Capture d'écran de l'entretien du vice-Premier ministre libanais, Tarek Mitri, sur la chaîne locale LBCI, le 7 novembre 2025
Le vice-Premier ministre, Tarek Mitri, a affirmé qu’Israël « n’a pas besoin de prétextes pour poursuivre ses attaques », et estimé qu’elles pouvaient être un moyen de négocier à son avantage avec le Liban, « comme à Gaza », lors d’un entretien vendredi soir sur la chaîne locale LBCI au cours duquel il a écarté l’idée que l'État hébreu « lance une guerre de grande ampleur au Liban dans les deux à trois semaines à venir ».
Israël a intensifié ses frappes meurtrières au Liban-Sud et dans la Békaa depuis quelques semaines, faisant craindre une escalade militaire encore plus importante. D'autant que des rapports israéliens font état d'un réarmement du Hezbollah et d'un réapprovisionnement financier venant d'Iran, équivalent à celui d'avant la dernière guerre qui a considérablement affaibli le parti chiite. Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024, après plus de 4 000 morts au Liban, selon les chiffres officiels.
M. Mitri a également noté « que le Liban officiel, tout comme le Hezbollah, a respecté le cessez-le-feu, tandis qu’Israël a poursuivi ses agressions, qualifiées tantôt de violations de l’accord, tantôt d’opérations visant des responsables, des centres, ou des dépôts d’armes et de munitions », précisant que « le nombre de violations est élevé et a dépassé les cinq mille ».
Le Hezbollah n'a tiré qu'une seule fois en direction du territoire israélien depuis l'accord de cessez-le-feu, le 2 décembre 2024, sans faire de blessés. De son côté, Israël a tué plus de 300 personnes sur le territoire libanais sur la même période, dont plus de 100 civils, selon notre décompte à partir de données du ministère libanais de la Santé et de l'ONU. L'État hébreu affirme vouloir empêcher le Hezbollah de reconstituer ses forces. Tarek Mitri regrette également qu'Israël ne « présente pas au comité du mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu, conformément à l'accord, les éventuelles infractions côté libanais.
« Contrôle des frontières »
« Nous avons reçu auparavant des messages indirects indiquant qu’Israël souhaite établir un contact au niveau politique, mais il lui a été répondu que les négociations se déroulent au niveau de l’accord (du mécanisme de cessez-le-feu, Ndlr) et non au niveau politique », selon Tarek Mitri.
Le vice-Premier ministre a ajouté que « les diplomates occidentaux encouragent la reprise des négociations, et certains ont proposé d’inclure des civils aux côtés des militaires dans la délégation libanaise ; toutefois, le président de la Chambre Nabih Berry a insisté sur le fait qu’il n’était pas nécessaire de créer une nouvelle entité de négociation, puisqu’il existe déjà le comité du « mécanisme », précisant que des négociations avec Israël, que le président Joseph Aoun estime inévitables, pouvaient se faire via ce comité avec la participation éventuelle d'experts « civils ou militaires ».
Au lendemain de la présentation en Conseil des ministres du rapport sur le désarmement du Hezbollah au sud du Litani jeudi dernier, par le commandant en chef de l'armée, le général Rodolphe Haykal, Tarek Mitri a indiqué que « le rapport de l’armée, documenté par des chiffres, confirme son contrôle total sur la zone située au sud du fleuve Litani, à l’exception des régions occupées par Israël ». Il a rappelé que le général Haykal « a affirmé à plusieurs reprises que les attaques israéliennes entravent la poursuite par l’armée de la mise en œuvre de son plan », qui prévoit, suite au Conseil des ministres du 5 septembre dernier, le désarmement du Hezbollah d'ici la fin de l'année au sud du Litani, avant de poursuivre dans d'autres phases du plan sur l'ensemble du territoire.
« Au nord du Litani, l'armée poursuit ses efforts pour combattre le trafic d’armes et de drogue, démanteler des groupes terroristes et des dépôts d’armes, ce qui reflète une avancée notable dans les opérations de contrôle et de stabilisation », a noté Tarek Mitri. Il a également expliqué que « la tenue d’une conférence de soutien à l’armée avait été envisagée par le passé, mais les discussions à ce sujet se sont récemment essoufflées ; il est donc nécessaire de rappeler à nos amis l’importance de réactiver ce soutien ». La conférence internationale de soutien à l’armée devrait se tenir d’ici à fin 2025.
Le vice-Premier ministre s'est enfin félicité des « progrès dans le contrôle des frontières et dans la réduction du trafic d’armes et de stupéfiants vers et depuis le Liban, notamment dans les zones frontalières libano-syriennes », notant la coopération des nouvelles autorités syriennes avec qui il pilote les relations au sein du gouvernement libanais. Régulièrement, ces autorités, soutenues par l'Arabie saoudite dans ce domaine, font état de saisies d'armes ou de stupéfiants près de la frontière avec le Liban.




Pour frapper, Israël n'a pas besoin non plus des déclarations de Monsieur Dimitri. Les mouches des coches, de tous les coches sont ignorées par les drones, qui aux dernières nouvelles, parlent comme les horloges parlantes. Selon un article de l'OLJ, un drone s'approche de quelques individus rassemblés autour d'une bonne tasse de café et leur demande gentiment s'ils bivent du Nescafé ? Que ça n'a pas échappé à Monsieur Dimitri, ça m'étonne.
09 h 35, le 10 novembre 2025