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Lifestyle - Mode

Le printemps-été de Zuhair Murad : une aventure en forme d’introspection

Pour sa collection prêt-à-porter printemps-été 2026, le couturier libanais Zuhair Murad explore moins une esthétique qu’un état d’âme. Entre introspection et envol, il imagine une femme qui avance portée par le vent, à la recherche d’une lumière intérieure.

Le printemps-été de Zuhair Murad : une aventure en forme d’introspection

Les silhouettes et les matières célébrant sa féminité qui oscille entre fragilité et puissance. Photo Zuhair Murad

Qu’ont en commun ces ensembles tailleur noir et blanc – blazers charpentés des années 1980, ces imprimés floraux, ces dentelles anglaises ajourées d’arabesques, ces caftans et ces bermudas fluides, ces plissés caryatide, ces broderies de cristaux, ces bustes moulés ou ces sahariennes vert pomme, café crème, ces pastels, ces cannelles et ces rouges profonds ? A priori absolument rien, mais dans sa collection prêt-à-porter printemps-été 2026, Zuhair Murad cherche moins à faire cohérence qu’à illustrer une quête. Le couturier libanais suit le chemin qu’une femme emprunte lorsqu’elle décide de s’écouter. Insaisissable, elle avance silencieuse portée par les vents des étendues infinies. Elle ne cherche pas un lieu, mais une lumière en elle. Son voyage se dessine en un souffle de liberté, un murmure d’introspection, une élégance intemporelle guidée par le vent. Son vêtement devient complice de sa transformation. Il révèle son essence la plus pure.

Les silhouettes et les matières célébrant sa féminité qui oscille entre fragilité et puissance. Les étoffes se déploient comme des voiles d’âme, translucides et légères. Dans chaque pli se cache un fragment de son âme retrouvée. La silhouette saharienne se mêle à une douceur mystique, entre fluidité nomade et élégance intemporelle. Les drapés frôlent les hanches et la taille, et les traînes d’écharpe qui captent l’air à chaque pas. Le jour introduit une couture nette en crêpe cady structuré, ponctué de boutons dorés et d’appliques de dentelles. Broderies nomades en fleurs sur tulle de soie, tissages bohèmes en dentelle de coton et drapés libres se font les témoins de son errance poétique. La palette de couleurs s’inspire des paysages traversés : ocre intense, beiges apaisés, jaune ensoleillé, rose fleuri, vert luxuriant. Cette ode à la femme devient un chant floral, un voyage spirituel, une danse entre le visible et l’invisible, où chaque silhouette est une promesse de renaissance… et l’occasion pour le couturier de redéployer tous les éléments de son vocabulaire créatif. Pas un détail de la signature esthétique de Zuhair Murad qui ne soit présent dans cette nouvelle collection, mais redéployé en créations inédites.

Dans ces robes existe ce double mouvement de fragilité et de puissance. Photo Zuhair Murad

Le vêtement, complice de la transformation

D’où viennent ces boutons dorés, ces « filles de la Rochelle » dont le navire prêt à la course sur « les mers du Levant » montre exactement les détails de la future belle saison ZM : « La grand vergue est en ivoire/ Les poulies en diamant/ La grand-voile est en dentelle/La misaine en satin blanc. » C’est à ce départ tout en motifs précieux qu’invite la collection. Le printemps-été s’est de tout temps inspiré du voyage et de l’aventure, mais chez Zuhair Murad, en qui couve un mystique en quête de profondeur, un astrologue en dialogue constant avec le cosmos, l’aventure prend l’allure d’une introspection. Le vestiaire s’adresse moins à une débutante qu’à une jeune femme dont la maturité est en pleine éclosion, qui démarre dans la vie avec de nouveaux paramètres, assume des responsabilités, mesure le chemin parcouru entre une adolescence protégée et le vertige de liberté que semble apporter l’âge adulte. Imaginant « une femme qui décide de s’écouter », le couturier ne se réfère plus à un lieu, comme dans les traditionnelles thématiques jungle et plage. Il cherche une lumière dans la femme qu’il habille, et le vêtement qu’il lui offre devient complice de sa transformation. Le vêtement ne se contente plus d’habiller, il accompagne. C’est ce qui explique dans ses robes ce double mouvement de fragilité et de puissance. Tulle de soie, dentelle de coton, drapés libérés, traînes qui captent l’air, tout semble dit pour évoquer ce souffle de liberté.


Le couturier libanais suit le chemin qu’une femme emprunte lorsqu’elle décide de s’écouter. Photo Zuhair Murad

Du ciel de la Békaa aux étoiles des tapis rouges

Membre invité de la Chambre syndicale de la haute couture parisienne depuis 2012, Zuhair Murad ouvre son premier atelier à Beyrouth en 1997. Son premier défilé a lieu à Rome en 1999. En 2001, il défile déjà lors de la semaine parisienne de la haute couture. À peine 10 ans plus tard, il installe un espace de 400 m2 à Paris. Sa première collection prêt-à-porter est lancée en 2018. Un secteur accessoires ne tarde pas à voir le jour, notamment à travers des ceintures, sacs et chaussures assortis aux collections. Très vite, il devient le couturier des stars et un favori des tapis rouges, habillant notamment Jennifer Lopez, véritable fan de ses broderies tatouage, mais aussi Catherine Zeta-Jones, Miley Cyrus, Kristen Stewart, Ivana Trump, Beyoncé, Shakira, Katy Perry, Haïfa Wehbé, Vanessa Williams, Myriam Farès, Adele, Eva Longoria et bien d’autres.

La légende du natif de Ras Baalbeck, fasciné dans son enfance par la lumière et les couleurs de la Békaa, imprégné de mythologie, de ruines antiques, de collines dorées et de mystères célestes, veut qu’il ait commencé à dessiner dès ses premiers pas. Le 4 août 2020, son atelier et showroom beyrouthin face au port, à peine construit, est entièrement soufflé. Un événement douloureux qui le conforte davantage dans son enracinement libanais et le pousse à revoir ses priorités, tournant le dos au superflu, faisant confiance à son instinct, toujours à l’écoute de l’air du temps dont la rencontre avec son climat intérieur produit des tornades inattendues. 

Qu’ont en commun ces ensembles tailleur noir et blanc – blazers charpentés des années 1980, ces imprimés floraux, ces dentelles anglaises ajourées d’arabesques, ces caftans et ces bermudas fluides, ces plissés caryatide, ces broderies de cristaux, ces bustes moulés ou ces sahariennes vert pomme, café crème, ces pastels, ces cannelles et ces rouges profonds ? A priori absolument rien, mais dans sa collection prêt-à-porter printemps-été 2026, Zuhair Murad cherche moins à faire cohérence qu’à illustrer une quête. Le couturier libanais suit le chemin qu’une femme emprunte lorsqu’elle décide de s’écouter. Insaisissable, elle avance silencieuse portée par les vents des étendues infinies. Elle ne cherche pas un lieu, mais une lumière en elle. Son voyage se dessine en un souffle de liberté, un murmure...
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