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Politique - Décryptage

Cinq raisons pour lesquelles le scénario d'une nouvelle guerre israélienne contre le Liban est écarté


Un statu quo fragile en attendant les développements régionaux. C’est en gros la phrase qui résume le mieux la situation libanaise après l’accord sur la première phase du plan de Trump pour Gaza. Alors que beaucoup parlent d’une nouvelle guerre israélienne contre le Hezbollah après l’apaisement à Gaza, ce dernier ne croit pas à un tel scénario, pour de nombreuses raisons. Mais il n’est pas le seul à penser cela, des parties officielles libanaises en sont aussi convaincues. Des sources proches des deux camps avancent cinq arguments, certains liés à la conjoncture globale et d’autres à la réalité du terrain.

Au sujet de la conjoncture générale, les sources précitées sont convaincues que la décision dans la région, et en particulier concernant le Liban, est actuellement entre les mains des États-Unis qui ont clairement une grande influence sur la situation. Or, dans le contexte actuel, alors que les Américains estiment avoir contribué à l’arrivée au pouvoir au Liban de parties proches d’eux, pourquoi voudraient-ils prendre le risque qu’elles soient affaiblies, voire même balayées par une nouvelle attaque israélienne d’envergure, alors que la relève n’est pas assurée et que le chaos pourrait régner dans le pays ?

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Le deuxième argument se résume ainsi : en présentant aux responsables libanais le document de l’émissaire Tom Barrack, puis lorsque ce dernier a été critiqué par l’ancienne ambassadrice des États-Unis au Liban Liza Johnson, les Américains ont d’une certaine manière réussi à placer le dossier des armes du Hezbollah en tête des priorités libanaises. Les polémiques se multiplient à ce sujet entre les parties hostiles au Hezbollah et celles qui l’appuient, au point de mettre au second plan la demande de retrait israélien des cinq positions (qui seraient en fait sept) occupées dans la foulée de la guerre de l’automne dernier. Si Israël devait donc aujourd’hui lancer une nouvelle guerre, cela pourrait remettre au premier plan la question de son retrait, alors que l’un des objectifs déclarés de ce qui se passe actuellement est de susciter des conflits internes au Liban, voire même une confrontation entre le Hezbollah et l’armée. 

Le troisième argument, selon les mêmes sources, s’inscrit aussi dans la continuation de cette idée. Une nouvelle attaque d’envergure israélienne pourrait d’abord mettre l’armée au pied du mur sur le plan de la nécessité de défendre le territoire libanais et par la même occasion elle pourrait donner une nouvelle légitimité au Hezbollah en lui permettant de se présenter de nouveau, comme il l’avait fait pendant des années, comme le seul défenseur de ce territoire.

De même, selon le quatrième argument, la situation actuelle est totalement en faveur des Israéliens : ils lancent des attaques quand ils le veulent et selon leurs conditions du moment, sans être inquiétés et sans même risquer une riposte ni de la part des forces étatiques ni de la part du Hezbollah. Ce dernier est d’ailleurs critiqué par ses adversaires à ce sujet, puisque certaines parties lui demandent ouvertement pourquoi il ne riposte pas aux attaques israéliennes qui visent principalement ses hommes et ses installations militaires, alors qu’il répète refuser de rendre ses armes. La question qui circule aujourd’hui de plus en plus au Liban est celle qui porte sur l’utilité des armes que le Hezbollah refuse de remettre à l’État, alors qu’il ne les utilise pas face aux agressions israéliennes. Dans ce contexte, les Israéliens préfèrent laisser cette nouvelle polémique s’amplifier, au lieu de donner un prétexte au Hezbollah pour changer cette situation.

Enfin, le dernier argument concerne l’intérieur israélien. Pourquoi les Israéliens risqueraient-ils de déclencher une nouvelle guerre contre le Liban, alors que les habitants des localités du nord du pays, qui avaient été contraints à l’exode pendant des mois suite à l’ouverture par le Hezbollah du front de soutien à Gaza le 8 octobre 2023, sont rentrés chez eux ? La question de l’exode avait d’ailleurs constitué un véritable problème pour le gouvernement de Netanyahu et était devenu même une priorité en raison des critiques populaires qu’il avait suscitées.

