rompre la stagnation et la déconnexion, et à reconnecter le Liban économiquement à son environnement arabe, à sa diaspora et à nos frères arabes. Nous voulons créer un nouveau narratif sur le pays », a souligné le ministre. « Beirut One montre que le Liban n’est pas seulement un pays qui mendie ou négocie avec des donateurs et le Fonds monétaire international (FMI), mais un pays avec son propre secteur privé et ses investissements », a-t-il dit.
« Dans ce cadre, la relation du Liban avec ses frères arabes reste un élément fondamental de toute vision économique, à travers la coopération existante ou future, pour servir les intérêts communs et renforcer la stabilité régionale », a-t-il ajouté.
La conférence Beirut One, organisée par le ministre et le Conseil économique et social, doit rassembler le secteur privé local, la diaspora et des partenaires internationaux pour sécuriser des investissements et soutenir le pays, en crise depuis fin 2019 et cherchant à reconstruire les zones détruites par Israël lors de sa dernière guerre avec le Hezbollah. Elle coïncide avec la visite du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane (MBS) aux États-Unis, où se tiendra un forum d’investissement conjoint américano-saoudien.
Dans le débat public, de nombreuses voix soulignent que les investissements étrangers resteront limités tant que le Liban n’aura pas conclu d’accord avec le FMI, conditionnant le déblocage d’une aide financière à la mise en œuvre de réformes que le pays peine à réaliser depuis le défaut de paiement de 2020.
Satisfaction de la CGTL
Samedi, le chef de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), Béchara Asmar, a salué la perspective d’un rapprochement concret entre l’Arabie saoudite et le Liban après des années de froid, sur fond de tensions avec l’Iran et d’influence du Hezbollah, un contexte modifié par la guerre de Gaza, l’élection de Joseph Aoun à la présidence et la formation du gouvernement de Nawaf Salam début 2025, ainsi que les bouleversements régionaux.
« Cela permettrait la reprise des exportations de produits libanais et apporterait un soulagement économique à plusieurs secteurs », a déclaré M. Asmar selon un communiqué de l’Agence nationale d'information (Ani, officielle)
L’Arabie saoudite avait suspendu l’importation de fruits et légumes libanais en avril 2021 après la découverte de plus de cinq millions de pilules de Captagon, une drogue illicite. Bien que le reste des pays du Golfe n’ait pas imposé de restrictions, l’Arabie saoudite étant la plateforme de transit, le Liban a subi d’importantes pertes de revenus.
« Le Royaume n’a ménagé aucun effort pour soutenir le Liban sur les plans international, économique et politique », a affirmé Béchara Asmar, en espérant que cette ouverture inclue également la levée de l’interdiction de voyage pour les citoyens saoudiens, qui est attendue depuis des mois.


