Le chef de l'Église maronite, Béchara Raï. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï s'est prononcé, une fois de plus, en faveur d'un amendement de la loi électorale de 2017 pour permettre à la diaspora de voter pour les mêmes candidats que les Libanais dans le pays, refusant que les expatriés ne soient « marginalisés » de la vie politique et leurs droits « amoindris ».
Dans son sermon dominical, Mgr Raï a affirmé que le refus, par le président de la Chambre, Nabih Berry, d'inscrire la question de l'amendement de la loi électorale à l'ordre du jour du Parlement, et tout retard dans « l'application du droit de vote total » pour la diaspora, sont un « recul pour les principes d’égalité et de citoyenneté inscrits dans la Constitution ». Il a ajouté que le pays ne peut pas prospérer « par la marginalisation, mais à travers la participation politique de ses résidents autant que de sa diaspora ».
Le patriarche a rappelé que la loi électorale n’alloue actuellement que six sièges aux expatriés libanais, soit un siège par continent, alors que « de nombreuses forces nationales demandent aujourd’hui le plein droit des expatriés à voter pour l’ensemble des 128 députés, plutôt que de limiter leur représentation à seulement six », comme le prévoit l'article 112 de la loi électorale, qui n'a jamais été appliqué.
« L’expatrié libanais n’est pas un citoyen de seconde zone »
« L’expatrié libanais n’est pas un citoyen de seconde zone, mais un fils de la nation qui l’a quittée contre son gré et qui y est resté émotionnellement, économiquement et humainement attaché », a insisté le patriarche. « Les expatriés ont contribué, et continuent de contribuer, au soutien du Liban, dans les conditions les plus difficiles, notamment via des transferts financiers et de nombreux projets. Devraient-ils être récompensés en voyant leurs droits constitutionnels amoindris ? », s'est-il indigné.
Cette question fait de vagues sur la scène politique et a torpillé les dernières séances parlementaires législatives, faute de quorum, sous le coup du boycott d'une majorité de députés, principalement anti-Hezbollah. Ces parlementaires entendent protester contre le refus de Nabih Berry d’examiner tout amendement de la loi électorale lié au vote des émigrés.
Une décision à ce sujet a également été reportée par le Conseil des ministres cette semaine. Le gouvernement a chargé les ministres des Affaires étrangères, Joe Raggi, et de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, de présenter un rapport sur la question lors de la prochaine réunion du cabinet.
Dans son homélie, le cardinal Raï a également présenté ses condoléances aux parents d’Elio Abou Hanna, et condamné «l'horrible assassinat» de ce jeune Libanais tué par balle par des miliciens palestiniens près du camp de Chatila, dans la banlieue sud de Beyrouth. Le gouvernement a été à nouveau exhorté à accélérer le processus de désarmement des milices et factions palestiniennes, auquel il s'était engagé, suite à ce crime.



La position immuable du patriarche est la bienvenue. Limiter éhontement le Droit constitutionnel des Libanais, parceque le hezbollah ne peut pas faire pression sur les électeurs comme ici est aberrant. Au départ il ne fallait pas laisser passer cette Loi inique. Le berry, que l’on dit modéré , ferait bien de modérer ses crimes contre nos compatriotes. Quant à bassil, lui on lui souhaite sincèrement de devenir un jour un émigré. Et ce serait bien mérité !
07 h 40, le 04 novembre 2025