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Lifestyle - La Carte Du Tendre

Le ventilateur de jeddo

Un ventilateur, une cigarette et le souvenir d’un grand-père disparu : parfois, il suffit d’une photo pour tout faire revenir.

Le ventilateur de jeddo

Un ventilateur sur un balcon à Beyrouth dans les années 1950. Collection Georges Boustany

Je le revois, assis dans la pénombre, une cigarette entre deux doigts jaunis, abîmé dans des pensées que ce taiseux n’a aucune envie de partager avec un petit bavard haut comme trois pommes. La mezzanine où il a emménagé son bureau de retraité ressemble à une épave de navire gisant en eau profonde. Pour y parvenir, le jour doit traverser un dédale d’échoppes, un passage voûté et une étroite fenêtre en forme d’arche. Ici, les bruits de la rue semblent atténués par l’ouate des ans, ce qui donne l’impression que l’on se trouve dans un grenier où reposent des objets remisés et des dossiers sentant le vieux papier.Le seul signe de vie, à part le souffle de mon grand-père lorsqu’il expire cette fumée bleutée qui finira par l’emporter, est le ronronnement arrogant du ventilateur. L’objet est imposant et réputé dangereux pour de petites mains...
Je le revois, assis dans la pénombre, une cigarette entre deux doigts jaunis, abîmé dans des pensées que ce taiseux n’a aucune envie de partager avec un petit bavard haut comme trois pommes. La mezzanine où il a emménagé son bureau de retraité ressemble à une épave de navire gisant en eau profonde. Pour y parvenir, le jour doit traverser un dédale d’échoppes, un passage voûté et une étroite fenêtre en forme d’arche. Ici, les bruits de la rue semblent atténués par l’ouate des ans, ce qui donne l’impression que l’on se trouve dans un grenier où reposent des objets remisés et des dossiers sentant le vieux papier.Le seul signe de vie, à part le souffle de mon grand-père lorsqu’il expire cette fumée bleutée qui finira par l’emporter, est le ronronnement arrogant du ventilateur. L’objet est imposant et...
commentaires (6)

Lire : Comme le soleil sur le balcon, il vient éclairer...

Politiquement incorrect(e)

19 h 51, le 08 novembre 2025

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Commentaires (6)

  • Lire : Comme le soleil sur le balcon, il vient éclairer...

    Politiquement incorrect(e)

    19 h 51, le 08 novembre 2025

  • Aujourd'hui c'est l'air conditionné, l'éééciii, qui trône sur les balcons , bien moins esthétique. Et encore :est-il plus efficace avec notre pauvre électricité?Merci pour ce texte et cette photo, M. Boustany,. Comme le soleil sur ce balc, il bien éclairer notre actualité si moroseet inquiétante.. On en redemande !

    Politiquement incorrect(e)

    18 h 31, le 08 novembre 2025

  • Super....

    Marie Claude

    08 h 40, le 08 novembre 2025

  • Le ventilateur est en marche et tourne dans nos têtes à la vitesse du rêve au souvenir, ou l’inverse. L’arabesque, les motifs de décoration, que dessinait la lumière du jour. L’ombre de la balustrade, c’est de la calligraphie. ""Au moment où nous avons commencé à enregistrer des souvenirs, l’irréparable était déjà en cours"" ; si l’on "songe avec tristesse aux limites du souvenir", à remémorer un passé enchanté avec ferveur. Le mouvement des pales du ventilateur est le seul flou de la photographie ; le flou du souvenir. Que vous dire Georges Boustany ? Ma parfaite admiration. Bravo monsieur!

    nabil

    08 h 34, le 08 novembre 2025

  • Deux mots que je hais cordialement "jeddo" et "tante". Le double (dd) dans jeddo sort de la bouche comme une balle de révolver. Du libanais pur. J’ignore si les autres arabes ou juifs de nos régions ont ce vocable, mais à force de l’entendre chez les enfants (ça va encore) ou chez les fiers adultes d’avoir une progéniture, ça me fais grincer les dents. Je ne saurai jamais l’expliquer ; entendre le mot tante dans le parler libanais me fait sursauter.Bien qu’elle soit jeune, on peut le dire à l’adresse d’une fille.Je l’ai entendu à l’adresse d’un jeune garçon aussi. Tony est-il devenu Jeddoooo ?

    nabil

    08 h 29, le 08 novembre 2025

  • ""Nous n’étions pas encore à l’ère du jetable : les appareils ménagers avaient une durée de vie au moins aussi longue que celle du foyer, c’est dire qu’ils duraient très longtemps"". Oui, les appareils étaient à vie, que tout était à vie. Que la voiture de papa était chic, inusable, ne tombe jamais en panne, ça on l’a tous dit. De nos jours, envoyer plusieurs fois ses vêtements chez le teinturier coûte plus cher qu’un habit neuf. À l’heure où l’électronique est partout, réparer une auto, non pas neuve, coûte plus cher que son prix. Drôle d’époque, Le service est plus cher que le prix d’achat.

    nabil

    08 h 15, le 08 novembre 2025

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