De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne à Tayr Debba, dans le caza de Tyr, le 6 novembre 2025. Mahmoud Zayyat/AFP
Les réunions se suivent et se ressemblent... Mercredi, le comité de surveillance du cessez-le-feu, dit « mécanisme », a tenu sa treizième réunion à Ras el-Naqoura. La dernière réunion de cet organe, qui comprend des représentants des armées libanaise, américaine, française, israélienne et de la Force intérimaire de l'ONU (Finul) avait eu lieu il y a un mois, en présence de l’émissaire américaine Morgan Ortagus.
Des sources militaires ont indiqué à L’Orient-Le Jour qu’il s’agissait d’une réunion « ordinaire », au cours de laquelle ont été abordées les violations israéliennes persistantes et les tentatives d’incursion en territoire libanais. L’armée libanaise a également reproché à l’État hébreu de ne pas respecter le travail du « mécanisme », en s’abstenant de l’informer en amont des sites jugés suspects, susceptibles de receler des caches d’armes, comme le prévoit le processus en vigueur. Israël refuse jusqu’à présent de s’y plier, procédant directement à des frappes avant que les forces armées libanaises ne puissent inspecter les lieux et vérifier la crédibilité des informations alléguées. La réunion du « mécanisme » – dont les composantes se retrouvent à intervalles réguliers – s’est imposée à la lumière de l’escalade dangereuse sur la frontière.
« Statu quo »
Une source diplomatique européenne a indiqué à notre journal que la rencontre s’est toutefois déroulée sans incident particulier. « Cela dit, ce type de réunion n’est jamais simple lorsque les deux parties adverses se retrouvent face à face », a-t-elle ajouté. Une autre source diplomatique occidentale, proche du dossier, a pour sa part évoqué « une sorte de statu quo » qui a prévalu lors de cette rencontre.« Les deux parties sont restées fidèles à leurs positions respectives : le Liban a réitéré ses doléances au sujet des attaques et des violations, tandis qu’Israël a repris sa rhétorique usuelle et ses accusations relatives à la présence du Hezbollah au Liban-Sud », a résumé la source.
L'armée continue d'exécuter sa mission
Dans les milieux de Yarzé, on indique que les troupes déployées au sud du Litani poursuivent l’exécution de leur mission sur le terrain conformément au plan établi, en coopération avec la Finul. « D’ici à la fin de l’année, l’armée devrait, en principe, terminer la première phase du plan du monopole des armes, qui concerne le sud du fleuve Litani », a indiqué une source militaire, tout en soulignant les difficultés liées à la poursuite des bombardements israéliens, qui entravent les opérations des militaires libanais.
Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a évoqué les obstacles rencontrés et mis en garde contre le risque que l’armée ne soit contrainte de suspendre l’exécution de son plan tant qu’Israël poursuit ses frappes, dont l’une a récemment visé un site proche d’un poste militaire libanais.
Jeudi, le président de la République, Joseph Aoun, a déclaré à la conseillère du président français, Anne-Claire Legendre, lors de leur rencontre au palais de Baabda, que ce qui empêche l’armée libanaise de compléter son déploiement dans la région située au sud du Litani jusqu’à la frontière internationale c’est la poursuite de l’occupation israélienne de certaines terres libanaises, les agressions continues et le non-respect de l’accord de cessez-le-feu annoncé en novembre 2024. « Malgré tout cela, l’armée libanaise continue d’exécuter sa mission dans les zones où elle est déployée au sud du Litani », a encore précisé le président.




Le comité de surveillance du cessez-le-feu surveille quoi au juste ? Il compte probablement le nombre de drones qui tuent, détruisent les habitations et brûlent les oliveraies.
15 h 14, le 14 novembre 2025