De la fumée s'élève suite à des frappes israéliennes sur une voiture sur la route d’al-Aswad à Bouday, dans la Békaa. Photo transmise à notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah
La pression militaire israélienne exercée sur le Liban continue de croître depuis la fin de la semaine. Dimanche, l'armée de l'État hébreu a mené des frappes ciblées sur trois voitures, deux dans la Békaa et une au Liban-Sud, tuant deux responsables du Hezbollah. Elle a également conduit une attaque sur une localité à l'ouest de Baalbeck, tuant deux personnes, dont au moins une de nationalité syrienne. Cela porte à douze le nombre de tués depuis jeudi par Israël au Liban.
En début d'après-midi, un drone israélien a lancé deux missiles sur une voiture au niveau de l’entrée nord de la localité frontalière de Naqoura (caza de Tyr), près du port des pêcheurs, tuant le conducteur. Il a été identifié comme étant Abdel Sayyed, un responsable du Hezbollah, propriétaire d’une station-service située près du siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), sur la route principale de Naqoura, selon notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah.
Fait notable : un porte-parole de la force onusienne a confirmé à L'Orient-Le Jour qu'un drone israélien qui s'est écrasé à Kfar Kila (Marjeyoun) a été abattu par des Casques bleus, alors que ceux-ci effectuaient une patrouille dans la zone. La troupe a indiqué que cet acte constituait une « contre-mesure » contre l’appareil qui « agissait de façon agressive » à l'encontre des soldats de la paix. Selon les informations de notre correspondant dans la région, le bataillon impliqué dans cet incident serait de nationalité française. Une information que la Finul n'a pas souhaité confirmer. Un communiqué explicitant les détails de cet incident sera bientôt publié par le commandement de la troupe. Il s'agit d'un geste particulièrement rare de la part des Casques bleus. Le 17 octobre 2024, lors de la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël, un navire de la marine allemande participant à la Finul avait neutralisé un drone au large des côtes libanaises.
Dans l'après-midi, une autre frappe israélienne de drone a touché une voiture dans la localité de Nabi Chit (Baalbeck), près du bureau de la Sûreté générale dans la localité, tuant le conducteur. C'était aussi un responsable du Hezbollah appartenant à la famille Moussaoui, précise notre correspondante dans la région Sarah Abdallah.
Commentant ces deux frappes meurtrières menées « en l'espace d'une heure », l'armée israélienne s’est félicitée d’avoir d'abord tué le « représentant local du Hezbollah à Bayada », une localité proche de Naqoura, puis « un trafiquant et contrebandier d’armes » du parti dans la Békaa, dans un message sur X du porte-parole arabophone, Avichay Adraee, publié en soirée. Le premier était « chargé des relations entre le parti et les habitants de la région dans les domaines économiques et militaires, et aurait participé aux tentatives de reconstitution des capacités militaires du Hezbollah dans le village » de Bayada. Le second était un « trafiquant et contrebandier d’armes », qui aurait œuvré à « l’achat, au transport et à la contrebande d’armes et de matériel militaire de la Syrie vers le Liban, jouant un rôle-clé dans la reconstruction et l’armement du Hezbollah », selon l'armée israélienne.
En fin d'après-midi, trois frappes israéliennes consécutives ont atteint une voiture, sur la route d'al-Assouad à Bouday, un village de la Békaa situé à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Baalbeck, sans faire de victime, rapporte notre correspondante. Et en début de soirée, une nouvelle frappe de drone dans la Békaa, cette fois-ci sur la localité d’el-Hafir, à l’ouest de Baalbeck, a fait deux morts et un blessé, rapporte notre correspondante. L'un des tués, du nom d'Ahmad Taha, a été identifié comme étant de nationalité syrienne. L'armée israélienne n'a pas encore commenté cette frappe.
Netanyahu n'a pas besoin de feu vert
Cet enchaînement de bombardements meurtriers se poursuit depuis jeudi, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, sous pression américaine pour respecter le cessez-le-feu à Gaza, a bien précisé qu'il entendait continuer de frapper ses « ennemis », au Liban comme à Gaza, à sa « discrétion. » Il a ainsi assuré dimanche n'avoir besoin d'aucun feu vert pour frapper les « ennemis d'Israël », qui est un « État indépendant ». « Notre politique de sécurité est entre nos mains », a-t-il assuré au cours d'une réunion du cabinet, avant d'ajouter : « Nous répondons à notre discrétion aux attaques, comme nous l'avons vu au Liban et tout récemment à Gaza ».
Une déclaration faite alors que, dans la même journée, l'une des envoyées de l’administration américaine au Liban, Morgan Ortagus, s’est rendue dimanche à un poste d’observation du commandement Nord de l’armée israélienne proche de la frontière libanaise, ont rapporté plusieurs médias israéliens. Elle était accompagnée de plusieurs autres responsables américains et israéliens, dont le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
En outre, une personne a été modérément blessée dans la localité frontalière de Aïtaroun (caza de Bint Jbeil) dimanche, à la suite de l'explosion d’un engin suspect provenant des reliquats de la guerre. La déflagration a été provoquée par un feu allumé par des habitants du village.
L'armée israélienne a également poursuivi ses attaques sur des engins de chantier. Dans la nuit de samedi à dimanche vers 3h40, un drone israélien a largué une bombe sur une pelleteuse appartenant au Conseil du Sud, utilisée pour déblayer les décombres dans la localité frontalière de Blida (caza de Marjeyoun). La frappe a provoqué d’importants dégâts matériels, sans toutefois faire de victimes, rapporte notre correspondant.
Un combattant de la force al-Radwane tué samedi
Samedi avait aussi été marqué par plusieurs frappes meurtrières, la dernière de la journée ayant tué à Qlaylé, selon l'armée israélienne, un « un combattant de la force al-Radwane », l’unité d’élite du Hezbollah, selon un message sur X d'Avichay Adraee. La victime, tuée alors qu'elle circulait à moto, a été identifiée comme étant Mohammad Akram Arabiya, dont le nom a été par ailleurs cité dans un communiqué d’hommage publié par le Hezbollah. Le ministère libanais de la Santé avait confirmé sa mort samedi soir. L'armée israélienne, l’accuse d’avoir « encouragé les tentatives de reconstruction des capacités de combat du Hezbollah et contribué aux tentatives de reconstruction de ses infrastructures », poursuit le message. Un autre homme, également membre du Hezbollah selon le parti, avait été tué dans une frappe ciblée en début d'après-midi samedi, dans la région de Jebchit.



Pourquoi ne pas avouer que leur but est l'extermination des chiites? Ils n'en sont pas à un génocide près.
16 h 08, le 27 octobre 2025