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Culture - Musique Classique

Dix ans après le 13 novembre, la musique de Béchara el-Khoury porte le deuil à Paris

L’Orchestre de chambre de Paris a rendu un hommage bouleversant aux victimes des attentats, avec « Il fait novembre en mon âme » du compositeur franco-libanais.

Dix ans après le 13 novembre, la musique de Béchara el-Khoury porte le deuil à Paris

Au Théâtre des Champs Elysées à Paris, l’Orchestre de chambre de Paris, sous la direction du (très) jeune et brillant chef anglais Harry Ogg avec la merveilleuse soprano franco-américaine, Erminie Blondel. Photo Isabelle Theode

Dix ans jour pour jour après les attentats du 13 novembre 2015 et quasiment à la même heure, au théâtre des Champs-Élysées à Paris, l’Orchestre de chambre de Paris, sous la direction du (très) jeune et brillant chef anglais Harry Ogg, avec la merveilleuse soprano franco-américaine Erminie Blondel (retenez ces deux noms), rendait hommage aux victimes d’un carnage sans précédent dans la Ville Lumière, en interprétant Il fait novembre en mon âme du compositeur Béchara el-Khoury, né au Liban en 1957.

Louise Albertini, ce soir-là, avait perdu son fils au Bataclan. Pour elle et pour son compagnon Julien Thomast, la musique pouvait constituer une forme de consolation. Elle passa commande à Béchara el-Khoury d’une partition destinée à être créée pour les cinq ans du drame, en novembre 2020. La commanditaire avait écouté plusieurs œuvres de compositeurs contemporains avant de se décider pour Béchara el-Khoury en entendant New York Tears and Hope, œuvre qu’il avait composée en hommage aux victimes du 11-Septembre. « C’est la musique d’el-Khoury qui nous a touchés le plus », dit-elle.

Au théâtre des Champs-Élysées à Paris, l’Orchestre de chambre de Paris joue une œuvre de Béchara el-Khoury. Photo Isabelle Theode
Au théâtre des Champs-Élysées à Paris, l’Orchestre de chambre de Paris joue une œuvre de Béchara el-Khoury. Photo Isabelle Theode

 Il fait novembre en mon âme, le septième poème symphonique du compositeur, a été créé en effet à ce moment-là à la Philharmonie de Paris, sous la direction de Pierre Bleuse et avec la voix d’Isabelle Druet, mais dans une salle vide, puisque la France était alors en plein confinement. Le concert était retransmis en direct par France Musique et la pièce de Béchara el-Khoury avait bouleversé les auditeurs à travers la France. La presse nationale tant à Paris qu’en régions s’en fit d’ailleurs très largement l’écho et pour beaucoup ce fut l’occasion de découvrir l’immense talent d’el-Khoury, sa sensibilité et sa liberté, car ce compositeur n’appartient à aucune « école » et, au fil des années, il a développé un langage musical qui lui est tout à fait propre, reconnaissable dès les premières mesures.

Dans la mythique salle du théâtre des Champs-Élysées, et pour la célébration des dix ans, le public, bien présent cette fois-ci, retenait son souffle dans une atmosphère où l’émotion était palpable. L’œuvre en forme de diptyque, Misterioso puis Drammatico pour la première partie et Con meditazione puis Con sereno pour la seconde partie, est d’ailleurs très caractéristique, par son lyrisme, du style d’el-Khoury. Elle commence de façon plutôt tempétueuse pour exprimer l’indicible douleur et la révolte de la perte de l’être cher. La seconde partie, plus calme, a été imaginée par le compositeur « comme une prière ». La voix de la soprano s’élève, angélique et lumineuse, sur des vocalises sans paroles. Pour Béchara el-Khoury « elles évoquent une prière universelle sans référence à une religion en particulier ». Le temps suspend son vol pendant quelques secondes, avant que n’éclate un tonnerre d’applaudissements.

Voici d’ailleurs ce qu’en dit le célèbre critique musical Éric Dahan (connu pour son exigence) dans le journal Libération : « Il fait novembre en mon âme est une nouvelle réussite à l’actif d’el-Khoury. Il y déploie un sens aigu du drame sans sombrer dans un figuralisme douteux, privilégiant au contraire le merveilleux et l’élégiaque. »

Au même programme, l’orchestre interprétait la symphonie Paris de W.A. Mozart et l’ouverture du ballet héroïque Les Créatures de Prométhée de L. Van Beethoven.

Ce concert placé sous le signe du souvenir et de l’hommage fut un grand moment musical et affectif. La pièce de Béchara el-Khoury a ému au-delà des mots et il est toujours réconfortant d’entendre parler dans la presse internationale d’un compatriote qui porte le Liban, et qui ne soit ni terroriste ni mafieux.

Dix ans jour pour jour après les attentats du 13 novembre 2015 et quasiment à la même heure, au théâtre des Champs-Élysées à Paris, l’Orchestre de chambre de Paris, sous la direction du (très) jeune et brillant chef anglais Harry Ogg, avec la merveilleuse soprano franco-américaine Erminie Blondel (retenez ces deux noms), rendait hommage aux victimes d’un carnage sans précédent dans la Ville Lumière, en interprétant Il fait novembre en mon âme du compositeur Béchara el-Khoury, né au Liban en 1957.Louise Albertini, ce soir-là, avait perdu son fils au Bataclan. Pour elle et pour son compagnon Julien Thomast, la musique pouvait constituer une forme de consolation. Elle passa commande à Béchara el-Khoury d’une partition destinée à être créée pour les cinq ans du drame, en novembre 2020. La commanditaire avait...
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