Le Parlement libanais réuni place de l'Étoile, le 29 septembre 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Parlement libanais s'est réuni mardi pour sa première session ordinaire d’automne, consacrée à l'élection de plusieurs députés aux postes-clés, notamment deux secrétaires et trois commissaires du Bureau de la Chambre, qui est notamment chargé de préparer les ordres du jour des séances, et les présidents des commissions. Pour les deux postes à enjeux politiques plus importants, celui du secrétaire (de confession maronite) du Bureau, et celui du président de la commission des Finances, les députés sortants Alain Aoun et Ibrahim Kanaan, tous deux d'anciens aounistes, ont été reconduits, les tentatives des députés de la contestation de les déloger ayant fait long feu.
Aoun dénonce un « esprit de rancune »
M. Aoun a donc été réélu sans opposition au poste de secrétaire du Bureau du Parlement. Il a par la suite remercié « (s)es collègues pour le renouvellement de leur confiance, malgré les tentatives de certains d’atteindre leurs pairs par esprit de rancune et de calculs politiques. »
Ce poste faisait en effet l'objet de tractations des partis politiques pour faire élire le député indépendant issu du mouvement de contestation, Michel Douaihy. Les efforts pour remplacer Alain Aoun, un ex-membre influent du Courant patriotique libre (CPL), fondé par son oncle, l'ancien chef de l'État Michel Aoun, auraient été menés par le parti de Gebran Bassil. Alain Aoun avait été exclu du CPL début août 2024, sur fond de tensions avec le chef de la formation. M. Douaihy avait toutefois affirmé lundi sur X que sa propre candidature au poste de secrétaire avait « d'abord et avant tout » été appuyée par les partis dont il est proche, notamment ses collègues de la contestation et les Forces libanaises, appelant les médias à « ne pas tirer de conclusions hâtives ».
Toutefois, M. Douaihy a fini par annoncer mardi en début de journée sa décision de ne pas se porter candidat à cette élection. Il a justifié ce choix par le « manque d’enthousiasme de certaines formations politiques » et la « volonté de maintenir le statu quo, plusieurs députés invoquant la fin prochaine du mandat de la législature, prévue dans six mois ». « Nous avons tenté de rétablir un certain équilibre politique au sein du bureau du Parlement, dominé par le camp pro-Hezbollah et fonctionnant selon les desiderata de son président actuel », a déclaré le parlementaire, ajoutant que « plusieurs blocs ont encore peur du président de la Chambre Nabih Berry et n’osent pas le défier ».
Vote du budget
Le député Ibrahim Kanaan a, quant à lui, conservé la présidence de la commission des Finances, malgré la candidature à ce poste du député issu de la contestation Ibrahim Mneimné. M. Kanaan est également un ancien membre du CPL. Le rôle de chef de la commission des Finances est crucial alors que la session d'automne doit être uniquement consacrée, selon la Constitution et le règlement interne de la Chambre, au vote du budget. La loi de finance, qui doit être adoptée avant le début de l'année prochaine, a été envoyée début octobre au Parlement et doit normalement faire l'objet de longues discussions en commission des Finances avant d'être votée en séance plénière. Ce vote doit normalement avoir lieu avant la fin de l’année, ou au pire avant fin janvier 2026. Si le Parlement ne vote pas le texte dans ce délai, le gouvernement aura la possibilité de promulguer par décret le projet tel qu’il avait été transmis au Parlement, sans tenir compte des modifications faites après coup.
À l'instar de ces reconductions, les commissions parlementaires ont été élues dans leur composition précédente, à l’exception de deux changements : le député Melhem Riachi (FL) a rejoint la commission de l’Information à la place de son collègue Ghayath Yazbeck (également FL), tandis que le député Adib Abdel Massih (indépendant, proche des Kataëb et Michel Moawad) a intégré la commission des Technologies en remplacement du député Farid el-Khazen (proche des Marada).
Vote des expatriés : Adwan réclame un vote sur le projet de Raggi
Cette séance parlementaire électorale a pu avoir lieu et le quorum requis a été atteint sans accroc, après deux séances législatives qui avaient été torpillées sur fond de débat politique concernant l'amendement de la loi électorale, en prévision des législatives de mai 2026. Une partie du spectre politique, dont les FL et les députés de la contestation, prône un amendement permettant aux Libanais vivant à l'étranger de voter pour les 128 députés actuels, de la métropole, en fonction de leur localité d'origine. Face à eux, le CPL et le tandem chiite refusent un tel amendement et appellent à ce que l'article 112 de la loi électorale (adoptée en 2017) soit appliqué. Cet article prévoit l'ajout de six députés réservés à la diaspora, mais son application est encore considérée comme floue. Il avait été suspendu lors des deux derniers scrutins organisés sur la base de la loi de 2017.
À l’issue de la séance, Georges Adwan, député des Forces libanaises, a appelé le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, à « inscrire à l’ordre du jour » le projet de loi présenté au secrétariat général du Conseil des ministres par le ministère des Affaires étrangères, portant sur le vote des expatriés, et à le « soumettre au vote ». Le ministère libanais des Affaires étrangères avait annoncé la semaine dernière avoir déposé un projet de loi visant à abroger les articles 112 et 122 de la loi électorale. Ce texte, revêtu du caractère de double urgence, a été transmis le 13 octobre au secrétariat général du Conseil des ministres. « Les questions controversées doivent être soumises à la séance plénière, et nous nous engageons à respecter toute décision qui en émane » a-t-il ajouté, tout en disant refuser de « rester dans l’incertitude quant aux élections législatives », dont le scrutin doit en principe être organisé en mai 2026.



Vive le renouvellement. On prend les mêmes qui ont participé à la ruine de notre pays et on recommence. BRAVO! Vous êtes les champions du divertissement tragi-comique et vous voulez peut être qu’on vous félicite en attendant la médaille?
12 h 09, le 22 octobre 2025