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Société - Liban

Affaire Tannourine : de nouveaux échantillons prélevés « conformes aux normes sanitaires », annonce Hani

Mercredi soir, le ministre avait indiqué que l'affaire avait pris un tour disproportionné et que la décision « préventive » de retirer les bouteilles du marché n'aurait pas dû être rendue publique.

Affaire Tannourine : de nouveaux échantillons prélevés « conformes aux normes sanitaires », annonce Hani

Un lot de 12 bouteilles Tannourine. Photo tirée du site Amazon

Trois jours après la décision, toujours controversée, des autorités d’appeler la société productrice d’eau minérale Tannourine à retirer ses produits du marché en raison d’une contamination bactérienne présumée, le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, a affirmé avoir reçu jeudi matin de nouveaux résultats d'analyses effectuées par l'Institut de recherche agricole libanais (Iral), relevant de son ministère, lesquels se sont révélés « conformes » aux normes sanitaires.

Intervenant sur la radio Voix du Liban, M. Hani a précisé que les neuf échantillons analysés avaient été prélevés de manière aléatoire sur le marché. Les tests à l'origine de la décision initiale des autorités avaient été remis en question par l'entreprise.

« Image exemplaire » de Tannourine

Le ministre a encore dit refuser « que l’on jette le discrédit sur toute l'industrie libanaise » et souligné que la société Tannourine est « connue et jouit d’une image exemplaire », estimant que « ce qui s’est passé pourrait même susciter une réaction positive et constituer un pas en avant, sans porter atteinte à la réputation de cette entreprise historique ».

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M. Hani a indiqué que « le ministre de la Santé a été clair : dès lors que les résultats se révéleraient négatifs, la décision initiale serait levée et la société Tannourine pourrait reprendre sa production normale ». Il a ajouté que « cette affaire a pris une ampleur médiatique bien supérieure à ce qu’elle méritait » et que « le sujet est d’ordre technique plutôt que médiatique ou politique. » « Ce qui s’est produit relève d’une erreur, et il faut enquêter pour identifier la source de la fuite d’information sur les réseaux sociaux avant même que la société n’en soit informée. Il s’agit de mettre un terme à cette affaire, car elle ne résulte ni d’un complot ni d’une volonté de nuire à quiconque », a ajouté le ministre, alors que plusieurs groupes sur les réseaux sociaux appellent à sa démission.

Jeudi soir, le ministère de la Santé a publié un communiqué affirmant que « les résultats des analyses supplémentaires récentes des bouteilles d’eau Tannourine disponibles sur le marché se sont révélés exempts de bactéries ». Il précise toutefois que « les analyses des échantillons prélevés dans les usines de la société n’ont pas encore été publiées » et ajoute qu’il « tiendra une conférence de presse à ce sujet dès que tous les résultats seront disponibles ».

Mesure « préventive et de courte durée »

Mercredi soir, Nizar Hani, avait déjà expliqué, lors de son intervention dans l’émission Hiwar al-Marhala (« Dialogue du moment »), que la décision rendue dans ce dossier n’était qu’ « une mesure préventive de courte durée, consistant à suspendre la production pendant deux semaines », et qu’elle « n’aurait pas dû être rendue publique, mais limitée à un échange entre le ministère de la Santé et la direction de l’entreprise ». Il avait également précisé qu’en tant que ministre, « il ne disposait pas de tous les détails au départ et qu’il s’était fondé sur la confiance envers le ministre de la Santé ». Nizar Hani avait signé la décision concernant le retrait des produits Tannourine en tant que ministre de la Santé par intérim, pendant que son collègue Rakan Nassereddine était en déplacement à l'étranger. Il avait ajouté que la mission de surveillance épidémiologique consiste à suivre toutes les évolutions sanitaires, à prélever des échantillons pour en vérifier la salubrité, et que les laboratoires des hôpitaux publics sont aptes à tester la qualité de l’eau. Le ministre avait ajouté que M. Nasreddine avait pris une mesure de précaution en envoyant les échantillons aux laboratoires agréés, et qu’il ne s'était pas « lavé ses mains » de l’affaire, contrairement à ce qui a été dit. Nizar Hani avait enfin assuré qu’ « il ne fallait pas transformer chaque affaire en question confessionnelle ou en débat public ». L'affaire avait en effet pris un tour politique opposant les Forces libanaises et le Hezbollah, dont relève le ministre Nassereddine.

