Le chef du CPL, Gebran Bassil, le 11 octobre 2025, au Forum de Beyrouth. Photo Tayyar.org
Le chef du Courant patriotique libre (CPL) Gebran Bassil a présenté samedi soir une « initiative » concernant le vote de la diaspora aux futures législatives, suggérant de permettre aussi bien aux électeurs expatriés qu'à ceux au Liban le choix de voter pour un candidat pour l'étranger, ou pour un futur député de la métropole.
M. Bassil a fait cette proposition sans étayer la façon dont elle pourrait se concrétiser, dans un discours prononcé après une messe de commémoration du 13 octobre 1990, date à laquelle les troupes syriennes avaient pris d’assaut les régions tenues par l’armée libanaise sous le commandement du général Michel Aoun, retranché au palais de Baabda. Au terme de cette journée sanglante, l'homme qui avait lancé la « guerre de libération » contre la Syrie, 19 mois plus tôt, annonce sa reddition puis se réfugie à l'ambassade de France à Beyrouth avant de quitter le Liban dix mois plus tard.
S'adressant aux Libanais à l'étranger, M. Bassil a estimé que l'ajout d'un bloc de députés de la diaspora fait partie des « droits » des émigrés, qui sont une « extension du Liban dans le monde entier ». Exprimant sa peur de voir les émigrés « perdre leur droit de vote », ou que les élections soient même reportées, il a proposé une « initiative pour résoudre le problème du vote des expatriés. »
« Votez comme vous le souhaitez, mais votez »
Estimant que la 16e circonscription est un « acquis stratégique pour tous les expatriés et pour les chrétiens », le député de Batroun s'est dit prêt à « donner le choix à l’expatrié d’élire depuis l’étranger soit un député de sa circonscription de la diaspora soit un député de sa circonscription au Liban. Et afin que la loi ne soit pas contestée constitutionnellement parce que les résidents n’ont pas cette option, nous sommes prêts à accepter que les résidents aient parallèlement le choix d’élire un député dans leur circonscription ou un député de la diaspora. » « Votre vote est essentiel et décisif : inscrivez-vous et votez comme vous le souhaitez, mais votez », a exhorté Gebran Bassil, depuis le Forum de Beyrouth.
Une initiative qui veut tenter de couper la poire en deux entre les revendications polarisées des différents partis politiques, alors que le débat autour de cette question tourne en rond depuis plusieurs mois et menace de paralyser le Parlement. À l'instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l'étranger, certains partis veulent amender la loi électorale de 2017 afin de garantir aux expatriés libanais le droit de voter pour l’ensemble des 128 députés de la métropole, chacun dans sa circonscription d’origine. D'autres formations s’y opposent, préférant maintenir l’article 112 tel quel. Cet article prévoit la création d’une circonscription spéciale pour les expatriés, composée de six sièges.
Début octobre, le Parlement avait tenté à deux reprises de se réunir, mais les députés favorables à un amendement ont bloqué la séance parlementaire pour contester le refus du chef du Législatif d'inscrire à l'ordre du jour une proposition de loi revêtue du caractère de double urgence concernant cette question. Les Forces libanaises, qui militent pour un tel amendement, ont critiqué ce rejet catégorique du président de la Chambre.
Les « martyrs » du CPL
Évoquant les « martyrs » du 13 octobre 1990, « au cœur de la cause de la libération du Liban et de la naissance du CPL », il a ajouté que « les martyrs du Liban sont toute personne qui est morte pour le Liban et pour la cause en laquelle elle croyait. En ce sens, Kamal Joumblatt, Tony Frangié, Bachir Gemayel, Rachid Karamé, le mufti Hassan Khaled, René Moawad, Danny Chamoun, Rafic Hariri, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, Élie Hobeika et tous les martyrs sont nos martyrs, et Hassan Nasrallah est aussi notre martyr. »
Hassan Nasrallah, ex-secrétaire général emblématique du Hezbollah, a été tué le 27 septembre 2024 dans d'intenses frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth. La décision du parti chiite d'ouvrir un « front de soutien » à Gaza avait cristallisé les tensions entre le CPL et le parti jaune, menant à la fin de l'alliance politique entre les deux partis, qui avait été scellée en 2006.
Hommage à l'armée et appui à Nawaf Salam
Concernant l'armée libanaise, chargée depuis fin novembre 2024 de désarmer le Hezbollah ainsi que les autres milices et factions, M. Bassil a estimé qu'elle est « la seule institution qui tient dans ce pays », et « la forteresse imprenable qui protège le Liban ; elle peut être fatiguée mais elle ne disparaîtra pas ». Il a en outre apporté son soutien au Premier ministre Nawaf Salam, cible des critiques les plus virulentes de la part du tandem chiite en raison de son engagement à procéder à ce désarmement. « Au CPL, nous n’avons pas accepté qu’on touche aux prérogatives du président de la République », au temps de la vacance présidentielle de plus de deux ans. De même, « nous n’accepterons pas qu’on porte atteinte aux prérogatives du Premier ministre ; notre Premier ministre n’est pas sioniste mais libanais, tout comme notre président de la République est libanais, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux », a-t-il conclu.


Comme d’habitude Discours immature vide de clarté Pas surprenant
16 h 59, le 12 octobre 2025