Hannibal Kadhafi, fils de l’ancien dictateur libyen, lors d’une visite à Rome en 2011. Photo d’archives AFP
Le président du parti libyen al-Qoumma, Abdallah Naqer, a proposé récemment que son parti – fondé en 2011, dans la foulée du soulèvement contre l’ancien dirigeant de la Libye, Mouammar Kadhafi – verse la moitié de la caution de onze millions de dollars exigée, le 18 octobre, par le juge d’instruction près la Cour de justice, Zaher Hamadé, en contrepartie de la libération de Hannibal Kadhafi, fils du défunt dirigeant libyen. Relayée par plusieurs médias arabes, cette information a été confirmée à L’OLJ par un membre de l’équipe de défense de Hannibal Kadhafi. Celui-ci est détenu au Liban depuis décembre 2015 sans avoir été interrogé pendant huit ans. Ce n’est que le 18 octobre qu’il a finalement été convoqué à une audience à l’issue de laquelle le juge Hamadé a décidé sa libération conditionnelle. Les avocats ont qualifié d’exorbitante la somme de onze millions de dollars de caution, réclamant, dès le 22 octobre, sa suppression ou à défaut une forte réduction. La décision du juge Hamadé concernant cette requête est toujours attendue.
M. Kadhafi est emprisonné pour « recel d’informations » dans l’affaire de la disparition en Libye en août 1978 de l’imam Moussa Sadr, président du Conseil supérieur chiite et fondateur du mouvement chiite Amal, et de ses deux compagnons, le journaliste Abbas Badreddine et le cheikh Mohammad Yaacoub. Au moment des faits, il n’avait que trois ans.
L’équipe de défense de Hannibal Kadhafi affirme à L’OLJ que M. Naqer n’est entré en contact avec aucun de ses membres, précisant toutefois que la communication a eu lieu avec un proche de Hannibal Kadhafi qui lui a transmis le message. Contactée, Inès Harrak, coordinatrice de l’équipe de défense, affirme que M. Naqer « a été remercié pour son initiative », soulignant cependant que « l’équipe reste attachée au principe de ne pas verser de caution », Hannibal étant « innocent ».
Les médias arabes précités rapportent que le chef du parti al-Qoumma a affirmé que sa démarche s’inscrit dans « un cadre purement humanitaire et national, visant à favoriser une véritable réconciliation entre les Libyens ».
Selon les mêmes informations médiatiques, le président du parti libyen a conditionné le paiement de la caution à « une libération immédiate de Hannibal Kadhafi et sa remise à la Libye ou un autre pays convenu avec le parti, de sorte à garantir sa dignité et sa liberté ». M. Naqer a souligné que sa proposition ne signifie nullement que son parti renonce aux principes de la révolution du 17 février (2011), mais qu’au contraire, il reste attaché à ses fondements et à ses objectifs, dans le but de servir la patrie et de renforcer son unité, ont rapporté les mêmes médias.


