Un lot de 12 bouteilles Tannourine. Photo publiée sur le site Amazon
Le président du conseil d'administration de la société Tannourine, Georges Makhoul, a répondu mardi à la polémique suscitée lundi par le retrait des bouteilles d'eau de la marque libanaise du marché, sur décision du ministère de la Santé, dénonçant des échantillons prélevés de manière inappropriée.
« Depuis quarante ans, l'eau de Tannourine est la plus propre qui soit et personne n'a jamais eu le moindre doute à ce sujet », a affirmé M. Makhoul lors d'une conférence de presse. Selon lui, « l'échantillon sur lequel s'appuie la décision (du ministère de la Santé) n'a pas été prélevé conformément aux règles en vigueur et en présence d'un représentant de la société ». « L'examen sur lequel repose cette décision rend les résultats inexacts et impropres à tirer des conclusions », a-t-il souligné.
« Nous sommes soumis à des contrôles réguliers et tous les résultats prouvent de manière concluante que Tannourine est conforme aux spécifications (...). Nous avons toujours été des partenaires essentiels dans tout ce qui touche à la protection de la santé des citoyens », a renchéri Georges Makhoul. Il a également précisé que la société « se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires pour préserver sa réputation et sa position », affirmant que « sa priorité reste de traiter avec les institutions de l'État ». « Ce qui s'est passé pourrait être un malentendu ou une erreur », a-t-il poursuivi, rappelant que Tannourine « est l'une des plus importantes sociétés à avoir pénétré le marché du Golfe ».
« D'après les informations dont nous disposons, l'hôpital Hariri n'est pas spécialisé dans le domaine de l'eau et nous n'avons pas été informés de la décision du ministère. Nous l'avons d'abord apprise par les réseaux sociaux », a par ailleurs souligné le PDG de Tannourine, affirmant « chercher à corriger une erreur regrettable et non à entrer en confrontation ».
Après avoir enjoint lundi la société Tannourine de retirer ses produits du marché en raison d’une contamination bactérienne de son eau, le ministère de la Santé a indiqué mardi attendre les résultats de l'analyse d’autres échantillons de la marque « afin d’en tirer les conclusions nécessaires ». Dans un communiqué, le ministère a affirmé « suivre avec sérieux le processus d’analyse en laboratoire d’autres échantillons d’eau potable de Tannourine , et attendre les derniers résultats afin d’en tirer les conclusions nécessaires ». Il a également précisé que la décision « avait été prise par intérim », le ministre de la Santé Rakan Nasreddine étant en voyage. Le ministère a également souligné avoir commencé à « prélever des échantillons d’eau potable de la majorité des marques présentes sur le marché, afin de s'assurer de leur qualité ». Il a enfin indiqué que la mesure prise à l’encontre de la société Tannourine « sera immédiatement levée dès que celle-ci aura appliqué toutes les procédures nécessaires pour garantir la qualité et la sécurité de son eau, réaffirmant son engagement « à protéger la santé des Libanais et à préserver la réputation des entreprises libanaises qui respectent les normes sanitaires ».
De nouveaux échantillons examinés
Le ministre de l'Agriculture Nizar Hani, agissant en tant que ministre de la Santé par intérim, a indiqué mardi que le ministère procèdera aussi à la collecte d’échantillons auprès des différentes sociétés embouteillant de l’eau minérale sur le marché local, selon el-Nashra. Il a espéré que les résultats des examens de l'eau Tannourine seront « exempts de toute anomalie susceptible d’avoir un impact négatif sur la santé des citoyens libanais ».
De son côté, le ministre du Travail, Mohammad Haïdar, a affiché mardi dans un communiqué son « soutien à la décision prise par le ministère de la Santé, en raison de son importance pour la protection de la santé et de la sécurité des citoyens », affirmant « suivre de près » la situation des employés et travailleurs concernés par cette décision. Il a également affirmé être « en contact et en coordination permanents » avec le ministre de la Santé, appelant « tout le monde à faire preuve de calme et de confiance. »
De son côté, le président de l’Ordre des pharmaciens, Joe Salloum, a affirmé dans un communiqué « qu’il faut prendre plus d’échantillons et effectuer davantage de tests et d’analyses, en évitant au possible les erreurs en laboratoire, avant de nuire à la réputation d’un produit libanais, quel qu’il soit, et par le fait même au tourisme libanais, aux maigres exportations du pays et à la main d’œuvre qui vit de son industrie ».
La nouvelle suscite depuis son annonce un tollé sur les réseaux sociaux et les médias, la société Tannourine étant l’une des marques d’eau minérale les plus connues au Liban. Dans un communiqué publié la veille, elle a affirmé vouloir « clarifier les faits et fournir au public des informations précises concernant la qualité de l’eau Tannourine et sa pleine conformité aux normes et standards libanais et internationaux en vigueur ».
Le ministère de la Santé avait indiqué lundi que son équipe de surveillance épidémiologique avait analysé des échantillons prélevés le 6 octobre sur le marché libanais, lesquels s'étaient révélés « non conformes aux normes libanaises en raison de leur contamination par la bactérie Pseudomonas aeruginosa ». Cette bactérie peut provoquer, notamment chez les personnes immunodéprimées, diverses infections pulmonaires, urinaires, cutanées, oculaires ou sanguines. Le ministère a dans la foulée appelé la société à suspendre le remplissage de ses bouteilles d’eau.



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11 h 05, le 15 octobre 2025