Les condamnations se poursuivent

Dans un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), le syndicat des boulangeries et des fours à pain a condamné avec véhémence les « scoops médiatiques et les campagnes sur les réseaux sociaux visant les entreprises (…) comme Tannourine ». « C’est la coopération entre les ministères, les municipalités, les entreprises et les boulangeries qui constitue la seule voie pour atteindre une sécurité alimentaire intégrée et conforme aux normes, pas la diffamation ni les attaques médiatiques irresponsables », a ajouté le syndicat. Les moukhtars de Tannourine ont également réagi, partageant leur crainte du risque que cette affaire ne pousse la société à fermer, « provoquant ainsi une catastrophe sociale touchant ses employés et leurs familles, qui se comptent par milliers » et ne porte également préjudice aux autres industries libanaises qui a « démontré ses qualités à l'étranger ». Ils ont enfin appelé les autorités à « prendre les mesures nécessaires pour rétablir la vérité et clarifier la situation ».

Le député Farid Boustany a, pour sa part, convoqué la commission parlementaire de l’Economie qu’il préside pour une réunion mercredi prochain consacrée au dossier. L’objectif sera « d’examiner en profondeur les moyens de coordination entre les autorités officielles et de contrôle afin de garantir la protection du consommateur et sa santé d’une part, et de préserver l’industrie nationale d’autre part », selon le communiqué publié sur l’Ani. 

Le président de Confédération générale des travailleurs libanais, Béchara Asmar, a de son côté appelé à ne pas répandre des « rumeurs et accusations » sur les sociétés agroalimentaires, afin d'éviter de porter atteinte aux produits de l'industrie alimentaire « sur les marchés intérieurs et extérieurs » et aux droits des travailleurs de ces entreprises. Le syndicaliste a appelé les institutions en charge des contrôles sanitaires à « renforcer leurs contrôles périodiques, et ne pas annoncer les résultats des tests avant d'avoir vérifié leur exactitude. »

Cette affaire a dépassé les frontières du Liban, le ministre qatari de la Santé ayant annoncé mardi avoir « retiré provisoirement des marchés locaux à titre préventif les bouteilles d’eau produites au Liban de la marque Tannourine, après avoir pris connaissance de l'annonce du ministère libanais de la Santé concernant une possible contamination d’échantillons prélevés par la bactérie Pseudomonas aeruginosa.

Trois jours après la décision, toujours controversée, des autorités d’appeler la société productrice d’eau minérale Tannourine à retirer ses produits du marché en raison d’une contamination bactérienne présumée, le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, a affirmé avoir reçu jeudi matin de nouveaux résultats d'analyses effectuées par l'Institut de recherche agricole libanais (Iral), relevant de son ministère, lesquels se sont révélés « conformes » aux normes sanitaires.Intervenant sur la radio Voix du Liban, M. Hani a précisé que les neuf échantillons analysés avaient été prélevés de manière aléatoire sur le marché. Les tests à l'origine de la décision initiale des autorités avaient été remis en question par l'entreprise.« Image exemplaire » de TannourineLe ministre a encore...
commentaires (3)

La kabale contre certains industriels est évidente, il faut trouver les coupables et les punir, fussent-ils fonctionnaires de l'état.

Avette

09 h 13, le 17 octobre 2025

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Commentaires (3)

  • La kabale contre certains industriels est évidente, il faut trouver les coupables et les punir, fussent-ils fonctionnaires de l'état.

    Avette

    09 h 13, le 17 octobre 2025

  • C’est quoi ce cafouillage dans la communication officielle? Ça veut dire quoi au juste « ce qui s’est produit relève d’une erreur »? Le ministre veut-il parler du retrait des bouteilles d’eau du marché ou du résultat des tests ayant conduit à ce retrait? C’est parfaitement incompréhensible, un bazar malvenu.

    Marionet

    07 h 27, le 17 octobre 2025

  • Il est où le ministre de la santé dans tout cela ? Toujours en vacances ? Pourquoi confie-t-on à des incapables des postes d’une telle importance ?

    Tony Moubarak OLJ03013

    00 h 46, le 17 octobre 2025

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