Le hall des arrivées à l’aéroport de Beyrouth. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Le parti des Forces libanaises (FL) a affirmé lundi qu’Élias Georges Tawk, citoyen australien d’origine libanaise, a été arrêté et soumis à des violences physiques à son arrivée à l’aéroport de Beyrouth le 12 octobre. Selon le parti de Samir Geagea, l’homme a immédiatement été transféré au ministère de la Défense, où il aurait été battu.
Les FL affirment que cette détention serait liée à des publications faites par Élias Georges Tawk sur les réseaux sociaux durant le soulèvement populaire d’octobre 2019, dans lesquelles il critiquait le président actuel, Joseph Aoun, alors commandant de l’armée, ainsi que Michel Aoun, alors chef de l’État.
Contactée par L’Orient Today, une source au sein de l’armée libanaise a confirmé que M. Tawk avait été détenu pour avoir critiqué le président et son prédécesseur, mais a nié qu’il ait été soumis à la moindre forme de violence physique.
Élias Georges Tawk est originaire de Bécharré (Liban-Nord), fief des FL.
« Conditions dures »
« Dès son arrivée, il a été immédiatement conduit au ministère de la Défense, où il a été détenu un jour et demi dans des conditions dures, les mains menottées dans le dos, les yeux bandés, et il a été frappé, notamment à coups de pied », dénoncent les FL dans un communiqué. « Le motif de ce traitement était que, lors de la révolution du 17 octobre, alors que l’armée libanaise réprimait durement les manifestants, il avait publié sur sa page personnelle un commentaire critiquant le président de l’époque et le commandement de l’armée pour leurs actes. »
Selon le parti de Samir Geagea, ce qui est arrivé à Tawk « viole toutes les lois et est inacceptable selon tous les standards. Même si, hypothétiquement, un citoyen libanais avait commis un délit, il existe des procédures judiciaires et des codes pénaux qui déterminent le processus et les peines appropriées. La dernière chose à laquelle on pouvait s’attendre était d’être témoin de telles pratiques sous un nouveau président et un nouveau gouvernement. La seule manière de réparer cette action est que la justice militaire, sous la direction de l’armée, mène les enquêtes nécessaires et tienne responsables ceux qui ont fait subir cela à Élias Georges Tawk », conclut le communiqué.
Contacté par L’Orient Today, un porte-parole de la présidence a refusé de commenter l’affaire, renvoyant notre publication à l’armée.
« Mandat d’arrêt émis contre Tawk »
La source au sein de l’armée explique que M. Tawk avait été détenu sur la base d’un mandat d’arrêt, confirmant que la raison en était qu’il avait employé des propos offensants envers Michel Aoun et Joseph Aoun il y a plusieurs années.
Cette précision concernant l'émission d'un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Tawk a été faite par la troupe alors que, début juin, le Premier ministre, Nawaf Salam, avait appelé les forces armées et les services de sécurité à annuler toutes les « listes noires » sécuritaires. Des arrestations étaient régulièrement menées sur base de ces listes, sans décision judiciaire, notamment depuis l'aéroport de Beyrouth.
La source confirme en outre que le détenu avait été menotté, précisant qu’il s’agit d’une procédure appliquée à toute personne détenue. Toutefois, elle insiste sur le fait qu’Élias Georges Tawk n’a pas été frappé et qu’il a été traité « comme tous les autres détenus ». Elle indique enfin que « le lendemain, l’affaire a été transférée au parquet militaire et M. Tawk a été relâché ».
Notre rédaction n’a pas pu contacter immédiatement Élias Georges Tawk.



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Il n'y a pas de demi Etat de Droit. Soit le Liban est un Etat de Droit soit il ne l'est pas. Si on n'est pas un Etat de Droit, il est inutile de chercher une reconnaissance internationale ou des aides ou un appui politique. On ne les aura pas. Il faut savoir où on se situe. Il est inutile de rappeler dans quel ostracisme se trouvent les pays qui ne respectent pas les principes de justice et de démocratie. Il est aussi inutile de rappeler l'isolement que l'on a subi sous Michel Aoun pour ne serait ce que son soutien au hezballah.
13 h 32, le 21 octobre 2025