Le siège de la Banque mondiale à Washington le 21 avrik 2025. Photo Philipep HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour la région englobant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan pour 2025, tout en révisant à la baisse ses prévisions pour l’année prochaine, en raison des conflits et de la baisse de la production pétrolière en Iran et en Libye.
L’institution a publié ces nouvelles estimations au terme des assemblées annuelles conjointes avec le Fonds monétaire international prévues du 13 au 18 octobre à Washington. Elle prévoit désormais une croissance moyenne du PIB régional de 2,8 % cette année pour les économies de la zone MENAAP, contre 2,6 % anticipés dans ses prévisions d’avril. Cette amélioration est notamment due aux États du Golfe, dont l’activité économique bénéficie d’un retrait plus rapide que prévu des réductions de production pétrolière, et à la croissance du secteur non pétrolier. « Les perspectives se sont également améliorées dans les pays importateurs de pétrole, grâce à la consommation privée et à l’investissement, ainsi qu’au rebond de l’agriculture et du tourisme », indique la BM dans son rapport publié mardi.
Conséquences des conflits
La région dans son ensemble reste marquée par les conséquences des conflits en Syrie, au Yémen, au Liban, en Cisjordanie et à Gaza ainsi qu’en Afghanistan, entraînant des crises humanitaires, des déplacements massifs de populations et de fortes contractions économiques. « Les pays voisins subissent aussi des effets secondaires négatifs des conflits, notamment des perturbations économiques, des flux de réfugiés et une insécurité accrue », souligne le rapport. La Banque mondiale n’a pas encore fourni sa projection actualisée du PIB libanais. En avril, elle tablait sur une croissance de 4,7 % en 2025.
Les pays en développement exportateurs de pétrole devraient aussi connaître un ralentissement marqué en raison des perturbations liées aux conflits et des ajustements à la baisse de la production pétrolière, précise l’institution.
L’économie iranienne devrait se contracter de 1,7 % cette année et reculer de 2,8 % l’an prochain, un net renversement par rapport à l’expansion de 0,7 % que la BM avait prévue pour 2026 en avril. Cette contraction « reflète une baisse à la fois des exportations pétrolières et de l’activité non pétrolière dans un contexte de sanctions renforcées, y compris la réimposition de sanctions de l’ONU, et des perturbations suite au conflit de juin », ajoute l’organisation.
En septembre, les Nations unies ont rétabli un embargo sur les armes et d’autres sanctions contre l’Iran en raison de son programme nucléaire, après une démarche initiée par les puissances européennes, que Téhéran a menacé de contrer par une réponse sévère. Ces nouvelles restrictions interviennent quelques mois seulement après qu’Israël et les États-Unis ont bombardé des sites nucléaires iraniens.



La Croix-Rouge libanaise évacue dix civils du caza de Nabatiyé