Des drapeaux libanais et saoudien. Photo d'illustration Joseph EID / AFP
L'annonce saoudienne d’une relance prochaine des relations commerciales entre Riyad et Beyrouth a suscité un vif enthousiasme parmi les responsables libanais : le président Joseph Aoun a déclaré « attendre le royaume », rappelant que « la protection du Liban vient de son giron arabe » ; le Premier ministre Nawaf Salam a exprimé sa gratitude envers Riyad en assurant que « le Liban reste loyal et sincère à ses frères arabes » ; et le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar y a vu « le début d’une nouvelle étape » pour le pays et « un message positif » pour le monde.
Un haut responsable saoudien a indiqué jeudi à l’agence Reuters que son pays prévoit de renforcer prochainement ses relations commerciales avec le Liban, après que les autorités libanaises ont montré leur efficacité dans la lutte contre la contrebande de drogue vers le royaume au cours des derniers mois.
Évoquant des actions « imminentes » de Riyad, ce haut responsable saoudien a affirmé que les efforts du gouvernement libanais pour empêcher l’utilisation du pays comme « plateforme de menaces envers les États arabes favoriseront une avancée dans les relations bilatérales » libano-saoudiennes. Il a également salué les initiatives de Joseph Aoun et de Nawaf Salam, annonçant qu’une délégation saoudienne se rendra « prochainement » à Beyrouth pour discuter de la levée des obstacles entravant les exportations vers le royaume. Les échanges commerciaux sont suspendus depuis 2021, lorsque les autorités saoudiennes avaient interdit l'entrée de fruits et légumes en provenance du Liban après la saisie de plusieurs cargaisons contenant du captagon.
Réagissant à cette nouvelle, le président libanais a salué vendredi la position de Riyad, écrivant sur la plateforme X : « Nous attendons le royaume. La protection du Liban vient de son environnement arabe. » Le chef du gouvernement a quant à lui exprimé sa gratitude envers l’Arabie Saoudite. « Tous les remerciements au royaume et à sa direction toujours soucieuse de la stabilité et de la prospérité du Liban, pour son initiative visant à renforcer les relations commerciales entre nos deux pays et lever les obstacles devant les exportations libanaises », a écrit M. Salam sur la même plateforme. Il a souligné la reconnaissance saoudienne « des efforts du président de la République et du gouvernement libanais visant à empêcher l’utilisation du Liban comme plateforme en vue de déstabiliser la sécurité de ses frères arabes ». « Le Liban reste loyal et sincère à ses frères arabes qui n’ont jamais hésité à lui manifester tout affection et soutien », a-t-il conclut.
De son côté, le ministre l'Intérieur Ahmad Hajjar, qui s'était régulièrement félicité ces derniers mois des opérations contre le narcotrafic, a estimé que « l’initiative du royaume constitue un message positif pour le monde entier et le début du chemin vers la prospérité et la stabilité du Liban ». Il a souligné que le Liban a déployé « de grands efforts pour affirmer l’autorité de l’État et lutter contre le trafic de drogue, et nous contrôlons largement nos frontières ». De nombreuses saisies ont été faites dans les ports libanais et à l'Aéroport international de Beyrouth, rappelle-t-on. « Nous disposons d’une volonté ferme de renforcer et développer nos relations avec l'Arabie saoudite. Le Liban a toujours appartenu et continuera d’appartenir au cœur du monde arabe, attaché à ses liens fraternels avec les pays frères, au premier rang desquels se trouve l'Arabie », a-t-il conclu.
Le ministre de l’Agriculture Nizar Hani a pour sa part espéré que cette initiative « se traduira par un retour prochain des ressortissants saoudiens au Liban ». Il a estimé que celle-ci « s’inscrit dans cette dynamique, d’autant que le secteur agricole libanais fera face à une grave crise d’écoulement si la route terrestre reliant l’Arabie saoudite au reste du Golfe n’est pas rouverte, sachant que l’essentiel des exportations agricoles et alimentaires est destiné au royaume wahhabite ».
En septembre, les autorités libanaises avaient annoncé avoir démantelé un réseau international de trafic de drogue et stoppé un transfert de haschich et de comprimés de captagon vers l'Arabie saoudite. L’armée libanaise avait aussi annoncé mi-septembre avoir saisi environ 64 millions de pilules de captagon dans la Békaa, soulignant qu’il s’agissait de l’une des opérations les plus importantes jamais menées contre cette drogue au Liban. L’armée et les services de sécurité libanais ont intensifié la lutte contre le trafic de drogue ces derniers mois sous la pression des pays du Golfe, alors que ces amphétamines ont inondé la région, mais aussi les États-Unis, lesquels accusent le Hezbollah d'en profiter.



Ils oublient que cela ne serait possible que lorsque notre pays serait débarrassé de ces vendus. Qu’ils cessent de se réjouir de leurs fantasmes alors qu’aucun accord n’a été signé, faute de preuves de bonne foi des gouvernants à tenir leurs promesses faites aux libanais et à tous les pays aidants. Ils n’auront pas de sous tant que que ces vendus sont toujours armés. C’est la chose sûre de tout ce qu’ils ont cru comprendre.
18 h 00, le 15 novembre 2025