Des Palestiniens se prennent en photo sur un char israélien capturé le 7 octobre 2023 après avoir traversé la frontière entre Israël et Gaza. Photo Saïd Khatib/Archives AFP
Le Shin Bet, le service israélien de renseignements et de sécurité intérieure, a transmis à la police israélienne un avertissement sur une possible « activité offensive du Hamas » à l'aube du 7 octobre 2023, à 3h03 du matin, mais qui n'a été reçu qu'à 7h03, soit une demi-heure après le début de l'opération « Déluge d'al-Aqsa », en raison d'une « mise à jour du système » de transfert d'informations du Shin Bet, selon une enquête de la police révélée lundi par le Haaretz.
Cette mise à jour du système crypté de transfert d'informations du Shin Bet avait été lancée la veille, et la police, chargée de la sécurité du festival Nova qui a été attaqué par des militants du Hamas, n'en a appris l'existence qu'au cours de son enquête sur les attaques, précise le quotidien israélien de gauche. L'avertissement n'a été diffusé aux districts de police, après son traitement par la division du renseignement de la police, que vers 8h.
Le Shin Bet avait envoyé l’avertissement dans la nuit après avoir découvert que des téléphones portables avec des cartes SIM israéliennes avaient été activés par des membres du Hamas dans la bande de Gaza. « D’après les informations en notre possession, il y a une indication de l’utilisation et de l’activité du réseau SIM dans plusieurs brigades du Hamas. Jusqu’à présent, nous n’avons pas d’informations concernant la nature de l’activité. Néanmoins, il convient de noter qu’il s’agit d’un agrégat inhabituel et, compte tenu d’autres indications, cela pourrait indiquer une activité offensive du Hamas » a envoyé à 3h03 du matin le Shin Bet, qui a révélé cette information en mars dernier lors d'une enquête interne, précise le Haaretz.
« Le Shin Bet sait comment nous informer quand c’est nécessaire »
Des tensions entre le Shin Bet et la police perdurent à ce jour, en raison d'échange d'accusations sur les failles de sécurité du 7-Octobre, rappelle le journal. Selon des officiers de la police, cités par le quotidien de gauche israélien, celle-ci n'aurait vraisemblablement pas relevé le niveau d’alerte, même si elle avait reçu à temps l'avertissement, car le Shin Bet « n'avait pas classé cet avertissement comme un événement d’urgence » et ne mentionnait que des « signes suspects » à Gaza. « Le Shin Bet sait comment nous informer quand c’est nécessaire. Nous n’avons rien entendu d’eux cette nuit-là, ni même après le début de l’attaque » a expliqué un haut responsable de la police au Haaretz. « Jusqu’à aujourd’hui, des responsables de la police se frappent la tête contre les murs en se demandant comment personne n’a pris la peine de décrocher le téléphone pour nous appeler », a-t-il encore déclaré.
Les forces de police ont été appelées « dans le district sud après le début des tirs de roquettes et la pénétration des terroristes (en Israël), un fait qui témoigne qu’aucune information préalable n’avait été reçue par la police », précise une autre source au sein de la police israélienne au quotidien.
De nombreuses défaillances israéliennes lors du 7-Octobre ont déjà été mises au jour par diverses enquêtes. Le mois dernier, le Haaretz révélait déjà que le haut gradé, chargé de plans de sécurité pour le festival Nova, avait choisi de ne pas renforcer la sécurité de l'événement, une heure avant l'attaque du Hamas, malgré des « signes alarmants d’une activité inhabituelle du Hamas », signalés par les services de renseignements.
Les militants du Hamas, qui ont débuté leur attaque à 6h30 du matin, ont tué au moins 370 festivaliers, et 44 autres ont été pris en otage, selon des données officielles israéliennes. L'opération « Déluge d'al-Aqsa » a tué au total 1 219 personnes en Israël, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 67 000 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, alors que l'offensive se poursuit.



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