Un soldat israélien porte un obus devant des chars déployés le long de la frontière avec la bande de Gaza. Photo d'archives AFP
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre dévastatrice qui s’en est suivie à Gaza, les États-Unis ont déboursé 21,7 milliards de dollars d’aide militaire à Israël, selon l’universitaire William D. Hartung, également chercheur au Quincy Institute – accusé par certaines voix pro-israéliennes d’être isolationniste et anti-Israël. Un chiffre qui couvre la période entre octobre 2023 et septembre 2025, reposant surtout sur des informations en accès libre. Ce chiffre faramineux ne compte pas les dizaines de milliards de contrats d’armement qui devront être payés et livrés dans les années à venir, est-il précisé. L’analyse a été publiée par la Watson School of International and Public Affairs de la Brown University à l’occasion des deux ans du début du conflit.
Durant la première année du conflit, jusqu’en octobre 2024, 17,9 milliards de dollars ont été déboursés sous l’administration démocrate de Joe Biden, et 3,8 milliards ont ainsi été dépensés durant la seconde année, le républicain Donald Trump étant revenu au pouvoir en janvier 2025. Une partie de ces dépenses concerne des armes, des bombes et des aides militaires financières qui ont déjà été transférées, tandis que le reste a été payé mais sera livré dans le futur. Le financement d’achat d’équipement et de services militaires américains représente le plus gros poste de dépense, avec plus de 8 milliards de dollars sur les deux ans – l’aide militaire à Israël s’élevant à 3,8 milliards par an. Les missiles de défense viennent en seconde position avec 5 milliards de dollars, tandis que l’État hébreu a essuyé plusieurs vagues d’attaques iraniennes et des tirs réguliers des houthis du Yémen depuis la guerre à Gaza. Le réapprovisionnement en armes à partir des stocks américains suit de près, avec près de 4,5 milliards de dollars en deux ans.
L'aide américaine, renfort essentiel de l'armée israélienne
L’auteur rappelle que l’équipement américain est un pilier essentiel de l’armée israélienne, pour ses opérations à Gaza, en Cisjordanie, et au-delà, alors que celle-ci est dépendante notamment des bombes et missiles américains, et que tous ses avions de combat sont américains, soit 75 F-15, 196 F-16 et 39 F-35. « Compte tenu de l'ampleur des dépenses actuelles et futures, il est clair que l’armée israélienne n'aurait pas pu causer autant de dégâts à Gaza ni intensifier ses activités militaires dans toute la région sans le financement, les armes et le soutien politique des États-Unis », note William D. Hartung, appelant à interdire les nouvelles ventes d’armes, à suspendre les commandes en cours, à ne plus fournir de pièces détachées et de la maintenance des systèmes opérés par Israël. Alors que l'État hébreu est accusé de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, les États-Unis pourraient être accusés de complicité. L’auteur rappelle certes qu’Israël a développé sa propre industrie de défense, mais que cet effort repose aussi en partie sur l’aide militaire américaine, alors que 25 % de celle-ci peut être utilisée pour une production de capacité domestique. Cet arrangement devrait arriver à terme en 2028.
Un rapport complémentaire publié par l’université américaine indique en outre que les États-Unis ont dépensé en plus entre 9,65 et 12,07 milliards de dollars en opérations militaires au Yémen et dans le reste du Moyen-Orient, y compris en Iran, depuis le 7-Octobre, liées aux retombées du conflit ou en soutien à Israël. La facture militaire de la guerre à Gaza s’élève donc jusqu’à présent pour les États-Unis entre 31,35 et 33,77 milliards de dollars, entre l’aide militaire à son allié israélien et ses propres opérations dans la région.



Pendant ce temps là, des millions d'êtres humains meurent de faim sur la planète....
08 h 27, le 10 octobre 2025