Samir Geagea, chef des Forces libanaises (FL) lors d’un entretien avec l’AFP à sa résidence de Maarab, au nord de Beyrouth, le 7 octobre 2025. Photo Joseph Eid / AFP.
Le chef des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a appelé mardi le Hezbollah à « remettre ses armes au plus vite » à l'État libanais, dans un entretien accordé à l'AFP depuis Maarab.
Il est « inutile de perdre davantage de temps », a déclaré Samir Geagea. « Le Hezbollah n'a d'autre choix que de remettre ses armes à l'État libanais, car l'État en a pris la décision », a-t-il rappelé. Le 5 août dernier, le Conseil des ministres a pris la décision de consacrer le monopole des armes aux mains de l'État, chargeant l'armée libanaise d'élaborer un plan ce sens, qui a été présenté le 5 septembre.
Samir Geagea a poursuivi en déclarant que le parti chiite « de la manière dont il agit actuellement, se place en dehors du jeu politique », ajoutant qu'il agissait « comme s’il défiait l'autorité de l'État ».
Face à la décision gouvernementale, le Hezbollah répète qu'il refuse de remettre ses armes, et de discuter de la question, tant qu'Israël occupe des points au Liban-Sud et bombarde presque quotidiennement le territoire libanais. Dans ce cadre, le chef des FL appelle l'État à faire preuve d'une plus grande « détermination » sur ce dossier.
« Le Hezbollah doit retenir ce qui se passe actuellement avec le Hamas »
Revenant sur le « front de soutien » du Hezbollah au Hamas, ouvert au lendemain de l'opération « Déluge d'al-Aqsa » le 7 octobre 2023, Samir Geagea a déclaré : « Honnêtement je n'ai pas compris cette guerre de soutien, dont l'issue était évidente ».
Ce front s'était mué en une guerre presque totale contre le Liban en septembre 2024, après qu'Israël a lancé une opération aérienne d'ampleur, ainsi qu'une invasion terrestre du Liban-Sud. La guerre a pris fin avec un accord de cessez-le-feu le 27 novembre 2024, inspiré de la résolution 1701 de l'ONU, qui avait mis un terme à la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël.
« Il est évident que le Hezbollah doit retenir ce qui se passe actuellement avec le Hamas. C’est une raison supplémentaire de remettre ses armes à l’État au plus vite », a-t-il encore martelé.
Israël et le Hamas ont entamé lundi en Égypte des pourparlers indirects visant à libérer les otages et à mettre fin à deux ans de guerre à Gaza, dans le cadre d’un plan annoncé par le président américain Donald Trump prévoyant un cessez-le-feu immédiat, le désarmement du mouvement et son exclusion de la gouvernance du territoire.
M. Geagea a enfin regretté que la décision du Hezbollah sur son armement « soit entre les mains de son parrain iranien », estimant que « plus il tarde à remettre ses armes, plus il perd la possibilité de rester un acteur politique majeur au Liban ».



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