Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, sur le plateau de la LBCI. Photo ANI
Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, s’est dit « favorable » à des « négociations directes avec Israël », estimant que « cette décision appartient à l’État libanais » et devrait être « prise à l’unanimité ». Les propos du député du Metn interviennent quelques jours après la déclaration faite par le président libanais Joseph Aoun lundi, en parallèle du Sommet de la paix à Charm el-Cheikh, estimant que « des négociations avec Israël s'imposaient dans la dynamique de règlement de crise » dans la région, ce qui n'a suscité « aucun problème à ce stade » de la part du tandem chiite Hezbollah-Amal.
« L'intérêt du Liban est de vivre dans la stabilité et de mettre fin à toute guerre ou agression à son encontre. Si cela nécessite des négociations directes avec Israël en vue d'un accord de sécurité, de la réactivation de la trêve ou de la conclusion d'un accord de paix, ce ne sont que des détails », a souligné vendredi le chef des Kataëb. « L'important est que les frappes israéliennes sur le Liban et les attaques depuis le territoire libanais contre Israël cessent, pour qu'il y ait une stabilité à la frontière avec Israël. L’important est aussi que les enfants du Sud ne vivent plus dans la peur de voir leurs maisons détruites et leurs enfants tués, comme cela a été le cas au cours des 40 dernières années », a-t-il ajouté à la chaîne LBCI lors de l’émission Jadal. Le député n’a pas manqué d’égratigner le Hezbollah, affirmant qu’il y a « une blessure causée par le Hezbollah chez certains chiites, tandis que le préjudice a été infligé par Israël ».
Le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque d'Israël par le Hamas depuis la bande de Gaza, le Hezbollah a ouvert un front de soutien. Malgré l'adoption d'une trêve le 27 novembre dernier, après la mort en septembre du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, Israël continue de bombarder certaines régions du pays, principalement le Liban-Sud et la Békaa Nord, ciblant aussi des civils.
Négociations avec la Syrie et Israël pour « la stabilité »
« Je suis favorable à tout ce qui protège le Liban et que le Liban négocie avec la Syrie et Israël pour assurer sa stabilité, sa protection et sa prospérité qui ne peuvent être garanties que par une trêve ou la paix avec ses voisins », a encore dit Samy Gemayel. Le député du Metn a toutefois affirmé que « cette décision appartient à l'État libanais », jugeant « préférable qu’elle soit prise à l’unanimité ». « Les Libanais doivent toutefois comprendre que c'est dans leur intérêt », a-t-il indiqué.
Samy Gemayel a par ailleurs estimé qu’on ne peut passer d'un état de guerre à un état de stabilité sans traverser plusieurs étapes, à savoir la délimitation des frontières, le retrait d'Israël des territoires encore occupés, la restitution des prisonniers, la fin des violations de la souveraineté et de l'espace aérien libanais, et le sort des Palestiniens. « Une fois toutes ces questions résolues, nous déciderons si nous voulons en rester là ou aller plus loin », a-t-il noté.
Le leader chrétien s’est de plus demandé pourquoi le Hezbollah a le droit de négocier avec Israël pour récupérer ses prisonniers, alors que l'État n'a pas le droit de négocier pour rétablir les droits de tous les Libanais. « Ce qui était impossible est devenu possible aujourd’hui. Que le Liban jouisse d'une souveraineté et d'une indépendance totales avec une direction politique qui place l'intérêt du pays au-dessus de toute autre considération, et que le Liban soit capable de s'ouvrir au monde et de vivre dans la stabilité et la paix », a-t-il encore dit, rappelant qu'« une nouvelle page s'est ouverte au Liban, même s'il reste encore beaucoup à faire et que les obstacles sont désormais moins importants qu'auparavant ».
« Nous refusons depuis 30 ans » les armes hors du contrôle de l'État
Sur la question du monopole des armes, le leader des Kataëb a observé qu’elle est dans l'intérêt du Liban, de même que les positions du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam. « Nous rejetons ces armes depuis 30 ans et les considérons comme une atteinte à la souveraineté de l'État », a-t-il martelé. « Les positions du président de la République et du gouvernement sont dans l'intérêt du pays, et rejoignent les revendications d'autres pays qui souhaitent que le Liban se porte bien et dont la position est similaire à la nôtre », a-t-il ajouté.
Alors que le gouvernement a décidé de prendre le contrôle des armes, le Hezbollah continue de proclamer tout haut son refus de rendre son arsenal. L'armée libanaise poursuit toutefois ses opérations de prise de contrôle des permanences et caches d'armes du parti chiite, au sud du fleuve Litani.
Waddah Sadek pour des négociations directes avec Israël
Le député issu de la contestation Waddah Sadek a tenu des propos similaires. « Il serait préférable que le Liban entame des négociations directes avec Israël afin de ne pas lui concéder de victoire comme cela a été le cas dans le dossier de la délimitation maritime, mais ces négociations doivent être assorties de conditions », a-t-il souligné, estimant naturel qu'une partie de la population se sente trahie à ce sujet.
Le parlementaire a invité les autorités libanaises et particulièrement le Parlement à examiner sérieusement la question des négociations, observant que la communication doit exister entre les trois présidents », le chef de l'État, le Premier ministre et le président du Parlement. « Si les négociations directes permettent de récupérer les territoires et les prisonniers, ou du moins de revenir à l'accord de trêve, est-ce que nous choisirons de rester tel que nous sommes ?», s'est demandé Waddah Sadek.
Dans une critique de la communauté internationale, M. Sadek a enfin observé que « le dossier du désarmement du Hezbollah incombe à tous, et pas seulement au Liban, car le Hezbollah est une milice qui s'est étendue à l'échelle mondiale ».


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