La façade du Grand sérail. Photo d'illustration. Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
La séance du Conseil des ministres de lundi, consacrée au rétablissement du monopole de l’État sur les armes et au cours de laquelle le gouvernement prendra notamment connaissance du premier rapport de l’armée libanaise sur le processus de désarmement des milices établies sur le territoire national, dont le Hezbollah, sera « informative », a assuré le vice-président du Conseil des ministres Tarek Mitri dans une déclaration à la chaîne al-Jadeed.
« Si le travail de l’armée n’a pas suffisamment progressé, nous interrogerons son commandant sur les raisons. La séance sera consacrée à l’information et à l’évaluation », a-t-il précisé, avant d’aborder les autres dossiers qui doivent être discutés pendant cette séance annoncée comme critique, et à laquelle la présence des ministres chiites n’est pas assurée. L’un d’eux, le ministre du Travail Mohammad Haïdar, a déjà confirmé son absence, étant « hors du Liban », selon ses propos.
Depuis la décision prise en deux temps début août et ajustée début septembre, le gouvernement a consacré la restauration du monopole d’État sur les armes et chargé l’armée d’élaborer et de mettre en œuvre un plan de désarmement. Le Hezbollah, qui a accepté fin novembre 2024 un cessez-le-feu avec Israël mettant fin à 13 mois de combats, refuse quant à lui de remettre ses armes, du moins tant que l’armée israélienne occupe encore les six points stratégiques où elle s’est maintenue et poursuit des frappes quasi-quotidiennes sur le pays.
Pas d'escalade
C’est dans ce contexte que le gouvernement doit entendre le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, qui est censé fournir un premier bilan de l’action de l’institution militaire en matière de monopole des armes.
Cette question ne sera pas le seul point chaud du Conseil des ministres, qui doit aussi se pencher sur les suites à donner à l’affaire de l’illumination non autorisée du rocher de la Grotte aux pigeons à Raouché, à Beyrouth, par les partisans du Hezbollah le 25 septembre dernier. Les ministres doivent en effet prendre connaissance des mesures prises par le Parquet général dans cette affaire et étudier la possibilité de révoquer l’autorisation dont bénéficie l’association Rissalat, une ONG liée au Hezbollah, qui a organisé l’illumination. S’exprimant sur le sujet, Tarek Mitri a déclaré que « ce qui s’est passé au rocher de Raouché est contraire à ce qui avait été autorisé », soulignant que la réunion ministérielle avait convenu de prendre les mesures nécessaires pour préserver l’autorité de l’État.
La ministre de l’Environnement Tamara Zein a indiqué de son côté dans une interview télévisée qu’« il y a une volonté d'examiner toutes les associations, qu’elles soient environnementales, artistiques ou politiques, en réorganisant leur fonctionnement conformément aux lois libanaises sans porter atteinte aux libertés, comme dans tous les pays du monde ». « Il n’y aura pas de tendance à l’escalade au cours de la séance de lundi, mais plutôt un débat sérieux sans léser aucun des partis, y compris le Premier ministre Nawaf Salam », a-t-elle ajouté.
Lors de la commémoration de l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, et de son successeur éphémère Hachem Safieddine, organisée la semaine dernière à Raouché, le parti chiite avait projeté le portrait de son ex-chef ainsi que son geste emblématique du doigt levé, utilisé à maintes reprises comme signe de défi ou de menace.
Le Premier ministre avait adopté le 22 septembre une circulaire inédite appelant à « appliquer la loi concernant l’utilisation sans autorisation des biens publics terrestres et maritimes, ainsi que des sites patrimoniaux et touristiques, des bâtiments publics et des lieux à forte symbolique nationale ». Il a affirmé la semaine dernière que l’affaire de Raouché n’était pas terminée.



Encore une occasion de perdue. Le Hamas vient de capituler et nos autorités prétendent ne pas être prêtes pour battre le feu pendant qu’il est chaud bouillant. Depuis près de quarante ans ils se préparent à récupérer la souveraineté du pays et ils viennent nous dire qu’ils n’y sont pas arrivés à ce jour? Mais ils nous prennent pour qui? Pourquoi cette lâcheté à sauver la nation et soulager les citoyens qui croulent sous ce fardeau que les gouvernants ne cessent de déplacer pour ne avoir à l’affronter? Qui peut le faire à notre place? Pourquoi refuser de voir l’évidence en jouant à l’autruche?
14 h 23, le 06 octobre 2025