Un bâtiment détruit par des attaques israéliennes à Naqoura, au Liban-Sud, le 28 avril 2025. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour
La nuit a été marquée au Liban-Sud par de nouvelles infiltrations de l’armée israélienne en territoire libanais, cette fois dans les villages frontaliers de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil) et de Houla (caza de Marjeyoun), où des militaires ont dynamité des habitations. Des infiltrations qui ont eu lieu, et ont été partiellement revendiquées par l'armée israélienne, alors que le président libanais, Joseph Aoun, avait demandé à l'armée le 30 octobre de faire face à toute incursion terrestre, après que des soldats israéliens s'étaient infiltrés à Blida, juste au nord de Aïtaroun, et y avaient abattu un employé qui dormait au siège de la municipalité.
Après 4h dans la nuit de lundi à mardi, des soldats se sont infiltrés dans le quartier de Khanouq, à Aïtaroun, pour y dynamiter quatre maisons à l’aide de charges explosives, avant de se retirer, selon les informations de notre correspondant, Mountasser Abdallah. La municipalité de Aïtaroun a condamné ce dynamitage, dénonçant une « atteinte flagrante à la sécurité des habitants. » Elle a appelé l'Etat libanais et tous ses services de sécurité à adopter des positions et prendre des « mesures fermes et dissuasives, à même d'assurer la protection des citoyens, de garantir la stabilité de leur vie quotidienne et de préserver leur dignité. »
Un commando israélien a mené une autre incursion à Houla pour y détruire des « bâtiments utilisés comme infrastructure » par le Hezbollah, d’après un communiqué du porte-parole arabophone de la troupe, Avichay Adraee. Ces destructions n'ont jusqu'à présent pas pu être confirmées par les sources locales de notre correspondant. Le colonel Adraee a également posté ce matin des images prises selon lui par des membres de la « 769e brigade » lors de l’incursion menée « dans la nuit de lundi à mardi ». L'armée israélienne, si elle commente régulièrement ses frappes et éliminations ciblées au Liban-Sud, ne revendique que rarement ses infiltrations en territoire libanais depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Dans la matinée, un tir d'artillerie israélien a en outre visé la périphérie de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud. Plus tôt lundi soir, vers 22h, les forces israéliennes avaient ouvert le feu à la mitrailleuse depuis leur poste de Roueissat al-Alam en direction des abords de Kfarchouba (caza de Hasbaya).
Des attaques qui ont lieu alors que le président Aoun a regretté dans la matinée depuis Sofia, en Bulgarie, que toutes les demandes des autorités libanaises à la communauté internationale, pour effectuer des pressions sur Israël, sont restées lettre morte. Tel-Aviv dit viser des infrastructures et combattants du Hezbollah avec ses frappes, menées malgré le cessez-le-feu, et refuse de se retirer du Liban-Sud tant que le parti chiite n'est pas désarmé. Beyrouth s'est engagé à récupérer le monopole des armes et a entamé le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah au sud du Litani, sans opposition, mais le parti de Naïm Kassem refuse de rendre la totalité de ses armes présentes sur le territoire libanais tant que les attaques et l'occupation israéliennes se poursuivent.


quel cauchemar sur le Liban...
18 h 11, le 11 novembre 2025