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Pour toutes ces raisons, au Liban, la tendance générale est de ne pas croire au déclenchement d’une nouvelle guerre israélienne dans le proche avenir. Par contre, cette conviction ne s’applique pas au reste de la région. Un responsable iranien (Ali Akbar Velayati) a récemment déclaré qu’un cessez-le feu à Gaza pourrait signifier un embrasement ailleurs. Il avait mentionné, dans ce cadre, l’Irak, le Yémen... et le Liban. Ce pays étant écarté pour les raisons déjà évoquées, il reste donc les deux autres, mais aussi, un troisième que le responsable précité a évité de mentionner : l’Iran. Selon des sources proches de la République islamique, celle-ci est convaincue que les frappes israéliennes auront lieu. Reste à préciser quand. Ces mêmes sources révèlent qu’il y a deux jours, le pays a été placé dans un état d’alerte maximale, parce que des informations étaient parvenues sur l’imminence d’une attaque israélienne. Mais rien ne s’est passé. Cela ne signifie pas pour autant que le risque d’une nouvelle attaque serait écarté. Au contraire, les Israéliens estiment qu’il faut en finir définitivement avec la menace que représente l’Iran, sachant que ce pays a réussi à se doter d’un éventail d’alliés dans l’ensemble de la région, dans le cadre de ce qui a été appelé « l’axe de la résistance ». Pour les Israéliens, l’heure n’est pas aux solutions inachevées. Il faut donc, comme l’a déclaré Tom Barrack, dans un de ses entretiens, « couper la tête du serpent », sinon il y aura toujours un risque pour Israël que cet « axe » se reconstruise.

Des sources proches du Hezbollah estiment que le risque est réel, mais que le moment de lancer une nouvelle attaque israélienne contre l’Iran n’est peut-être pas arrivé. Tout simplement parce que rien n’a changé dans le rapport des forces depuis la précédente attaque en juin 2025, qui avait d’ailleurs nécessité une contribution américaine pour atteindre une partie de ses objectifs. Enfin, une telle décision exige un feu vert américain, qui ne semble pas assuré pour l’instant. Mais cela ne signifie pas qu’il ne pourrait pas l’être un jour. Et dans ce cas, le Hezbollah refuse de dire ce que pourrait être sa réaction.

Un statu quo fragile en attendant les développements régionaux. C’est en gros la phrase qui résume le mieux la situation libanaise après l’accord sur la première phase du plan de Trump pour Gaza. Alors que beaucoup parlent d’une nouvelle guerre israélienne contre le Hezbollah après l’apaisement à Gaza, ce dernier ne croit pas à un tel scénario, pour de nombreuses raisons. Mais il n’est pas le seul à penser cela, des parties officielles libanaises en sont aussi convaincues. Des sources proches des deux camps avancent cinq arguments, certains liés à la conjoncture globale et d’autres à la réalité du terrain.Au sujet de la conjoncture générale, les sources précitées sont convaincues que la décision dans la région, et en particulier concernant le Liban, est actuellement entre les mains des États-Unis qui...
commentaires (5)

Je ne connais qu,une raison qui ferait penser Netanyahu DIX fois avant de se lancer au Liban pour desarmer le tandem diabolique : LA PLUIE des ICBM sophistiques irano/houtiens qui causeraient enormement de destructions et de morts de civils en Israel.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

11 h 35, le 12 octobre 2025

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Commentaires (5)

  • Je ne connais qu,une raison qui ferait penser Netanyahu DIX fois avant de se lancer au Liban pour desarmer le tandem diabolique : LA PLUIE des ICBM sophistiques irano/houtiens qui causeraient enormement de destructions et de morts de civils en Israel.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 35, le 12 octobre 2025

  • EXTRAORDINAIRE ! Ms. Hadad n'est pas seule a omettre un fait ineluctable , rapport aux affirmations de presque TOUS=Kelloun= que le Liban a bien rempli la 1ere phase de la 1701, ie, le desarmement de la milice iranienne au Sud Litani.... ne voila t il pas que ca ete OFFICIELLEMENT dementi ( sans qu'on le dise comme ca ) du fait que le fameux plan de l'armee tel que soumis mentionne une 1ere etape: justement en finir du desarmement du sud litani ! EXTRAORDINAIRE je le repete ! meme les anti milice iranienne ne soulevent pas ce fait !

    L’acidulé

    10 h 37, le 11 octobre 2025

  • Très bon éclairage. On ne peut mieux disséquer un problème aussi complexe et compliqué que ce conflit généré par un État tentaculaire.

    Hitti arlette

    08 h 58, le 11 octobre 2025

  • Le prix nobel raté pour Trump, on ne sait plus très bien ce qu’il va faire. Attendre encore que l’armée fasse sérieusement son boulot, ou lâcher la bride à l’enragé natenyahu pour conclure, comme il aime le faire, à coups de bombes et de massacres. Le hezbollah ne croyait pas non plus qu’Israël allait lui faire une vraie guerre. Il pensait qu’il y avait encore des règles d’engagement avec le voisin. A tort !

    Goraieb Nada

    08 h 08, le 11 octobre 2025

  • Très simple contrargument Israël peut oblitérer le Hezbollah sans que cela ne gêne trump.

    Zampano

    05 h 40, le 11 octobre 2025

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